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1974

Pierre Joffroy était son nom de plume. Maurice Weil celui de l’etat civil.
Né en 1922 À Hayange en Moselle, il monte à Paris en 1945 après être passé par Lyon où il s’était réfugié en 1941, rejoint plus tard par son frère Gilbert .
Entré au Parisien Libéré dès son arrivée dans la capitale il réalise un de ses premiers reportages en s’embarquant sur un « rafiot » chargé de juifs européens  rescapés des massacres nazis.

Ici commence l’histoire des carnets dont certains disparaissent à l’occasion de ce voyage en terre de Palestine en 1947.
Il s’agit d’un petit agenda (un par trimestre) sur lequel il note rendez-vous, rencontres, conversations téléphoniques, lectures, sorties, projets et ceux de ses amis.
Le format n’autorise pas le développement comme encore moins les épanchements (même si on trouve quelques cris du cœur).
Ces carnets pourraient être (sont) comme une gigantesque table des matières d’un livre à venir, un vaste index qui renvoie à autant de pages qui ne sont pas encore écrites.
Au commencement était le verbe. Reste à trouver la suite.
À vous de lire ce projet de « livre total ».
À vous de nous donner des informations complémentaires que la lecture de ces 20 premières années (1947-1968) vous inspire.
La suite, 1968-1980, puis 1980-2000, paraîtra dans le courant de l’année 2021.
Les carnets n’avaient jamais été lus, ni déchiffrés avant 2008. Ils ont été photocopiés puis déposés à l’IM.C.(Institut Mémoires de l’ Edition Contemporaine) avec les archives de Pierre Joffroy où ils peuvent être consultés.

Choisissez une année 

2 janvier 1974

Cdf de Pottecher : matinal. Il a lu Pompon, l’a trouvé bon et me compare plus ou moins à Victorien Sardou.

4 janvier 1974

Revu un ou deux passages de Tonton Couteau.

5 janvier 1974

Vu Gus devant chez nous qui m’attendait.

7 janvier 1974

Chez Georges qui se fâche parce que les clients ne ferment pas la porte, bondit sur l’un d’eux, va chercher son manche de pioche, ils roulent à terre. Je m’interpose à la… parano !

8 janvier 1974

Buvette du Palais déjeuner, puis procès Walltend Mulbacher qui tue la femme et l’enfant de son ami.

9 janvier 1974

Palais. Reconduit par Pottecher. Fait papier le soir. Téléphoné à minuit et demi.
Blanchard (FS) et Denuzière (Le Monde) offrent un verre à la presse judiciaire en l’honneur de leur admission en son sein.

10 janvier 1974

Papier non passé. Vu Mauge à la conférence. Explication brève et sèche devant 15 à 20 collaborateurs.
Procès : le mari là ! Se défend, défait Floriot qui renonce à le démolir – vieilli, vaincu, quitte le procès vers 7 h.

11 janvier 1974

Walltend Mulbacher condamnée hier à 15 ans.
Lettre à JP, tapée sur sa machine. Il demande à me voir à 6 h. Je le vois – me répète qu’il m’aime, mais qu’il aime aussi Mauge qui s’est montré loyal (parce qu’il a appliqué la formule du Nouveau PM qu’il n’approuvait pas). Me demande de travailler avec Croizard à son nouveau journal. Pour le reste, quand il y aura des papiers à faire pour PM, il s’en occupera lui-même. Je l’ai trouvé mieux.

12 janvier 1974

Cdf de Mielle (Palais de justice) : la famille de Sabiani déboutée de son action contre moi (et PM).

14 janvier 1974

Conversation sur le futur journal, dans mon bureau avec Croizard, Château, Penent, puis Hanoteau et Clerc.

15 janvier 1974

PM . Tél. à Hocquard : il a donné Pompon à Copferman (Cl. Olivier qui travaille avec Copferman a approuvé chaudement). Quelque chose se dessine peut-être.

16 janvier 1974

Train pour Gap.

21 janvier 1974

Cdf de Croizard et Château : JP inquiet de mon absence et pas tellement content d’elle avec les projets qu’il a. Le nouveau journal semble naître réellement dans son esprit. Croizard voudrait que je rentre plus tôt. Non.

29 janvier 1974

Retour Paris.

1er février 1974

PM. Réunion pour le journal. Puis, chez Gaston Bonheur. On dérive vers un journal non concurrentiel avec PM, tourné vers les jeunes. Hanoteau à part : JP consterné.
Déjeuner Balzar avec Cl. Olivier et Emile Copferman – Maspero – pour édition Pompon. Ils ne publient pas de théâtre en principe. Je mets les pieds dans le plat (de brandade de morue) : j’offre de régler les frais pour faire une opération blanche, sans risque pour eux. Réponse quand ils auront lu la pièce – ce qu’ils n’ont pas encore fait.
Sous la pluie à Billancourt., chez Isabelle. Réunion pour Mme Noël. Wilms, sa femme, José Destoop, Nini. On recommence à zéro. Exploration du terrain, visites et contacts des mal logés. Après, on verra. En tout cas, on sera « motivés ». Confirmé ce que m’a dit hier Maïté : Gatti a signé, ou va signer, un contrat de trois ans en Allemagne – dont certains ici sont catastrophés (Nini, Sappart).

5 février 1974

Conférence dans le bureau de Croizard. Choix d’un maquettiste à faire. Dans un mois, on doit remettre un numéro 0.

6 février 1974

Déjeuner en ville. Croizard me dit que JP est malade, même alité.

8 février 1974

Déjeuner au Balzar avec Cl. Olivier, embarrassé. N’aime pas la pièce : l’aurait voulue poussée au délire. Je le mets à son aise en disant que j’ai d’autres possibilités d’édition. Soulagé.
19 h rue d’Odessa, au Lucernaire, vu Le Guillochet directeur. Enthousiaste, volubile. Se déclare enchanté avant de lire. Veut monter la pièce en même temps qu’une autre qui serait réaliste, journalistique sur le même sujet (Buffet/Bontemps).

10 février 1974

Travaillé Pompon. Refait la fin.

11 février 1974

Cjez JP, rue de Rivoli avec Croizard. Diwo et JP Ollivier sortaient. Mme P. amaigrie, brodait. JP, maigre aussi, mais très lucide : approuve le projet de sommaire, me demande de voir pour la maquette l’Américain Glaser du « N.Y. magazine » qui vient à Paris. Croizard aux anges.

12 février 1974

Cdf de Le Guillochet (Lucernaire) : il est tout à fait pour la pièce. Songe à la monter, même dans une plus grande salle. R.V. dans une quinzaine. Le Bolzer me dit de m’adresser à un Gonzalez Estrada (le même, je crois, qui refusa 3,14 aux Amandiers). Vu Menant, l’éternel désabusé de la non-contestation.
Déjeuner Wilms. Tenu au courant du cdf de Le Guillochet. De son côté, tout va bien : le groupe s’agrandit.

15 février 1974

Penent me prend à part : il s’en va (clinique, état dépressif, suicidaire).

