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1973

Pierre Joffroy était son nom de plume. Maurice Weil celui de l’etat civil.
Né en 1922 À Hayange en Moselle, il monte à Paris en 1945 après être passé par Lyon où il s’était réfugié en 1941, rejoint plus tard par son frère Gilbert .
Entré au Parisien Libéré dès son arrivée dans la capitale il réalise un de ses premiers reportages en s’embarquant sur un « rafiot » chargé de juifs européens  rescapés des massacres nazis.

Ici commence l’histoire des carnets dont certains disparaissent à l’occasion de ce voyage en terre de Palestine en 1947.
Il s’agit d’un petit agenda (un par trimestre) sur lequel il note rendez-vous, rencontres, conversations téléphoniques, lectures, sorties, projets et ceux de ses amis.
Le format n’autorise pas le développement comme encore moins les épanchements (même si on trouve quelques cris du cœur).
Ces carnets pourraient être (sont) comme une gigantesque table des matières d’un livre à venir, un vaste index qui renvoie à autant de pages qui ne sont pas encore écrites.
Au commencement était le verbe. Reste à trouver la suite.
À vous de lire ce projet de « livre total ».
À vous de nous donner des informations complémentaires que la lecture de ces 20 premières années (1947-1968) vous inspire.
La suite, 1968-1980, puis 1980-2000, paraîtra dans le courant de l’année 2021.
Les carnets n’avaient jamais été lus, ni déchiffrés avant 2008. Ils ont été photocopiés puis déposés à l’IM.C.(Institut Mémoires de l’ Edition Contemporaine) avec les archives de Pierre Joffroy où ils peuvent être consultés.

Choisissez une année 

1er janvier 1973

Fini de fumer hier à 11 h 45.

4 janvier 1973

J. Merlin me signale une information dans le Monde d’aujourd’hui : je suis inculpé pour avoir raconté la mort de Buffet-Bontemps.

5 janvier 1973

Cdf à Badinter. D’après lui, c’est l’Elysée qui aurait demandé des poursuites. Pense que les 4 avocats devraient être là. Cdf de Lemaire : citation directe – cela veut dire qu’ils veulent que l’affaire passe avant les élections.

6 janvier 1973

Pottecher veut assister au procès le 24 janvier : « Ton article a racheté mon silence sur cette exécution ».

8 janvier 1973

Dîner Custine avec Th. Lévy. Discuté du procès. Il demande un report.

10 janvier 1973

Vu JP. Papier sur la violence, papier sur un film : « Le Dernier tango à Paris ».

11 janvier 1973

Reçu le citation à comparaître. Envoyé à Th. Lévy. Tél. Badinter : la présidente ne veut pas renvoyer (il y a des ordres).
Théâtre rue de la Roquette : « Victor » de Vitrac (J. Champion, P. Santini). Bon spectacle. En rentrant, visite des Chaussat (docu à leur fournir). Chaussat sceptique sur les chances de faire tout à Bruxelles (c’est-à-dire l’ensemble du projet Gatti : 8 h de spectacle). Quant à ma pièce, il semble qu’elle sera repoussée à l’an prochain.

12 janvier 1973

Cinéma : « Le Dernier tango à Paris », Bertolucci – sur la recommandation de JP. Beau film qui n’a pas fait glousser la salle. Brando exceptionnel. Dîner chez Gus rue des Lombards, 46, avec Kristo, Martine, Fatia, Algérienne amie de Gus.

13 janvier 1973

Cdf de J.Edern Hallier : ai-je reçu son bouquin « La Cause du peuple » ? – qu’il ne m’a sûrement pas envoyé. Voudrait un article dans PM. Il en a parlé à Menant, je devrais aider Menant à faire parler de lui…
Manifs diverses : contre Golda Meir (venue pour l’Internationale socialiste), pour les paysans du Larzac (venus en tracteur), contre le verdict du procès Tramoni (4 ans de prison au meurtrier d’Overney).

18 janvier 1973

Commissariat : papiers pour le procès.

19 janvier 1973

Avec Annie Bessières, au 12 de la rue du Mail chez les sœurs Huet, grévistes de la faim (32e jour) : expulsées de leur logement, saisies, etc.

20 janvier 1973

RV chez Th. Lévy. Avec lui, Crouste et Ph. Lemaire. Répartition des tâches.

23 janvier 1973

PM. Lettre de Dante : Mme Noël, ça continue.
Fin de la guerre du Vietnam ! Signé ce matin.
A. me fait réciter ma déclaration au procès de demain.

24 janvier 1973

A 11 h 30 chez Paul, place Dauphine. Déjeuner Th. Lévy et R. Crouste. Audience à 14 h après quelques affaires. Je fais ma déclaration. Puis, les autres (Derogy, Higgins). Le procureur ensuite. Vers 4 h, les plaidoiries : French (pour Higgins), Crouste et Lévy (for me), Lemaire (pour Derogy), Badinter (pour les directeurs). Tous très bien. On aurait cru que nous risquions nos têtes. Mais à la fin, je m’ennuyais un peu.
Rentré au journal. Nouveaux troubles (OM inquiet de l’arrivée prochaine de Michel Clerc qui doit seconder Mauge). Un crochet à la galerie Maeght : vernissage Calder et Davidson, inquiet de la tournure des choses (drogue et violence) aux Etats-Unis malgré la paix au Vietnam.

25 janvier 1973

OM veut s’en aller, JP refusant d’arbitrer, de choisir plutôt entre Mauge et lui. Mention du procès dans Combat, le Monde (3 col.).
Vu JP pour OM. JP le trouve trop coléreux : « Et puis, je n’aime pas changer : ceux qui travaillent avec moi meurent sur place. Il faut que vous fassiez trois papiers par mois… ». Cessé de fumer. Pris le train pour Gap.

28 janvier 1973

Rêvé qu’à Berlin j’allais acheter dans la rue du poisson pour Hitler. Des filets de sole !

7 février 1973

Arrivée Paris à 6 h 44.

8 février 1973

14 h avec Karine chez Mme Cohen pour un film sur Eichmann. Cherche à avoir des tuyaux sur sa vie en Argentine. Nous lui donnons ce que nous avons.

10 février 1973

Fini la révision du bouquin.

15 février 1973

Dîner chez Jean-Louis et Marie-Jo. Très abondant. Parlé de Manson, de Gatti, de Kristo (ils sont brouillés), de ses projets. L’endroit : un garage et un atelier de menuisier, donnant sur le cimetière. Sommaire. Décor ciné.

19 février 1973

En allant à PM, rencontré Rognoni qui s’ennuie « parce qu’il n’a plus de problèmes d’argent ».

20 février 1973

Avancé dans « Pompon-Couteau ».

21 février 1973

Place Dauphine, déjeuner avec Th. Lévy. Jugement à la XVIIIe chambre : Badinter, et quelques journalistes. Attendus : « flatter les bas instincts… transformer le lecteur en un véritable spectateur malsain ». 5 000 F et, dit Badinter, si tu ne fais pas appel, tu ne pourras pas voter (pendant 5 ans). Avec Th. Lévy on avait parlé justement du vote : il voulait voter, moi pas. La condamnation me donne raison.
Cherché Boul’mich la revue Travail théâtral. Pas trouvé. Essayé d’aller voir un film « Manson ». Ne joue qu’à 10 h et minuit. Rentré. Travaillé Pompon.

24 février 1973

La tour Maine est presque finie.

26 février 1973

PM. Cdf de Chato rentré de Rome. M’apporte une fleur cueillie sur la tombe de Shelley le jour anniversaire de sa mort.

27 février 1973

Vu « Moi y’en a vouloir des sous » de J. Yanne. Assez marrant.

28 février 1973

Conversation avec Monzon. N’a pas vu H. Mille, vieil ami, depuis 1969. L’a revu cet après-midi, après que Mille ait fait des difficultés. Position Monzon : JP est mon dieu. Je l’aime : je romps donc avec ceux qui l’ont trahi. » A quoi Mille a répondu : « Tu es un Chinois pour moi, je ne te comprends plus, mentalité nazie. »

4 mars 1973

Élections législatives. Pas de bouleversement et rien de bouleversant.

5 mars 1973

Ciné « Français si vous saviez ». Intéressant sur les « malgré nous ».

7 mars 1973

Vu Penent (expliquant la défaite de son frère au 1er tour des élections). Dans les couloirs, Courtades parlant de la sienne (3 000 voix en tout).

9 mars 1973

Dîner chez les Lancelot.

11 mars 1973

B. vote. La majorité garde le pouvoir.

13 mars 1973

Reportage à Montauban demain (un fort Chabrol, paraît-il).

14 mars 1973

Montauban par le Capitole. Trouvé Azoulay et Marie-France Saurat. A la Fumade, chez les enfants de Portel : pas reçus. Grandes bagarres d’histoires de bois. Tourbillon de gendarmes.

15 mars 1973

A la Fumade. Pas reçus. Silence. Fil coupé. Gendarmes. Confrères. Déjeuner dans le coin. Reçus enfin à 2 h par les deux héritiers du désastre, le père agonisant dans la chambre voisine.

16 mars 1973

L’aprèms : musée Ingres (avec pannes d’électricité). Trouvé tout laid et ridicule (la palette, les lunettes du maître) et la cathédrale, froide, avec encore un Ingres affreux. Train pour Paris.

17 mars 1973

Travaillé, fini Pompon-Couteau à 4 h.

19 mars 1973

Auclair vient me prendre pour aller dans un IUT de Saint-Denis. Déjeuner d’abord avec lui, son collègue Chailloux et la femme dudit. Puis, dans la bibliothèque, 40 étudiants m’interrogent (surtout comment je concilie mes idées « de gauche » et une appartenance à un journal de droite ?). Deux heures, de 3 à 5, un verre avec les profs et les étudiants.

20 mars 1973

PM Donné 100 à Vialatte pour l’association des amis de son père (mais à condition de ne pas en être membre).

21 mars 1973

Déjeuner avec H. Châtelain dans le coin (14e). Marcellin serait nommé à la justice ! J.-J. Hocquard : tél. Planchon, festival Bruxelles. Vu JP Michaud, encore horrifié de ce qu’il a vu au Burundi (massacre des Hutus par les Tutsi : génocide officiel – et sur lequel on ferme les yeux).

22 mars 1973

Passant devant Jules-Ferry, vu les filles (200 ou 300) scandant des slogans sur le terre-plein. Deux ou trois flics à distance. Sit-in. (Affaire des sursis, loi Debré.)

25 mars 1973

Parti pour Bordeaux. Pottecher nous rejoint dans le train bondé de supporters de rugby (trompettes, pétards, déguisements). 6 h 30 hôtel Majestic.

26 mars 1973

9 h 30 Assises – au diable avec B., Pottecher, Fontain, Basset, Coquet, Thévenin, Denuzières, Alain Riou. Ennuyeux. Déjeuner dans un méchant restau. Reprise. Inconfortable et toujours ennuyeux. Dîner B., Pottecher et la correspondant d’Europe 1.

27 mars 1973

Témoins. Déjeuner avec Denuzières et Fontain. Témoignage d’Yvette Baleine, seul grand moment de ce procès. Dîner avec Pottecher (Lou magret : côte de canard). 260 F à trois.

28 mars 1973

Partie civile (Charlet de Limoges). Avocat général. Aprèms plaidoiries. Celle de Bonnenfant (Avignon) excessive, démesurée dans le ton, déchaîne, à ma surprise, des bravos (la peine de mort évoquée : c’est la raison). Cristy sauvé ! Perpétuité.

30 mars 1973

PM.C.f de Sabine : Fayard prend le livre sur la peine de mort.

1er avril 1973

Terminé le peignage de « Pompon ». A. ne parle depuis deux jours que de la grande manif des lycées de lundi (gare de l’Est – Nation) autorisée. Des partis politiques s’y sont joints.

2 avril 1973

Cdf de Saby : me demande si Gilbert veut toujours une toile de lui. A vraisemblablement besoin d’argent. Me dit qu’il songe à se séparer de Danielle à cause des difficultés nées des enfants.
A. rentrée à 10 h de la manif. Enthousiaste – au moins 200 000.