23 février 1974

Avec A., au Marais : l’Enclos. Le film tient – sauf l’affiche. Il va vite disparaître.

25 février 1974

Cdf de Vial (St-Etienne) : demande l’adresse de Dante. Veut monter Franco.

26 février 1974

Cdf de Dante : à Paris jusqu’à demain. Repart pour Louvain, l’Allemagne et revient la semaine prochaine. S’inquiète un peu pour « Mme Noël » qui n’avance pas. Me dit qu’à Berlin, à la suite de la pièce, il est devenu la cible de la presse Springer. Lui ai dit de téléphoner à Vial pour Franco.
9 h Jean-Louis Pays et son fils. Parlé du séjour à Berlin, des difficultés là-bas avec Dante, etc., du Groupe V aussi : demandé les statuts, les papiers dont il dispose.

27 février 1974

Cdf de Wilms : pas de réunion ce matin. Rien de nouveau.
Cdf de J. Bolo : essaie toujours pour « Tonton Couteau ». Echecs. Attoun, qu’il a vu, trouve la pièce moins réussie que 3,14. Le contraire aurait été étonnant.
16 h visite de J. Michaud. Prêté 1 500. Content de l’accueil fait à son film par ses amis Malle et Vadim (Un jeune homme seul).

28 février 1974

PM. JP va quitter la clinique selon Croizard lequel me dit qu’il l’a accueilli en récitant du Baudelaire : « Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille ».

2 mars 1974

Aprèms, journal. George V garni de flics à l’ambassade d’Espagne, bureau de voyages espagnols : Puig Antich, catalan, tué au garrot cette nuit à Barcelone.

3 mars 1974

Cdf de Gatti. Va voir demain Ingberg. Me demande si je suis d’accord pour que celui-ci (qui ne veut pas rester sur un échec) la fasse passer à Louvain l’année prochaine. Ma Gêne : le groupe (qui, comme le reconnaît Dante, est à fond pro-Joffroy mais ledit Joffroy leur servant un peu de caution gauchiste). Dit oui. On se verra fin semaine prochaine.
Pour Vial et Franco, pas d’entente : Vial veut imposer Monod – qui, selon Dante, ne connaît pas l’Espagne (gattienne) et puis, Dante veut refaire une 3e pièce en partant du présent concret, etc.

5 mars 1974

Reçu les premiers « Cahiers Alexandre Vialatte ».

6 mars 1974

JP Farkas m’annonce, réjoui, qu’il prend la direction de « Combat » – ce qui fait sourire Caviglioli qui connaît Smadja. « Il n’a pas fini d’en voir ». Car lui-même va partir en Indochine pour faire un livre – et se demande comment PM va accueillir la nouvelle. JP toujours assez mal : fiévreux, insomniaque selon Rapeloux.
Téléphoné à Le Guillochet : toujours d’accord ! Epreuves demain. Lettre de Penent à Croizard : très las, épuisé. Sa maladie : il dit de dire hépatite virale, mais c’est peut-être autre chose.

7 mars 1974

S. Delattre à PM : remet les épreuves de Tonton Couteau.

8 mars 1974

Trouvé texte prière d’insérer de Château pour Pompon Couteau. Très bon.
Vu P. Bois et Ponté : projet d’articles accompagnant une collection de photos d’exécutions, faites par un commissaire de police et vendues aux enchères.

10 mars 1974

Avenue de Versailles, chez Danielle. Bernard barbu, gris, l’air fatigué. Ne pravaille plus depuis juin, dit-il. Prépare une expo à « L’œil », mais pas assez de toiles. Les deux filles là. Stéphane chez lui, à Aulnay : travaille.

11 mars 1974

A 6 h avec Cavi, à Laennec, rendu visite à Hanoteau. Hospitalisé d’urgence à la suite d’une hémorragie nasale nocturne. Sortirait dans 8 jours. Parlé du journal, de la maladie de JP (H. très pessimiste d’après les nouvelles qu’il reçoit de Mille qui les reçoit d’Elisabeth Danet, etc.). Projet de se tenir informés, en cas de catastrophe à PM, pour proposer notre solution.

12 mars 1974

Pris un verre avec Cavi au Lincoln. Parlé de la situation à PM. Avec Wilms au Lucernaire : 1ère d’un spectacle lamentable (poème de Montherlant…). Vu Le Guillochet, toujours d’accord, à la sortie José Destoop : dîner dans le quartier et un verre au Dôme.

14 mars 1974

Réunion chez A. Bénichou, rue St-Martin 203 bis. Wilms, Destoop, Françoise Nini et Françoise Wilms. Ils décident de faire « Carcana » (Gatti) pour Avignon tout en continuant le travail « Noël » sur le canal St-Martin.

15 mars 1974

Vu Denamme. Longue conversation sur la « politique » qui le dégoûte. Parlé des divers régimes et de l’anarchie.
Avec les Michaud, chez , rue de l’Assomption. Aussi, Zorika, styliste déjà vue chez les M., un cinéaste « érotique » (il fait « Emmanuelle ») et quelques publicités.

16 mars 1974

10 h 30 chez Hélène. Peu à peu arrivent Jacky Sappart, Françoise Thyrion. Le « groupe Joffroy » a éclaté, m’annonce Dante d’entrée de jeu. Longue conversation jusqu’à 3 h. Le « projet Carcana » a servi de révélateur : les pour, les contre. En fait, le nœud, c’est le « ménage à quatre » : Wilms, Françoise Bauer, José Destoop et Isabelle Pierson. (J’ignorais cette histoire.) Tout fonctionnait autour de ça. José ne voulant pas faire Carcana, Françoise B. voulant le faire. André, tiraillé, était pour et contre dans les mêmes secondes. Finalement, le projet Joffroy était vague, sans structure de base, sans idée : préparer un travail sur le canal St-Martin s’articulait comment avec Mme Noël ? Personne ne le sait. (Réécrire la pièce était abandonné.) Ingberg va essayer de la monter en Belgique. « Et, moi, dit Dante, je te la monterai. Un acteur et des écrans de TV (vidéo) ».
Dîner rue de Valois chez les Pottecher avec Ariane (qui revenait d’une manif de cyclistes – contre les autos, la pollution, etc.).

20 mars 1974

Le Guillochet dans un café en face du Lucernaire. A. Wilms et moi. Trois possibilités : à la rentrée au Lucernaire, ou dans deux mois au « Vrai chic parisien » (voisin) ou Avignon. La 1ère est sûre. Les deux autres ne le seront – si elles le sont – que dans une quinzaine. Décidé d’avertir Lancelot et Gus.
PM. A. de Courtades me téléphone, veut me voir. Je descends. Affligé du côté « raciste, antisémite » qu’a pris le journal, il voudrait voir représentées « toutes les tendances » – tous les talents. Me propose de faire passer lui-même les papiers que je voudrai. Il a vu Bonheur ensuite.

21 mars 1974

Grève électricité, pas de métro.