6 avril 1973

Avec Croizard, vu Heimer – a quitté l’Express (incompatibilité humorale avec Grumbach). Voudrait revenir à PM. Quelques obstacles : son procès.

8 avril 1973

Picasso est mort. Le périphérique de Paris est achevé : autre nouvelle.

9 avril 1973

Cdf de Saby : décidé à partir. Parti. La télévision a été pour beaucoup dans tout ça.
Allé 137 av. de Versailles. Pas vu Danielle. Porte close. A dîner rue Custine les Pays, les Hocquard et les Claret.

10 avril 1973

A déjeuner les Claret.

14 avril 1973

Chez Danielle. Pas là !

16 avril 1973

Lecture du Pompon par Marnier (pour l’argot). « C’est excellent ». Château : « C’est très bon ».

17 avril 1973

Photocopié 10 ex. de Pompon. Vu Carravaggio : conclut que J. Farran, protégé par S. Danet, est indéracinable. JP naufrage.

18 avril 1973

Dernière scène toujours. Expédié petit papier sur une découverte archéologique en Iran (statue de Darius). Normand : « Epatant ! ».

19 avril 1973

Un jeune homme de Bruay arrêté pour le meurtre de Brigitte Dewaere. Le notaire dédouané.

20 avril 1973

Chez Danielle à midi. Véronique s’y trouvait, (à qui le mari a volé l’enfant). Les deux filles chez Dante pour les vacances. Avec Bernard, tension perpétuelle depuis les vacances, l’héritage gaspillé. Nerveux, méchant, me dit-elle. Il veut se libérer, mais est-il capable de vivre seul ? Elle croit qu’elle a remplacé la grand-mère de Bernard. Il a 6 000 F de découvert à la banque – a acheté trois lézards qui vont dans l’appartement, nourris à la cuillère par Danielle.
Château au téléphone : pas d’accord avec la fin de la pièce. Il manque quelque chose.

23 avril 1973

L’aprèms, les Desmaison retour d’Afrique avec des cadeaux, et Sylvie, et Sabine Delattre.

27 avril 1973

S. Delattre : le bouquin peine de mort est programmé pour l’automne. Vu O. Merlin, toujours en butte aux tracasseries de Mauge (lequel veut mettre Cavi à la politique, se débarrasser de Menant et moi : « J. est votre luxe, patron »). Croit que Evelyne Prouvost sera l’héritière (une fois remariée avec Contadès, ce qui est, paraît-il, envisagé).

28 avril 1973

Train pour Le Creusot à 9 h 05. Changement à Dijon, Le Creusot 13 h. A la gare, Todeschini, responsable animation. Déjeuner en ville. Hôtel du Moulin rouge. Tour de ville : les Schneider statufiés, le marteau pilon, le château de la verrerie (musée de l’Industrie), la maison de l’ARC (loisirs, arts, culture).

29 avril 1973

En voiture à Autun, 30 km. Sortie de la messe de 10 h. Des petits chanteurs en rouge, avec un grand diable en surplis au milieu : l’abbé Prévost. Je l’interpelle. Il lève les bras au ciel et m’invite à prendre l’apéro avec les grands de la Maîtrise. Distribution de bonbons aux petits. Il me présente. Il a la main gauche foulée : un coup de poing à un « voyou » qui empêchait les touristes de jouir des beautés de la cathédrale, etc.

1er mai 1973

Vu vers 11 h un cortège de drapeaux rouges (palestiniens et autres). 300 personnes.

2 mai 1973

Dubreuil au téléphone : « Très, très bon. Féroce. Bien mieux que la 2e pièce». Vu JJ au Progrès. De là, déjeuner chez les Bouise. Mack me propose de lire la pièce, après m’avoir dit que j’avais fait des progrès. Lecture 1 h 30. Discussion.
M.C.: Poirier « le Concile d’amour » de Panizza, monté par Beghin avec rien (3 M en tout), des amateurs, sa famille, ses amis, le club des Solitaires, etc. assez beau.

4 mai 1973

Déjeuner de « vernissage » du livre de B. F « Jess ». JJ, Mack ensuite.
Au Progrès. Parlé avec JJ et Mack des possibilités de la pièce : Annecy, théâtre éclaté, théâtre partisan (tous de Grenoble).
Théâtre du 8e : vu Luce Mélite. « Hamlet » : long, ennuyeux. Inutile.

5 mai 1973

Train pour Paris.

6 mai 1973

Cdf de Bouise : Cl. Locky a lu. S’est amusé. Trouve qu’il n’y a pas tout à fait des personnages, mais enfin… Précisions sur le théâtre éclaté d’Annecy.

7 mai 1973

Au journal, trouvé un télégramme de Penent : « Ta pièce est quasi géniale. Téléphone-moi ». Vu Penent : réellement enthousiaste (sauf pour la fin). La trouve en progression sur les autres. S. Delattre : Je trouve qu’elle est merveilleuse. La meilleure des trois.
Lu dans le Monde un article (4 mai) déjà célèbre de Druon, ministre de la Culture : bête et méchant – surtout bête, mais bête à pleurer.

8 mai 1973

Visite d’un ancien de Clairvaux (15 ans), double meurtrier (sa femme et l’amant), cherchant une dame de PM qui devait l’aider. Introuvable.
Salques : « Je te le dis, c’est ton succès ! » (Pompon). Penent a fait longuement des remarques et des corrections. Très utile.
Théâtre 347, rue Chaptal : « la Demande d’emploi » de Vinaver. 10 personnes dans la salle. Faiblement intéressant.

9 mai 1973

Dîner chez Georges. A 10 h au Cyrano : « Frankenstein » de W. Deichsel, mise en scène Ph. Adrien. Assez frappant d’atmosphère.

10 mai 1973

Cdf de P. Vial. S’excuse d’être si peu prodigue de lettres ou de téléphone. Des difficultés… Dit que le préfet de Saint-Étienne lui a reproché d’avoir monté 3,1416. Me demande un télégramme de soutien pour un meeting à la Bourse du travail. OK.

11 mai 1973

Gap.
Cessé de fumer à Gap à 16 h 24.