22 mars 1974

A 6 h Wilms, puis Lancelot. Ensemble au Lincoln. Lancelot très abattu (il divorce, se retire en Bretagne), n’est pas partant pour « Tonton ». « Si encore, c’était dans six mois !!! ». Il réfléchira quand même, me téléphonera demain. Après son départ, Wilms et moi envisageons les solutions possibles.

23 mars 1974

Journal. On voudrait que je travaille à des chapos, légendes de grand style (pour les 25 ans du journal). Refus poli. « Je suis sur un reportage – d’accord avec Courtades ».
Cdf de Lancelot. Ne dit plus tout à fait non. Reviendra le 8 avril. D’ici là, avec André Wilms nous préparerons le terrain.

28 mars 1974

Cdf d’Olivier Merlin. Ne veut pas aller au journal. Il a vu JP qu’il a trouvé mal, maigre, insomniaque, une couverture sur les genoux. Cent ans !

2 avril 1974

A Châtillon chez l’imprimeur avec S.D. et Cardon. Rectifié la page de titre. Mme Muhin (ou son mari) connaissait Max Jacob, Maurice Sachs, Picasso, Reverdy. Prétend que Reverdy s’est réfugié à Solesmes quand il a appris que Coco Chanel payait ses éditions de poèmes : « Je suis un maquereau ».
PM. Vu Chato et Wilms, celui-ci essayant de convaincre celui-là de jouer Tonton.
TV : « l’Homme de Kiev ». A la fin, un peu avant la fin, un speaker apparaît : Pompidou est mort. Le film reprend et s’achève. Le temps pour les journalistes de préparer leur nécrologie.

4 avril 1974

Dans « Libération » un dessin : Pompidou inquiet de rencontrer Buffet et Bontemps… Le thème même de la pièce…

5 avril 1974

Cherché Dante av. Leclerc. Déjeuner chez Georges avec les Charvein et Maïté. Ch. songe à faire un film sur Buffet-Bontemps – mais après en avoir fait un autre que Dante lui propose : les Katangais. Après cela, longue marche avec Dante sur les quais. Les bouquinistes (il m’a acheté « le Pavillon des cancéreux »), conversation. Je lui parle du roman, de la pièce « la Marchandise » qui l’intéresse.
N° de Charlie Hebdo sur la mort de Pompidou. Extravagant !

6 avril 1974

Cdf de Lancelot : semble plus disposé à nous aider : « Considère venir comme un vieux pneu de secours ». Avance le nom de J.B. Manessier, retour du Chili. J’en parle à Wilms qui trouve l’idée excellente.

8 avril 1974

Aprèms, rue Custine : dépouillé le dossier « Katangais ».

9 avril 1974

Elections : l’impression est que Mitterrand passera.

11 avril 1974

Cdf de Bolo : juge qu’il n’y a plus de chances pour « Tonton » dans le cadre de ses recherches (théâtres réguliers).

12 avril 1974

Cdf de Th. Lévy : a vu la chancellerie. Assez favorable à la révision. Th. me demande de retarder le papier. On en reparlera mardi.

16 avril 1974

Visite de G. Hanoteau : « Elle est très drôle, ta pièce », puis, parlant de JP « qu’il revienne ou non, ça n’a plus d’importance. Faut bien se rendre compte qu’il est gâteux ». Quant à Courtades, tout ce qui l’intéresse, c’est de fournir à Giscard un support électoral.
Manessier au journal : va lire, serait d’accord surtout si Lancelot marche, l’épaule.

17 avril 1974

11 h Cornillac : d’accord pour jouer ou mettre en scène, selon la réponse de J.B. J.B. arrive : d’accord pour la mise en scène. On déjeune.
15 h chez O. Merlin réunion : ses deux frères, plus Croizard. Projet d’un quotidien. Amusant…

18 avril 1974

17 h avec Dante chez Me Cossard, av. Victoria (avocat du chef des Katangais). Très coopératif.
Mort de Pagnol.
Cdf de Dante (me demande si j’ai besoin de comédiens… désapprouve Jean-Ba. qui ne fera rien, il est incapable – mais si JM marche, ce sera faisable).

19 avril 1974

Ouvrant « Combat » à 9 h, je trouve à la dernière page un grand papier « Tonton Couteau » de Thévenin. Me voici ému, content, ah vanité !
Après déjeuner, au Lucernaire avec J.B. Manessier. Vu Le Guillochet, très chaud : on s’oriente vers le Café de la gare.
A.P., vu Jacky, venu rapporter le dossier (CES Pailleron). Dîner avec Asso : voudrait voir la pièce jouée dans « un vrai théâtre ». Suggère B. Blier, comme acteur. Lui-même se voit plutôt en Tonton Couteau. Partis ensemble à un meeting pour F. Mitterrand.

20 avril 1974

Rêves. 1) à Rouen, puis dans une campagne normande édénique de soleil et de vert, derrière, une voiture à cheval contenant le mobilier d’une vieille femme qui se retire dans un village. Moi et des amis prenons place dans la voiture, tirée par un unique cheval. Village : une boutique d’antan. Des outils merveilleux, rangés au mur. 2) Mitterrand est élu avec 51,02 % des voix au 1er tout.
15 h avec Manessier, vu Doumé, l’administrateur du Vrai chic parisien. Prend la pièce (mais ne l’a pas lue…). Dit les conditions, compte sur moi en tant que journaliste à PM pour la publicité.

24 avril 1974

16 h chez Cossard. Travailloté dans son salon. Arrive Roland Fornani, grand, cheveux longs, lunettes, blouson de couleurs. Méfiant. Cossard nos présente et s’éclipse. R.F. ne veut pas de récupération, dit qu’il n’a pas changé, parle du groupe Baader en Allemagne, etc. L’emmène chez Charvein où nous avons R.V. avec Gatti – qui n’arrive qu’à 8 h 30 au lieu de 7 h. Longue explication de R.F. Accord de tous. Dîner chez Georges. Cdf de Le Guillochet : d’accord. Pourquoi pas Doumé ? Je n’y comprends rien.

25 avril 1974

Photocopié dossier Lumumba pour Jacky Sappart, venu exprès.

26 avril 1974

10 h Dante, venu coucher ici : demain à 9 h travail sur les Katangais. Critiques sur Tonton : les comédiens, le metteur en scène (J.B. qui ne fera rien, s’absentera, etc.). Me reproche de ne pas lui avoir parlé de ça plus tôt. Dit qu’il n’avait pas lu la pièce, égarée en Belgique. L’a trouvée drôle « J’ai ri ». La voudrait « truculente ».

27 avril 1974

Travaillé avec Dante depuis 9 h au scénario Katangais. Séquences. Déjeuner avec lui et les Demaisons. Vers 3 h, arrivée de Roland et de son frère. Plus tard, Hélène, curieuse de le voir. Vers 6 h, fini. R.V. mercredi.

30 avril 1974

Théâtre de la cité universitaire, la pièce de Chaussat « Joe ou si tu veux être un homme ». Beau travail technique. Vu les Pays, Gus, Th. Bosc (qui me parle de Tonton), et Chaussat lui-même.

1er mai 1974

A 10 h 30, av. Leclerc. Discussion sur Tonton. Tout reprendre. Elèves IAD (Jacky, Félix, Vanecke…). Hélène mise en scène avec Stéphane. Mais peut-être trop court d’ici le 1er juin. Se faire commanditer.

2 mai 1974

Gatti à 8 h 30. Travaillé Katangais.
Cdf O.M. (il a vu J.P. à St-Jean vendredi dernier : assez bien mais peu susceptible de réapparaître à PM. Massages, infirmière, médecins…).
Aprèms, continué. 18 h avec Dante au Lucernaire. Vu Le Guillochet. Conclusion Dante : ils ne prennent aucun risque… décidé de marcher, mais en septembre. Je mettrai les 2 M nécessaires sous couvert de Gilbert. Hélène, Stéphane et les Belges le feront. Dante leur en parlera. On se sépare jusqu’au soir – pour continuer le travail. Dante arrive à minuit, dîné. Hélène et Stéphane d’accord pour Tonton.

3 mai 1974

Couchés 3 h. Réveillés 8 h. Travail jusqu’à midi. Fini. R.V. avec Roland cet après-midi.

4 mai 1974

Ariane : sondage à Jules Ferry : Mitterrand, puis Dumont (écologiste) et Giscard.
Sondages : Mitterrand 45 %, Giscard 30, Chaban 18. La victoire de Mitterrand de plus en plus possible.

5 mai 1974

Voté Mitterrand.
Ballottage.

6 mai 1974

Théâtre de la Cité universitaire « Le Réseau de la Vve Moine », de Pommeret. Vu Attoun et J.J. Gautier parti à la moitié. (Pièce moyenne, trop longue – un peu emmerdante-.

9 mai 1974

Chez Charvein : Dante et Fornani, plus Reznick. Discuté scénario. Décidé de le faire pour la fin de la semaine prochaine.

10 mai 1974

Vu Livrozet dans un café de la rue des 3-Frères, ensuite déjeuner à la maison. Très sympathique, parlé de tout, et de la pièce qu’il aime beaucoup. D’accord pour des débats, comme prolongement politique.

11 mai 1974

16 h 30 tombé sur Vial avec des valises. Parlé au Balto de sa pièce, éreintée par tous les critiques, de celle de Planchon (qui commence déjà), de son projet Franco avec Dante… Allé au Châtelet prendre le dossier Katangais chez Cossard.

13 mai 1974

Train pour Bruxelles 7 h 23. Accueilli par Yvan. Déjeuner avec lui et un poète flamand, puis cherché une salle pour les répétitions de Tonton Couteau. Puis à Louvain, cours de Dante. Revu Françoise, Félix, les Dardenne, Yannis, etc. De là, à Judogne où habitent les Dardenne. Dîner.
Choisis : Françoise, Gengina (mère), Félix, Ivan, Jacky, Yannis, Jean-Marie Dubetz, l’aumônier, André.

14 mai 1974

Train à Namur avec Dante 10 h 56. Paris 14 h. Déjeuner rue Custine avec lui. R.V. jeudi pour la Route.

16 mai 1974

Cherché Gatti av. Leclerc. La Route à 10 h. Travaillé aux Katangais. Fait à déjeuner. Vers 3 h B. arrive avec les Damenne qui font des photos pour un magazine de maisons (déménagent tout, mortifient tout). Partent à 11 h. Scénario fini (1er jet). Dante a tout fait – pratiquement.

17 mai 1974

Travaillé seul sur le texte d’hier. (Dante sur Carcana).
Dante me montre la lettre que je lui ai envoyée lorsque la Mutter est morte : « Je la garde. Elle fait partie des choses que j’emmène partout avec moi ».

18 mai 1974

Très beau. Travaillé tous les deux dehors, à deux tables.
Le Monde : Cohn-Bendit pour Mitterrand. Parle d’abstention, piège à cons.
Foot : France-Argentine gagné 1 – 0 par les Argentins. Pas très bon.

19 mai 1974

Chaud. Parlé de Babeuf avec Dante. Un film, un jour. Partis vers 15 h. Conduit Dante bd de la Bastille, puis PM, puis voté rue Hermel. 20 h : Giscard se détache légèrement. Les sondeurs sont prudents.

22 mai 1974

Vu Coral pour un papier sur le drame de Mayenne (enlèvement d’enfant masquant une vente d’enfant).

25 mai 1974

Travaillé Katangais. Fini le scénario. Demain à la route, révision avec Dante.

26 mai 1974

La Route 10 h 30. Gatti. Travaillé. Révision rapide du texte. Il me le rendra jeudi. Rentrés 6 h 30 (par l’av. Leclerc).

27 mai 1974

Françoise : photocopie du reste de Carcana.

28 mai 1974

Avenue Montaigne où j’attends le 80, vu O. Merlin « Je suis viré ! Ils m’ont envoyé une lettre, mise à la retraite (donc pas d’indemnités). J’ai vu JP. Il savait, était d’accord… gâteux ? Va entrer au « Monde » : avec un enfant en bas âge, il n’a pas un sou vaillant, m’a-t-il dit.

29 mai 1974

Cdf de Monloup : très occupé, 5 décors à faire ; ses affaires se rétablissent : me rendra 1 000 bientôt.

30 mai 1974

La Route. Travaillé avec Dante sur les Katangais. Fini 6 h. Rentrés 8 h 30. Laissé Dante chez Georges.
Charrette à PM : Confirmation pour O.M., Chargelègue déboulonné, Joffroy « muté » au Mémorial. Mutant !

31 mai 1974

Barcelonnette.

6 juin 1974

PM. Chargelègue dégommé. G. Hanoteau demande à me voir. Me parle d’O.M., mis à la retraite, et de moi : le bruit courant que je suis muté. Me conseille le procès.

7 juin 1974

Avec Hélène au Vrai chic parisien (pour voir la salle), puis la secrétaire, très aimable. Examen du contrat léonin… Cherché chez Charvein le scénario que je vais revoir.

8 juin 1974

Révisé Tonton.

9 juin 1974

Revu les Katangais.

11 juin 1974

Au Vrai chic, à 8 h 30 pour voir le régisseur. Hélène s’était trompée de jour, arrive finalement après cdf. Petite discussion.

12 juin 1974

Travailloté aux Katangais. Nécessité de voir Dante, en Normandie.
Téléphoné à Hélène. Décidé d’aller avec elle et Stéphane à Champsart demain matin.

13 juin 1974

6 h levé. 7 h 30 Stéphane me sonne. Partis pour Champsart avec lui, la femme de Moreau-Ménard, Véronique, Hélène et Guinguin. Beau château comme on le rêve. Vu Dante : éclairci les Katangais. Match de foot Brésil, Yougoslavie à la TV. Coupe du monde. Conduit par Hélène à Flers. Train de Paris à 18 42.
Gatti : on lui a offert de s’occuper de Libé. Serait d’accord pour le faire, avec moi – éventuellement. Lu dans le train la 1ère version de Carcana qu’il est en train de modifier.