14 mai 1973

Cdf de Lancelot : il passe la pièce à Valverde. J.-M. Serreau va mourir, m’annonce-t-il. Cdf de Pays : a lu, ça lui plait. Revient de Belgique. On est attendus avec voiture. Chato : s’apprêtait à écrire une lettre d’éloges à P. Thorigny (mon pseudo) pour l’article publié dans PM (prostituées).
Visite de Pays et de Marie-Jo, retour de Bruxelles. Dante a fait une conférence en Yougoslavie sur l’expérience du Brabant-Wallon. Après Bruxelles, il envisage d’aller à Montbéliard chez Hurstel (projet Sorbonne fichu).

15 mai 1973

PM Vu M.T. Shauchina, peintre amie de Mme Orano. Recommandée à H Parmelin. Veut récupérer pour Mme O. 120 tableaux laissés en gage à l’hôtel. JJ au bout du fil : a donné Pompon à Annecy (th. Eclaté) – donnera « les Prétendants » à Béghin.

17 mai 1973

Bosc me renvoie la pièce… « Nous en reparlerons », écrit-il. Envoyé pièce à Th. Lévy. Hocquard : « J’aime bien. Il faut la faire monter par une jeune compagnie (pas encore confirmée comme les Vincent, Jourdheuil et autres). Me cite l’Aquarium – mais c’est Bosc – la troupe qui a joué la pièce des prisonniers (« Histoire de sortir »). Approuve le théâtre éclaté. On se voit vendredi en 8.

18 mai 1973

Parti à midi 20 de la porte de Clignancourt pour Gottechain. 18 h 15. Dante devant la porte. Conduits à Bonsval au chalet en plein bois de Coucou. Dîner à Wavre Gottechain école : Hélène, Stéphane, Manessier, Maïté, etc. Rentré minuit.

19 mai 1973

9 h petit-déjeuner à Wavre – Gottechain école. Assemblé et plié le journal (l’Arche d’Adelin). Porté deux bras d’une marionnette à Bonsval. Gatti sur un lotissement baptisé explique le spectacle aux acteurs en plein air. 30 à 35 personnes. « On est près de Waterloo », fait-il remarquer. Gottechain. Dîner à Bonsval école plein air, répétition de la comédie musicale « Les Îles » (avec les Crackers Band, et le compositeur Jacky Moreau). Très bon. L’histoire des musiciens de l’orchestre. Chalet avec Rajak le photographe et d’autres gens de Liège et Düsseldorf, Cologne (télévision, un auteur. Un type qui fait une thèse sur Gatti). Pluie et pluie.

20 mai 1973

Gendron, Pays. De l’école de Bonsval, les « îles », une colonne motorisée (méharis, motos, camions, tracteurs) à travers le Brabant paysan et résidentiel. Haltes et jeux dans les villages. Dante, un porte-voix en bandoulière, sur une moto. Le Tour de France, la kermesse, la caravane. Un temps sublime. Passés par Halluin, le Sélage,
Sandwiches à Bonsval au retour. Les îles encore pour finir et un feu de joie.
A Gottechain, bière chez Mme Alice. Puis, partie de boules belges. Pas mal joué. Couché à minuit au chalet avec Rajak qui reste dans la région demain. « Je n’ai plus aucun problème de théâtre », me dit Dante. Il veut monter la « Répétition générale » mais après que je l’aie repensée et récrite en fonction de la réalité locale. « Et j’aurai le plaisir de monter quelque chose que je n’aurai pas écrit… »

21 mai 1973

Quitté le chalet pour Gottechain, Maïté, débuté avec Clarisse (Guinguin), Jacky Moreau, Stéphane. Dante dort. Emmené Guinguin et Anne, la femme de Jean Bon, à Louvain. Là, pris une amie d’Anne, puis vers Paris. Arrivés vers 5 h par un soleil lourd. Guinguin dans la voiture : « My nerves ! ».

22 mai 1973

Cdf Delattre : Fasquelle d’accord pour éditer les pièces.

23 mai 1973

Travailloté à « 20 têtes à trancher ». J.-M. Serreau est mort.

24 mai 1973

Tél. Monloup qui veut préparer les décors de la tournée Villeurbanne en Amérique du Sud. Aimé Pompon. Suggère J.P. Vincent ou Beghin (Lyon).

27 mai 1973

Travaillé à « 20 têtes ». Peu satisfait de ce que je lis.

28 mai 1973

13 h Palais. Procès Jubin. Apparition de Madeleine Jacob, blanche et creuse. Malade encore, dit-elle. « Je ne le reconnaissais pas, celui-là ! », dit-elle m’apercevant. « Vous avez laissé pousser vos cheveux ! ». Procès peu intéressant.
Rentré au journal. Téléphone de JJ.P.s de réponse du théâtre éclaté. Va donner « les Prétendants » à Beghin, et ensuite « Pompon » si Annecy ne marche pas.

29 mai 1973

Jubin 13 h 30. Nicole Attia pleurant, puis le huis clos. Témoins du milieu : rires et ironie dans la salle. Fini 7 h 15.
Terminé « 20 têtes ». 460 pages dactylo.

30 mai 1973

Visite de Sabine Delattre. A eu des ennuis de santé. Sa secrétaire a fait 2 tentatives de suicide. Veut lâcher Desmaison qui n’a pas besoin d’elle. Remis « 20 têtes ».
A 6 h le procès. L’avocat général ne demandait pas la peine de mort.
Rencontré JP aux WC : « Il paraît que vous faites un livre sur les deux bonshommes là… » (Buffet, Bontemps). D’où le sait-il ? Cdf de Maubout : viré de l’ARC (le Creusot).

31 mai 1973

Enquête sur l’opéré du cœur (Riffandot) réopéré cette nuit.

3 juin 1973

Accident du Tupolev au salon du Bourget (57 morts). Il a explosé en vol au-dessus de Goussainville. Moins de morts que dit : 14 (28 blessés)

4 juin 1973

Le Monde (pas vu) et F.S. (vu) évoquent la maladie de Pompidou.
Bruits pessimistes à PM : on aurait montré des chiffres de vente à JP. Le tirage baisse en réalité.

7 juin 1973

Cdf à S. D. Fasquelle a trouvé « Pompon » très bon mais hésite à le publier ; crainte de poursuites. Tél. à Th. Lévy : pense qu’on peut poursuivre « puisque le personnage est reconnaissable », mais que ça ferait un beau procès. P. Bourgeade ce matin condamné à 1 500 F d’amende pour « offense au chef de l’Etat ».

8 juin 1973

Dîner Hocquard, Chato, restaurant polonais du Marais. Hocquard suggère un Suédois ami, Vitez, Jourdheuil, l’ami de Bosc (son co-directeur).

11 juin 1973

Cdf de Gatti à 6 h 30. Retour de Belgique après quelques incidents (mais habituels) de voiture. Me dit que Mme Noël est officiellement intronisée à l’IAD (monté par Yvan Vaneck mais sans Dante – promu professeur « à l’étage supérieur »).

12 juin 1973

Av. Leclerc à midi. Gatti et Hélène. Partis ensuite tous les deux avec Stéphane et son amie à la Maison des jeunes du 17e près de la salle des fêtes pour repérer les lieux (trois jours Gatti, de vendredi à dimanche). Dante confirme le choix de Mme Noël pour l’IAD. Lui, promu professeur à Louvain même. Me suggère (et je le suis) de faire participer Manessier, Françoise Thyrion, Moreau le musicien. N’a pas encore lu « Pompon ». Quitté à 5 h.

14 juin 1973

Cdf de Dante vers 10 h. Me conseille André Wilms comme élément de base pour « Mme Noël ».

15 juin 1973

Cherché Maïté Morand et Françoise Thyrion boulevard de la Bastille. Dîné salle des fêtes 17e, rue des Batignolles. Vu Dante, les Belges, Danielle, les filles, Auclair, Bernard (barbu et bien fatigué : dormit), Pays, etc.
Lecture « La Machine excavatrice ». Puis un film sur l’expérience Durruti mais non sonorisé (manque de matériel sur place). G. enrageait de se voir sur l’écran, un peu ridicule. Vu Kunze, traducteur allemand de Dante : il lit 3,14 que je lui passe. Après, café avec les étudiants belges, André, Jacky Moreau, Manessier, etc. Ramené Ivan Vaneck à la maison : dort au studio.

16 juin 1973

Ivan. Parlé de la pièce. Me demande mes intentions. Je lui dis que je n’en ai pas encore. Table rase et travail collectif. Voudrait un peu être le maître d’œuvre de la pièce. A 9 h, à la mairie du XVIIe. Les mêmes qu’hier, plus Hocquard endormi. Kunze me dit que 3,14 qu’il a lu est un « chef-d’œuvre ».
« La femme du paysan » (tiré de la manif de Bruxelles) et le « célibataire » en vidéo. Très bon. Surtout le 2e, œuvre de Stéphane.

17 juin 1973

15 h salle des fêtes. Les mêmes plus Georges et les siens, et Lancelot. Film vidéo sur le 20 mai – mais techniquement imbuvable (les Iles, la Colonne, etc.). Dîner au Balzar.

20 juin 1973

Mort de Collin.

21 juin 1973

Chez Fayard à 18 h 30, rue de St-Pères. Couverture de « 20 têtes ». Sabine négocie. Vu projet de couverture.
Chez Hélène. Dandrel (du Monde) passé voir le films du 20 mai. De là, avec Dante, Stéphane, Véronique, André et , chez Georges. Discuté du « projet Joffroy ». Comment le lier au film de Dante (Camilo Torres) ? Comment éviter l’interférence des professionnels inutiles de l’IAD ? Dans l’appartement du 6e de Georges, Dante essaie un costume avec chemise blanche et cravate pour aller voir demain Clermont-Tonnerre à Matignon (direct. de cabinet de Mesmer).

22 juin 1973

Dîner pris rue Mouffetard avec A., puis théâtre Mouffetard « Histoire de sortir » (déjà vu par moi) et « les Prisons aussi… » d’Hélène Châtelain. Bon. Sylvie D. venue aussi.

26 juin 1973

Cdf à Dante : R.V. samedi pour Bruxelles (Ingberg). Tél. Wilms ensuite. Idée d’un roman écrit par tous (expérience Brabant-Wallon).

27 juin 1973

Vu J. Bolo pour « Pompon ». Peu à peu enthousiasmé par l’idée de la monter lui-même. Estime à 50 000 F le coût. Salle paroissiale du pasteur Bosc (idée de Penent). La lire à Casamayor (pour savoir ce qui nous pend au nez).

29 juin 1973

Cdf à Dante pour régler l’opération Belgique. R.V. train 7 h 15 (Dante, Wilms, Hélène). Dante me demande si je suis prêt à participer à l’expérience Paris (L’Ecole), acceptée par Lang (TNP) après la Belgique. Bien entendu. OK.
Reçu la thèse de Antonio Peyu sur les « Prétendants ». Un plaisir tout neuf, un peu vaniteux.

30 juin 1973

Départ pour Bruxelles avec Gatti, André Wilms, Hélène Châtelain.

1er juillet 1973

Levé tôt. Arpenté la campagne. A Louvain ensuite, téléphoné à Henri Ingberg. R.V. à 2 h à Bruxelles. Parti avec Dante. Confirmation du choix de la pièce si l’IAD ne capote pas avant. Accepte que Gatti lise ma pièce à son travail de professeur au CEJ etc., etc. A pied à la gare du Midi. Conversé sous le soleil dans les rues désertes. Rejoints à 6 h 30 par Hélène, les frères Dardenne, Françoise Thyrion. Dîner dans un restaurant de poisson, le Marie-Joseph. Delà, chez ma vieille cousine Andrée – av. Louise – pour regarder sur sa télé la 2e chaîne française « Rosa Luxembourg » de Bluwal. Faible (et faux, selon Dante). Train Paris 0 h 30.