14 juin 1974

Cdf d’un professeur nommé Faurisson, troublé par les différences entre les textes Gerstein. Me demande mon avis. Je le renvoie à deux mois, le temps de fouiller dans mes archives. Agacement.

15 juin 1974

Reçu contrat du Vrai chic parisien. Téléphoné le contenu à Hélène.

17 juin 1974

Terminé presque les Katangais.

18 juin 1974

Jour du bac.
Vu Diwo (pour le film de J. Michaud qui passe à la TV le 6 juillet, « Un jeune homme seul »). Lettre de Mme Ulrich. Pas répondu.

19 juin 1974

Travaillé aux Katangais. Recopié.

23 juin 1974

Envoyé par cycliste les Katangais à Charvein.

27 juin 1974

Circulaire de Mauge sur l’organisation du journal (les écrivains rendront compte à Chargelègue…).
221 h Leclerc, avec Hélène et Stéphane, établi le budget  approximatif de Tonton. 1,5, dont 0,5 de divers à employer suivant les nécessités. Reconduit par Stéphane dans son camion.

28 juin 1974

Téléphoné à Vaneck pour la salle de répétitions à Bruxelles et donner les dates de répétitions et de spectacle.
Photocopié la nouvelle version de Carcana. Remis à Isabelle Pieron.
Vu Courtades : prévenu de mes vacances. « Bonnes vacances ».

29 juin 1974

Partis pour Barcelonnette.

6 juillet 1974

Vu le film de J. Michaud « Un jeune homme seul ». Surprise en voyant le figurant de la fin…

8 juillet 1974

Cdf à 10 h 30 d’Antoine Merin, acteur, qui a admiré « Tonton Couteau » voudrait que je lui en écrive une semblable, jure qui si ma pièce et défendue par les Marielle, Galabru, etc., ce sera un triomphe et veut me voir un de ces soirs.

13 juillet 1974

Téléphoné à Boulez à St-Michel. Eu sa sœur qui me dit qu’il repart demain pour New York. Petrus arrive à l’appareil. Navré. Me demande le n° de la Bergerie pour l’avenir. Me dit de saluer Dante demain.

14 juillet 1974

Parti seul à 6 h 30 pour Avignon. Averses de Sisteron à Avignon. 10 h 30. Pris des autos stoppeurs. Chez les JJ, une chambre pour le soir en ville. Rencontré Dante, avec Stéphane, Marie-Christine, JJ Hocquard, etc. Déjeuner chez JJ. Sieste : une heure de tunnel (et je rêve de Mauge ! avec qui j’ai une explication franche dans un bar, mais je suis saoûl et lyrique !). 5 h 30 : répétition aux Pénitents blancs (plus exactement : italienne). Vu Attoun et Roland Fornani. Dîner with Dante, les JJ, les Hocquard, les Fornani. Puis, la pièce. Il pleut, elle s’arrête : le spectacle dehors peut avoir lieu. La chapelle pleine ; du monde refusé. Très bon. Ensuite, l’habituel jusqu’à 2 h 30. Parlé avec les acteurs de Tonton.

15 juillet 1974

Parti vers 9 h. La Bergerie à 13 h (sans m’être arrêté).

16 juillet 1974

Article sur Gatti dans le Provençal. Favorable.

18 juillet 1974

Vers 10 h, croisé la voiture de Dante, Stéphane, Véro et sa fille Nadja. Ils me suivent à la maison. Dîner improvisé. Nouvelles : les 4 soirées à Avignon, gros succès. La presse, y compris France-Soir, favorable. Le papier de Bernadette seul détonnant : très hostile.

19 juillet 1974

Avec Dante à Barcelonnette. Les courses. Il achète un carton de provisions pour sa mère. Parlé d’Avignon, de JJ, des attaques des communistes contre la troupe (Marest particulièrement). M’achète « l’Archipel du goulag ». De la part d’Hélène, me réclame pour lundi (jour où il repasse) les modifications et ajouts de Tonton Couteau. Grand déjeuner avec bordeaux, pizzas, pastèque, et feu de bois dans la cuisine. Ils partent vers 4 h.

21 juillet 1974

Travailloté aux modifications de Tonton Couteau.

22 juillet 1974

Jour du pain. A 5 h 30 arrivée de Gatti. Courses avec lui à Barcelonnette. Grand dîner à 11 h : soupe au pistou. Parlé de JJ (conseillé à Dante, malgré le différend, de le revoir à Avignon demain), du PC et de nos illusions et fausses raisons.

23 juillet 1974

Départ des Gatti à 8 h pour Avignon.

31 juillet 1974

Retour à Paris. Partis à 6 h 30 arrivés à 17 h (768 km).

1er août 1974

Téléphoné à Hélène. Tombé sur Dante qui a lu le contrat. « C’est la galère ! » Réunion mardi pour parer aux galères. Il a vu JJ. C’est arrangé avec lui.

2 août 1974

21 h 30, au 110, réunion Tonton. Dante, Stéphane, Véro, Hélène, Françoise Bauer, (qui s’est renseignée). 1) Les statuts de la SACD interdisent à un auteur de commanditer ses propres pièces. 2) Je suis commanditaire, donc responsable de tout (SS, Urssaf, etc.) 3) Si le spectacle est arrêté à cause de 1, je dois verser à Bensaoud un dédit de 1,5 ! Décidé de faire annuler le contrat – de poursuivre en Belgique et plus tard à Paris dans une salle comme la maison

3 août 1974

Téléphoné pour Tonton : personne ne travaille aujourd’hui.

4 août 1974

A déjeuner Th. Lévy : parlé de l’affaire Rohart, des mutineries en prison, de M. Poniatowski qui fait visiter les prisons dévastées et donne l’ordre de tirer sur les prisonniers – et de Tonton et du contrat (l’emporte, le croit fracassable).

6 août 1974

SACD. Vu M. Baby. Trouve le contrat draconien, mais régulier. Pense qu’il faut négocier avec Bensaoud.
Téléphone de Dante : 1) La troupe a trouvé le fil conducteur de la mise en scène : des oies, des rapaces, luttant pour le pouvoir. 2) Côté Katangais, le producteur se déclare « honoré » de travailler avec le grand Gatti – et offre de l’argent, etc.

8 août 1974

Vu Th. Lévy chez lui : rédigé une lettre pour le Bensaoud.
Av. Leclerc : Dante reçoit Katia Kaupp du Nouvel Obs. (interview). D. raconte la Belgique et Avignon. Remis à D. un dossier sur l’armée symbionaise de libération (Patricia Hearst). Montré aussi la lettre rédigée par Th. Lévy.
Nixon démissionne (Watergate).