2 juillet 1973

11 h 30 Grasset. Vu J.-C. Fasquelle avec S. Delattre : va soumettre le texte de P.C. à l’avocat (Bredin). Pas enthousiaste à l’idée de publier les pièces – qui ne marchent pas. 3,1416 : 500 vendus sur 2 000. Tél. Lancelot. Me dit que Wilms n’est pas « chaud » pour la pièce (Mme Noël). Son côté militant que la pièce ne satisferait pas. Hum, hum. Lancelot envoie « Pompon » à Hurstel à Montbéliard.

3 juillet 1973

Déjeuner avec J. Bolo. A lu la pièce à Casamayor qui est tout à fait pour. « En plein dans le mille ».

4 juillet 1973

Partis Barcelonnette.

8 juillet 1973

Revu la « Répétition » et corrigé en fonction de la Belgique.

13 juillet 1973

Reçu les épreuves de « 20 têtes ».

16 juillet 1973

Déjeuner chez J. Michaud à Maubec, au pied du Luberon. Rentrés pour aller au spectacle à 5 h. Pas allés. Dîner avec les Michaud, les Meyrand, et les Beghin (sa femme et deux acteurs). Cloître des Carmes : Gaston D. (Dominici) de Bernadette. Public plus jeune qu’hier. Pièce intéressante.

18 juillet 1973

Rentrés par l’Isle-sur-la-Sorgue, Apt, Forcalquier, Sisteron. Arrêt à Forcalquier – cimetière pas trouvé la tombe Drummond, vue naguère avec Boulez.

21 juillet 1973

Envoyé les épreuves à Fayard.

1er août 1973

Retour Paris.

2 août 1973

Chez Hélène et Dante. Partent demain matin à Piancerreto. Belgique finie. Il est « indésirable ». Du coup, moi aussi. Projets avec TNP et Mnouchkine (L’école). Projet de film à faire, à deux, sur l’histoire du 727 détourné par des pirates. « Les Palestiniens ». Vais y travailler.

3 août 1973

Cdf de Sabine. Me Mercier, conseiller de Fayard, a effrayé les éditeurs en leur parlant de procès. Un minable.
Lettre de Peter Kunz, traducteur de Dante. Critique la traduction de 3,1416 par Bitterli (avec exemples). Propose, s’il trouve le temps, de traduire au magnétophone. Accepté.

7 août 1973

Travaillé plan Mayday.

17 août 1973

Déjeuner au chinois rue Marbeuf avec Th. Lévy. A commencé son livre sur Buffet, victime et complice de la justice et du langage (homme sans style, il a pris celui qu’on lui a imposé – mais un style n’est jamais innocent).

21 août 1973

La comédie Fayard continue : arguent maintenant que des avocats de renom (Badinter, etc.) s’engagent à me défendre en cas de procès ! Dis à S. Delattre que tout ça est misérable, que je ne m’en occuperai pas.

29 août 1973

Cdf de Françoise Thyrion de Bruxelles. Ivan et elle veulent reprendre Mme Noël en dehors de l’IAD. D’accord, on se voit en septembre.

5 septembre 1973

Vers 10 h 30, allé rue André-Pascal (des Palestiniens ont refait pour la Xe fois le coup des otages). Foule débraillée, joyeuse. Vu Durieux, Sicard, l’infantile Brincourt. Rentré à 2 h du matin. Siège et négociations continuaient.

6 septembre 1973

Rêvé bizarrement que j’avais le prix Goncourt (j’ai dû m’identifier à Chateauneu qui en rêve depuis des mois et vit d’espérance).
Départ honteux des Palestiniens – honteux pour les Français : otages « nationaux » libérés, les autres abandonnés…

7 septembre 1973

Lettre de l’IAD : ils veulent monter la pièce, mais sans Wilms, à ce que je crois comprendre. Dîner chez Pays et Marie-Jo. Attendu en vain Wilms. Discuté de l’IAD.

9 septembre 1973

Fête de l’Huma à la Courneuve. Une foule fantastique (beau temps, pluvieux à la nuit), coiffée de canotiers Ricard en polystyrène expansé. Retrouvé A. Groupes pop et Robert Charlebois. Partis vannés vers minuit.

10 septembre 1973

Avec André Wilms : bonne et longue conversation sur la pièce. Veut la monter avec le groupe, et si possible avec les Belges (F. Thyrion, Ivan Vanecke). J’écris à Dante sur tout cela – et sur la lettre de l’IAD.

11 septembre 1973

Déjeuner Béatrice Le Mire, P. de Séligny et Melle Hocquard : font un procès à un cinéaste Polac, dont le film semble conter leur histoire. Trouvé Béa très vive, assez libre – un peu maigrie. (La fatigue de Paris, disent-ils.) Lui, toujours mystérieux, la voix inaudible. Mis en rapport avec Hanoteau pour un papier.
A. m’annonce qu’Allende est renversé : putsch militaire. Je crois à une guerre civile.

12 septembre 1973

Allende mort. Suicide.

14 septembre 1973

Pablo Neruda serait mort.

15 septembre 1973

Rien sur Neruda. Les militaires paraissent avoir gagné, mais…

20 septembre 1973

Cdf S.D., Châtelain (Dante rentre à la fin du mois).
Grasset refuse de publier « Pompon ». Essai avec une maison du Nord, les Temps modernes, sinon impression à compte d’auteur.

24 septembre 1973

Mort de Neruda (cancer, disent-ils).
Lettre de la mère de Dante me remerciant pour l’envoi du journal et de K.G. (en italien). Vu JP devant son bureau : « Alors, vous faites des papiers ?… Il ne faut pas avoir honte de signer chez nous ». On a dû lui dire quelque chose de ce style.

25 septembre 1973

Chez Pays : les Wilms et Moreau. Décidé fermement de monter « Mme Noël ». Plan d’action (les Belges, Delcamp, Lerrant, Vial, etc.)

26 septembre 1973

PM. Photocopie du nouveau « Franco » de Dante, pour J.-L. Pays.

1er octobre 1973

Avec Chato et Georges, tourné dans une cave de la mairie du 3e pour un film TV de J. Michaud (d’après un livre de Vailland). Rouflaquettes coupées et des cheveux. Déguisé en détenu de l’Occupation. 2 scènes !

4 octobre 1973

Wilms de 2 h à 5 h : la pièce (Noël). Financement, tournée, acteurs.