10 août 1974

L’aprèms, av. de Versailles : vu Bernard, Danielle, Stéphane, Véro, Guinguin. Hannelore est dans l’Aveyron dans un camp de vacances. Dans l’atelier, un grand tableau inachevé (2 m x 2,50 m). C’est le résumé de l’art sabyen, commencé il y a quinze ans et encore inachevé. Expo au Dragon en septembre : ce tableau doit y figurer, mais Bernard désespère de le finir. Parle d’une usure, d’un manque d’intérêt : « Ca ne m’intéresse plus comme avant ».
A 9 h, av. Leclerc : Hélène, Stéphane, André, Françoise Bauer, Jacky Moreau, Guinguin, Véro, puis, tard, Dante venu de chez Charvein. Apport de fric. Distribution. Reçus. Exposé par Hélène et André de la conception de la mise en scène. On jouera quelques jours à Bruxelles, puis on essaiera Paris (Cité universitaire).

11 août 1974

Cdf de Dante : pense qu’hier j’étais « mélancolique » et que le groupe a pu avoir l’impression que je n’étais pas tellement d’accord sur les idées de mise en scène, etc. Et puis, il y a une gêne, dit-il, à cause de l’argent. Il faudra que je parle davantage avec eux.

12 août 1974

19 h cdf de Dante : a eu Bruxelles au téléphone. Lupi pas libre. Suggère Claudine (qui fut le prof de Françoise). O.K. Il ira en Belgique le 6. Se dit un peu responsable de Tonton et voudrait qu’ils me fassent un « beau spectacle ».

13 août 1974

Invité Obo à venir déjeuner chez nous avec Dante (30e anniversaire de sa déportation).
Cdf de Dante : a parlé avec Stéphane hier. N’approuve pas qu’on surajoute des clowns aux oiseaux. Les oies, bonne idée, les clowns, lieu commun, signe d’impuissance à trouver autre chose (comme Chaussat). J’en parlerai à Hélène.

14 août 1974

Téléphone à Bruxelles : André, Hélène et Jacky pour qui je vais faire une chanson.

15 août 1974

Cdf de Dante, ne vient pas déjeuner : doit faire la préface à l’expo Saby, revoir Carcana, puis dimanche, mener les filles à Pianceretto.

16 août 1974

PM puis av. Leclerc. Dante a téléphoné avec la Belgique. Tout va bien, gros travail d’explication et d’invention. D. va aider Stéphane à La Route pour entreposer les meubles de celui-ci, en attendant qu’il ait trouvé un logis.

18 août 1974

Envoyé chanson à Jacky Moreau.
Clinique. Regardé un film à la TV (Des Touches de J.C. Bonardot). Puis, je décide de rentrer à la maison.

19 août 1974

Retour clinique

21 août 1974

Opération (hernie).

28 août 1974

Cdf de J.-Edern Hallier : se livre à une enquête sur Th. Harlan qu’il accuse d’avoir volé des fonds destinés au Chili (sans compter certaines dénonciations qui auraient entraîné des arrestations là-bas). Veut connaître le passé de Harlan.
Sorti de la clinique.

30 août 1974

La lettre recommandée à Bensaoud (une des deux) revenue sans avoir été ouverte. Il n’a pas été la prendre. Téléphoné : pas de Bensaoud ; ça sonne (Walter Thompson pub, 17, av. Matignon).

31 août 1974

2e lettre à Bensaoud revenue. Toujours personne au téléphone.

2 septembre 1974

A 6 h 30, arrivée de Françoise Bauer. Compte rendu et discussion. Va prendre rendez-vous avec Le Guillochet (et Bensaoud si possible) demain. Dîner avec elle. Elle envoie par pneu demain ma lettre simple à Bensaoud (avec copie de la recommandée).

3 septembre 1974

A 6 h devant le Dupont, attendu Françoise. Discussion dans un café. De là, au Lucernaire. Le Guillochet très à l’aise, c’est l’affaire de Bensaoud. Pense qu’il y a moyen de s’arranger sur tout, sauf sur le 50/50, etc. On peut ramener les 300 à 150 (et ne prend pas sa art, mais alors, pourquoi l’a-t-il fait mentionner ?).
Dîner rue Custine : Françoise à qui je remets 10 000 F. Gilbert de retour parle avec elle.

4 septembre 1974

Cdf de Maïté qui voudrait aller à Bruxelles.
Avec Françoise, regardé quand même la salle du Maine (la Cour des Miracles) toute neuve. De là, au Lucernaire : Bensaoud et Le Guillochet. Bensaoud amical, et d’ailleurs idiot (en dehors du fric). On procède à des aménagements du contrat. Signature éventuelle vendredi.

5 septembre 1974

PM. Vu Croizard, J. Olivier, Claude Chargelègue, Clerc, etc. Ça reprend.

9 septembre 1974

A la gare de Lyon à 9 h pour aller chercher Dante au train de Turin. Café, parlé de la pièce. Il a rendez-vous avec Hocquard au ministère à 5 h. On ira à Bruxelles ce soir. Tél. à Hélène, Françoise Bauer (à Paris), Delcamp (Louvain), etc.
Cdf de Penent : l’article de K. Kaupp dans l’Obs (entretien qui a fait bondir Hélène et jubiler Hocquard) parle aussi de moi ! J’aurais dit de Dante : « c’est un saint » !!
Train 20 h 30 pour Bruxelles. On achète l’Obs : « Indécent », dit Gatti. A la gare, tout le monde sauf Jacky Moreau et Félix. Couché chez le père d’Ivan Vanhecke, absent, Dante aussi. Il me dit de ne pas me prononcer encore sur la salle où l’on jouera (bien qu’ils veuillent, en fait, aller au Vrai chic).

10 septembre 1974

Gatti chez Ingberg. Ivan vient me prendre. Déjeuner avec Ingberg et eux à « L’Ile- St-Louis ». Ensuite, vu à Terweusen (quartier aristocratique) le garage où Stéphane bricole la 2CV de la pièce. De là, à la Maison des femmes : filage de la pièce. A 9 h répétition. Le spectacle me rassure d’abord, et me comble (à moins que ce ne soit le contraire). Petite fête ensuite avec vodka et fraise, et spatts et oignons et fromage. Couché chez Vanhecke. Dante va chez Hélène. Est d’avis qu’il faut aller à Paris, sans plus chercher à trouver un lieu en Belgique. Ce sera le Chic ou la Cour des Miracles. Quelques coupes à faire, me dit-il.

11 septembre 1974

Dante vient me chercher, annonce : « Michel accepte. Vous jouez le 1er octobre ». Magnifique. Avec Hélène, on va à Louvain. Dante y voit Delcamp, revient. Déjeuner. Maison des femmes à 15 h : couper dans la pièce. Là-dessus Françoise Bauer téléphone : ça ne marche plus. Michel ne peut pas avant le 7 ou le 14. Consternation. Décision : on continue pour le 1eer comme si on devait jouer ce jour-là. Demain, on voit Michel. Train de Paris avec Jacky Moreau. Dante et Hélène suivent demain.

12 septembre 1974

10 h 30 Dante et Hélène arrivent de Bruxelles. Petit déjeuner et on file à Belleville. Excellente entrevue. Ce sera le 1er – ou le 7. On décide de tenir la troupe jusque là en la faisant jouer vers le 2 ou 3 octobre au Brabant devant les amis. Visite de la salle où nous attend Françoise Bauer. Déjeuner à la maison. Discussion.
PM. Vu Diwo (dont le fils a échappé à un accident de voiture : 1 mort, 1 blessé).