6 octobre 1973

J’apprends que la guerre a repris au Proche-Orient, sur deux fronts. Belleville quadrillé.

7 octobre 1973

Suez franchi. Contre-attaques d’Israël. 9 h 15 télé : on y parle du Livre des Nombres (« Dans le désert », en hébreu), le dénombrement des fils d’Israël âgés de 20 ans et capables de faire la guerre.

8 octobre 1973

A dîner, Th. Lévy. Parlé de la nouvelle guerre. Puis, de ses clients : B. Le Mire qui veut faire procès à ceux qui l’ont enfermée et le maire de Penyhingues, Rohart, condamné à perpète, à Melun. Comment le voir ? Problème résolu en apparence.
Transmis le papier Bourges à un psychiatre connu d’O. Merlin, le Dr Kupernik.

9 octobre 1973

Résistance des Egyptiens sur le canal.
Kupernik : « Il y a un risque ».

10 octobre 1973

20 h : Stéphane et Véro. Chèque pour la location de leur appartement à la porte de St-Cloud (2 500). Parlé tous ensemble : Israël, Lip, la famille Gatti-Saby.

11 octobre 1973

Déjeuner chez Georges André Wilms. Hocquard pas venu.

12 octobre 1973

Cdf Bolo : finit de taper Pompon. Verra Attoun pour Théâtre ouvert à Avignon. Laissé faire.

13 octobre 1973

Les deux préoccupations de la France : le vaccin conter la grippe et l’approvisionnement en essence et fuel.

15 octobre 1973

Reçu « 20 têtes à couper ».

16 octobre 1973

Rue Beethoven, présentation du film de Giovanni : deux hommes dans la salle (Delon, Gabin). Très juste de ton, émouvant. Invité par Mme Viennet qui tenait à avoir mon avis. Vu Delon, Giovanni, Daniel Payer, Naud, les Ancelot, Thévenin (vidé de RTL pour son procès Pompidou), les Pottecher.

17 octobre 1973

O. Merlin veut chasser Serre de mon bureau parce qu’il déplaît à Mauge ! Pauvre Merlin. Me suis presque fâché avec lui.
Signé une partie des livres chez Fayard. 9 h : J. Bolo à la maison. Me remet l’exemplaire tapé de « Tonton Couteau ».

18 octobre 1973

Téléphoné Françoise Thyrion : le projet officiel a du plomb dans l’aile.

19 octobre 1973

A déjeuner, J. Michaud (qui monte un film rue Francœur). Michaud me montre les rushes de la scène tournée l’autre jour. Château stupéfiant de tristesse. Idée de Michaud : lui faire tourner le rôle du père Maufrais.
Dante ne revient que lundi. Essayé de joindre les Belges qui veulent venir demain.

21 octobre 1973

Chez Hélène (absente, elle est partie chercher Dante en Italie, mais ils ne seront pas là avant demain). Déjeuné avec les Belges (Françoise, J. Sappart, Dardenne, etc., et J. Moreau, André Wilms, plus tard Stéphane et Véro et Clarisse).

22 octobre 1973

Tournant dans la guerre : les Israéliens s’enfoncent en Egypte.
Cessez-le-feu ordonné par le Conseil de sécurité. Israël et l’Egypte acceptent. Pas la Syrie.

23 octobre 1973

Déjeuner au chinois avec Dante (fait son passeport), Wilms et sa femme. Mme Noël : des lectures d’abord plutôt que l’aventure vouée à l’échec. Il part faire une lecture en Allemagne. Pas de projets concrets dans l’immédiat. Me demande de travailler sur les « Palestiniens » (scénario ciné).

24 octobre 1973

Fayard : signé.
Mis vin en bouteilles. Cdf de Penent : hier Haedrich a parlé du livre à Europe à 9 h (cité la non-dédicace à Pompon). Théâtre de la Musique : 1ère de « la Dispute » de Marivaux par Chéreau. Ennuyeux. Dormi. Invité par JJ. Vu Bouise, JJ Lévêque, Planchon, Asso (relevant d’une opération et sans travail, me dit-il), L. Marest, L. Erlo (que je mets en contact téléphonique avec Dante).

25 octobre 1973

10 h avec Dante à l’hôtel de Seine, puis au Flore : J.J., projets avec Dante (opéra, ), et moi (lectures : il faut une projection).
Journal : Croizard me signale que « le Canard » parle de « 20 têtes ».

26 octobre 1973

10 h : porte d’Orléans. Hélène, Dante, Wilms, Jacky Moreau puis Stéphane. Préparé le prospectus-journal.

27 octobre 1973

17 h Wilms et Sapart à la maison. Mise au point du « journal » Noël.

28 octobre 1973

Cdf de Penent : panique devant le papier Soljenitsyne, me demande de lui faire une ou deux pages de début. D’accord.

29 octobre 1973

Train pour Gap.

1er novembre 1973

Commencé à travailler au synopsis « Palestiniens ».

2 novembre 1973

Fini à peu près les Palestiniens.

3 novembre 1973

Projet d’une fête pur l’inauguration de la maison.

4 novembre 1973

Train pour Paris 14 h 07. Changement à Valence : cohue. Trains sur bondés comme sous l’Occupation. Paris 11 h. guerre pour les taxis.

5 novembre 1973

Cdf à Jouanneau et Badinter (je suis condamné, en même temps que Thorigny, pour l’article accompagnant les photos de prostituées bordelaises. Un scandale. Demandé aux avocats de faire appel).

6 novembre 1973

Fini de recopier le scénario « Les Palestiniens ».
20 h 30 : au Palace, rue du Fg-Monmartre pour une pièce de Copi-Lavelli : « Les 4 jumelles ». Anna Prucnal y joue. Vu J. Michaud et Schoendorff le peintre (avec qui je parle de Planchon et de mes propres productions). La pièce : pas grand-chose.

7 novembre 1973

Château cité pour les 3 possibles du Goncourt.

9 novembre 1973

A 22 h 30, Wilms, sa femme et Françoise Thyrion à la maison. L’affiche presque terminée avec Jean-Baptiste Manessier. Remis mon résumé de la pièce.