14 septembre 1974

Matin Jacky Moreau. Discuté de la musique. Souhaite moins de guitare électrique. Un peu rétif, mais rassurant.

16 septembre 1974

18 h Cour des Miracles. Retrouvé Françoise Bauer, puis Georges Michel et les deux responsables des spectacles qui nous précèdent et nous suivent (P. Chabert et un Anglais, Cooks ?). L’Anglais voudrait prendre le créneau de 8 h. Refus. Discussions diverses : électricité, affiches, prix (les autres veulent 15 F, on s’aligne). Rencontré là Pierre Chaussat et Hélène Pronteau (qui s’y produit en « one woman show »). Amertume et déversement de bile : contre Gatti, contre la Cour des Miracles qui n’a jamais fait de pub, etc., etc.… Triste.

17 septembre 1974

Cdf de Dante qui part tout à l’heure pour Berlin. Parlé de Tonton Couteau, des affiches, du scénario (Katangais), etc. A 4 h, Liégeois, journaliste à l’Unité (PS). Il voudrait faire un papier sur la pièce, cherche l’angle.
Après dîner, les Pays venus chercher le texte Gatti (Katangais).

18 septembre 1974

Train pour Gap. La Bergerie.

23 septembre 1974

Vers 1 h, cdf d’Hélène (de Paris). Ils jouent le 28 à Gottechain. Difficultés d’argent. Envoyé 1 500 F.

24 septembre 1974

Des rêves : je suis condamné à mort, guillotiné. Je raconte mes impressions, n’ayant pas souffert. Grande sympathie des autres.
Téléphoné à Hélène. Lui ai demandé de faire venir à Gottechain Maïté, Liégeois et Cornillac.

28 septembre 1974

Ce soir, ils ont joué « Tonton » pour la première fois en Belgique.

1er octobre 1974

Lettre de Dante qui veut être informé sur Tonton.

4 octobre 1974

Déjeuner avec K. Koenigseder et sa directrice de collection. De là, K. me conduit à la Cour des Miracles. Arrivée d’Hélène, Françoise, Sapart, Nini, plus tard, leur compère.
Galerie du Dragon, expo Saby. Très beau. Bernard en pull blanc, assez en verve. Vu Auclair, Helman, Toussaint, Flinker.
Après dîner, chez Hélène. Ivan là. On attend toujours Stéphane et la 2CV bricolée. Disparus.

6 octobre 1974

Cour des Miracles, filage du texte.
Au théâtre. Enchaînements musicaux. A la maison à 11 h. Cdf de Serran – qui s’inquiète pour PM et me demande de participer à un RV des « grosses têtes ».

7 octobre 1974

PM. Ecrit à Dante à Berlin. 100 F Hélène Châtelain, 200 F Françoise.
A 17 h, Cour des Miracles : réunion avec Georges Michel (les heures de répétition, les affiches, etc.).

8 octobre 1974

A 16 h théâtre : on monte le Manessier et la plate-forme.

9 octobre 1974

A 2 h du matin, cdf d’Hélène. G. Michel a lancé un ultimatum : ou on abandonne l’idée de tuer une poule ou on s’en va ! Indignée, moi aussi. Du mal à me rendormir. A 15 h théâtre. Réunion. Hélène fait un exposé sur la situation. Outrée, elle – mais l’exposé l’est aussi. Après consultation, on décide de continuer. On cède – forcés et contraints. Je le dis au membre du collectif Michel (un médecin). Répétition. J. Michaud, un journaliste d’Actuel, Liégeois, l’attachée de presse du théâtre L. Mardore (listes d’invités).

10 octobre 1974

Répétition entre midi et 16 h. Bon. Les préposés à l’installation de la sonorisation regardaient plus qu’ils ne travaillaient.

11 octobre 1974

Ecrit à Dante. Répétition 16 h – 19 h 30. Deux journalistes : celui d’Actuel et Liégeois. Article paru dans Charlie Hebdo assistant à la pièce gratuitement (Salut les radins !).

12 octobre 1974

Avec Ivan au théâtre à midi 30. Filage. Fornari avait amené une des 30 poules achetées et inutiles. Vers 4 h, il y eu des poulets juste devant la porte (une compagnie de CRS, attendant une manif à la mémoire d’un dirigeant du MIR tué par Pinochet).

13 octobre 1974

Aprèms, théâtre. Vu l’affiche, enfin tirée. 20 h répétition des amis. B., A. et une copine, les Baby, les filles Gatti, les Monod, les Krysto, les Pays et Fournier, Chapodot, Penent et Chateauneu qui se brouille violemment (sur une plaisanterie de Penent, ses relations du second en URSS) ; les Thierry Bosc, plus Marie-Marguerite, Clerc, Maïté Morand, J.P. Michaud. Pas entré dans la salle. Observé entre les deux portes. Tout a bien marché. Applaudissements, commentaires positifs de Bosc, Monod (mais regrette la poule qui manque et prive le spectacle de sa « cruauté »). On va reposer le problème au « collectif » demain.

14 octobre 1974

Cdf interview de J.-P. Liégeois. Cdf Hélène : m’invite à manger avec tout le monde chez elle après le spectacle et la discussion. Contents : « On l’a jouée ! Ce n’était pas une répétition. »
Théâtre vers 17 h. Aperçu Cl. Olivier et Copferman, dans un coin du restau avec d’autres (ils préparent, invités par G. Michel, un numéro de Travail théâtral). Vu Toussaint, Cornillac, re-Monod). Salle pleine (les radins). Applaudissements, la troupe ravie. Réunion dîner chez Hélène ensuite. La poule : que fera-t-on : avis divergents. Finalement, on tuera la poule en coulisses et on lui coupera la tête en public.

15 octobre 1974

Pas bougé. Essayé de faire le Gauguin. Le bic me tombe des mains.
PM. Puis théâtre. Dîner avec JJ Lerrant et les Lévêque. Spectacle, resté dehors. JJ est satisfait. Hélène et le groupe arrivent. Discussion sur la poule. Violente par moments – avec ruptures, reprises. Hélène me priant de me prononcer, mais comme quoi : auteur ? Commanditaire ? Liégeois, indigné par la position de pouvoir de G. Michel et de son collectif. Finalement, pour avancer, nous présenterons un spectacle demain complet et les gens se prononceront. En sortant, drame : Tare, la petite chienne de Barbara a disparu. Volée ? Perdue ?

16 octobre 1974

PM l’après-midi.
Théâtre : réunion du groupe. Attitude à prendre : on ne discutera que de la censure ! Katia Kaupp, D. Jamet (l’Aurore), Rabaudy, Bailly (Télé 7 jours), Auclair, Kravetz. La poule décapitée. Discussion ensuite : Hélène, les acteurs, le public. Exposé de Michel et d’Hélène Châtelain, puis discussion. Interventions diverses, majorité d’expressions en faveur de la mort de la poule. Bataille gagnée.