11 novembre 1973

La Route. Au cimetière, accompagné le père Lebrun et le conseil municipal au monument aux morts. Gerbe. 6 ou 7 enfants ânonnaient la Marseillaise.

12 novembre 1973

PM. Vu André Wilms et remis 20 exemplaires du résumé de 6 pages de Noël.
Rue Falguière, chez J.-B. Manessier qui n’y était pas, ni Wilms, que Françoise Thyrion ; m’a montré le projet d’affiche.
Télé : vu une dame Colette Modiano qui présentait son livre (20 snobs chez Mao). Est-ce la C.M. de Lyon en 1943 ? Le nom, la forme du visage, les cheveux… mais pas sûr.

13 novembre 1973

Vu PM Rajak à qui l’on trouve une photo lunaire pour un décor Planchon (Le Cochon noir). Rue Jacob, vu Domenach à Esprit vers 5 h (papier Illich : D. très coopératif, enthousiaste de I.I. Essaiera de me le faire rencontrer, mais sans interview). Chateauneu se rend au Nouvel Obs pour casser la figure à un critique (J. Freustié) qui a mal parlé (et d’ailleurs connement) de lui. Il ne trouve pas l’homme.

14 novembre 1973

Cdf de Château – et de sa femme : le Nouvel Obs aurait rapporté l’incident, grossi, à Gallimard qui a téléphoné chez Château pour dire : Folie ! Chances compromises ! Ai rasséréné la famille.

15 novembre 1973

Tél. à Domenach, faute d’avoir de ses nouvelles. Une voix répond : « Ici, Ivan Illich… » Cueilli à froid, je bredouille plus ou moins. Me demande de poser des questions. Finalement, accepte que je l’accompagne à Orly demain (part pour Milan). Très joyeux au bout du fil.
Revu Château – toujours obsédé par son histoire, puis Sydney Smith émerveillé par Illich qu’il a vu à Londres. Parle de Gandhi.
Grève des commerçants – dont Gilbert – quasi générale (sauf grands magasins et pharmacies).

16 novembre 1973

Levé 5 h 30. Taxi rue Mayet, hôtel de Normandie. I.I. prend congé d’une jeune dame – et nous reprenons un taxi pour Orly. « Pourquoi voulez-vous me voir ? Ne sait pas que je suis à PM. Léger . PM (par Lartéguy) a failli lui coûter la vie : être tué. Après, tout bien. Remis Gerstein et 3,14 (oubliés à Orly dans le taxi). Orly : café et re-café avec Isabelle Clerc. Parlé du petit commerce (tué par les prix, dit-il à peu près).

17 novembre 1973

Après dîner, le groupe Noël : Wilms, Moreau, Françoise, Sapart, J.-L. Pays, Anne Bénichou. Répartition des tâches.

19 novembre 1973

Chez Jeanba 10 h discussion sur les coupes : Anne, Jeanba, Wilms, Moreau, Françoise, Sapart et Josée Destoop, qui doit lire aussi. Bon travail.

20 novembre 1973

Travaillé péniblement à Illich. Fastidieux à cause des impératifs généraux et particuliers (ce qu’il veut, ce que je veux, etc.).
Cdf Dante, retour d’Allemagne et qui va y retourner, faute de travail ici (prof à Vincennes, c’est tout ce qu’il pourrait faire actuellement).

23 novembre 1973

Cdf Grasset : proposition de film pour K.G. par un Américain Henri Bronnill. 500 $ à valoir sur 10 ou 20 000 $.

24 novembre 1973

Cdf de Dante : La Belgique, selon lui, n’est pas finie. Il faut reprendre contact avec Ingberg. C’est faisable. Cdf à Ingberg à Bruxelles. Décidé de nous voir – et de tout reprendre.

26 novembre 1973

8 h 30. Chez Hélène (absente). Dante, Wilms, Jacky Moreau, Françoise, Jeanba, Pays, Sapart. D’accord pour la Belgique (bien que les Belges ne fussent pas enchantés de « retourner en arrière »).

29 novembre 1973

7 h 42 gare du Nord. Train pour Bruxelles avec André, Françoise et Jacky Sapart. Neige à Bruxelles. Déjeuner dans le vieux Bruxelles avec Dardenne. 17 h vu ensemble Ingberg plus Collard. Ingberg et Collard désireux de séparer les élèves des « anciens » par crainte de la déscolarisation des années précédentes. Finalement, accepteraient si contrat établi ; mettraient sur la base d’un travail accepté par tous. Réunion chez Françoise et son mari. Discussion et cdf à Dante (plusieurs). Décidé d’accepter si salaires augmentés. Lettre en ce sens à Collard.

3 décembre 1973

Neige. Cdf de Françoise : fichu du côté de l’IAD. Le recteur Vastels serait contre Wilms. Cdf de Boulet (RTL) « ami de F. Edelstein de chez Fayard ». Me propose « 2 minutes pour deux grâces accordées par Pompidou. Refus. Il est vexé.

4 décembre 1973

Cdf de Dardenne : Belgique, terminé ! Prétexte : le fric.

5 décembre 1973

Dîner Custine avec Dante et Wilms. Le point sur la Belgique.

6 décembre 1973

Grève générale « contre la vie chère ».

7 décembre 1973

Beaujon. Mort de la M.

11 décembre 1973

10 h cimetière de Pantin.

12 décembre 1973

Ruminé, depuis la mort de la Mutter, la question des enfants – A. Seulement. Personne ne dira Kaddish pour moi.

14 décembre 1973

21 h chez Pays. Réunion pour la pièce : Wilms, Françoise sa femme, Josée Destoop, A. Bénichou, J. Moreau, J. Sapart, Françoise Thyrion. Rentré 1 h.

21 décembre 1973

Rue Beethoven : J. Michaud montre son film « Un jeune homme seul » avec tous les Lyonnais (Bouise, Meyrand, Locky) et Chateauneu et même moi.

27 décembre 1973

Mort dans un accident d’auto de Mazoyer (42 ans) qui devait diriger France-Soir.

30 décembre 1973

Dîner chez les Pottecher, rue de Valois avec une dame de ses amis qui fut la première speakerine de la radio.