17 octobre 1974

PM. Vu Penent et Château réconciliés.
Théâtre. 2e générale. Très peu de monde. Th. Lévy, R . Crauste, R. Thévenin, les Croizard, Copferman qui repart en rasant les murs. Les autres reprochent au spectacle de leur voler le texte. Mais la représentation, selon Hélène, a été particulièrement mauvaise ce soir. Texte bouffé, trous de Félix, etc. Passé la soirée à discuter avec Denis Joxe.

18 octobre 1974

Carte de Dante : me demande 2 livres (expédiés). Cdf de S. Delattre : un article dans « l’Aurore » de D. Jamet. Pour le texte, contre la mise en scène et le sacrifice de la poule.
Théâtre. Pluie. Très peu de monde (10 à 12 personnes, et moi avec).

19 octobre 1974

Théâtre : 30 personnes, dont les Fontain, les filles Gatti et les Bach (mes neveux). Tous contents, surtout Fontain. Souper en famille.

21 octobre 1974

Téléphoné au Nouvel Obs pour envoyer un programme à un certain Josselin. Tombé sur G. Dumur, aimable – qui parle d’aller voir la pièce. Beuh…
Théâtre : spectateurs payants (la famille). 3 spectateurs imprévus : L. Attoun, Planchon et son assistant Roshin ( ?). Tous trois, et surtout le TNP, ravis, satisfaits. Seul reproche de PP : on n’entend pas tout. Après, chez Th. Bosc avec Ivan. Soupé en compagnie de toute la famille (Daniel Meynard, écrivain, Jacky Moreau, etc.). Rentrés 3 h.

22 octobre 1974

Théâtre : les Grumbach, Danielle et Bernard. Tous enchantés (13 payants).

23 octobre 1974

Cdf J. Cartier (France-Soir). Fournier : Ancelot intervient (Poirot-Delpech). Tél. à O. Merlin pour appui au Monde. Me dit qu’il a commencé son procès contre JP (pour sa mise à la retraite).
Théâtre (6 entrées). La libraire me console en disant qu’elle a vendu dix « Tonton ».
Efforts auprès de Charlie Hebdo (Penent, F. Bauer, S. Delattre). Négatif : n’en parleront pas cette semaine.

24 octobre 1974

Cdf de Liégeois : son article dans l’Unité a paru. Passe au journal en prendre, distribués aux comédiens. Vialatte et sa femme, Guinguin et une amie, les 3 Joubert. 9 payants.

25 octobre 1974

Téléphoné à P. bouteiller (France Inter).
Théâtre. Les Gilbert et amis, les Renevey, les Dupire. 22 payants.
Avec tout le groupe, au Pop Club à minuit. Martine de Rabaudy nous reçoit. G. Michel est là avec les siens, assez tendu (il voit dans notre arrivée un mauvais coup). José Artur nous interviewe entre deux musiques de Jacky. Je parle, paraît-il, vingt minutes. Puis, Hélène, qui a l’élégance de dire qu’il faut interviewer la troupe anglaise. Tout le monde content.

26 octobre 1974

PM. Désert.
Théâtre. Les Léopold, les parents de Vanecke, Colette Godard (le Monde), pas très accrochée, je crois. 21 payants. Bonne représentation, disent les comédiens. « On est bon le samedi ». Présent dans la salle, me dit Hélène, le président d’une société contre la souffrance animale ( ?) pour la poule qui n’a pas été tuée. Il aurait fallu l’insensibiliser.

28 octobre 1974

Cdf d’O. Merlin : le papier de Godard passera mercredi.
Théâtre. J. Bolo, Francis Caillaud et sa femme. Très peu de payants.
Parlé à Stéphane. A besoin de la voiture demain.

29 octobre 1974

Théâtre : 4 entrées. José Destoop, Gouvain le décorateur, R. Matignon (le Figaro) envoyé par Ph. Nourry. Resté jusqu’à 11 h 30 avec Ménager et le groupe – à boire et à deviser. Un article dans le Progrès – mais impossible de l’avoir (grève des Postes).

30 octobre 1974

Un petit papier dans Télé 7 jours. Cocktail de mariage chez les Royer. Les Izis ! On s’est ignorés poliment.
Théâtre. B., Ariane, Mme Moriot et Yvonne, la bonne de Gilbert, les Aymon et les Le Bolzer, M. Martin, sténo. Tous contents. 8 payants.
Cherché l’article de JJ dans le Progrès. Article dans Télé 7 jours et le Monde. Ni bon ni mauvais.

31 octobre 1974

Théâtre. André ne voulait pas qu’on joue, il y aurait à peine 5 ou 6 spectateurs. Et puis, ils sont arrivés : 18 payants. Les Bouise, les Séverac, C. de Portefaix et une amie à elle, les 2 nièces. J. Bouise trouve le spectacle très cohérent. Préfère les scènes au reste. 4 locations pour demain : B. et A. éclatent de rire, ces gens ont peur de ne pas avoir de place !
Visite ce matin d’un inspecteur de la SPA (la poule !). Rassuré par le chef, et s’en va.

1er novembre 1974

Cdf d’A. Morin qui voulait monter « Tonton » et n’a pas aimé et parle de Jouvet et Montherlant…
Théâtre : 18 payants (dont 13 locations).

2 novembre 1974

Très bonne représentation. Un public amusé, attentif (19 payants).

4 novembre 1974

Figaro : papier ridicule sur « Tonton ».
PM. Singer, l’administrateur, limogé. Néogravure en faillite : PM ne paie pas. Atmosphère catastrophique.
Théâtre. La fille de Royer, le mari et 3 amis à eux. Le mari de Nini, Craps. Un critique (radio), M. Abadie. Failli ne pas jouer : Luc parti en Belgique, absent jusqu’à 8 h 30… arrive en courant. Par chance, les Anglais ne jouent pas ce soir. Représentation légèrement calamiteuse. Nini déraille dans la chanson du PNB. Jacky furieux, incident entre eux. Hélène indignée de la conduite de Jacky.
Abadie, très vieille école, trouve que la pièce n’a pas été bien servie par la troupe, a suivi la partition pendant la représentation. 11 payants. C’est la pagaille.

5 novembre 1974

Vu Singer (pour l’appuyer, au moins moralement).
Théâtre. La querelle d’hier soir apaisée. La chanson du PNB non chantée, mais dite accompagnée de claquements et de tapements. Personne : 5 payants. Dumur arrive. En sortant : « C’est épatant, ce qu’ils font… dommage qu’il y ait si peu de monde ! » Qu’est-ce qu’il attend pour le faire venir, ce brave homme ?

6 novembre 1974

Théâtre. On ne va pas jouer, on joue : arrivée de Rajak Ohanian, de Schoendorff.
Et encore : M.H. Camus, et, à la sortie, venus pour m’encourager Isa Clerc et Jacques. Resté avec Jacky Moreau. Situation : coupure au sein du groupe. Moreau et Ivan contre les « preneurs de pouvoir » (André, Stéphane). Calmé un peu l’excitation scissionniste.

7 novembre 1974

Tous les sapajous à déjeuner, sauf Félix (en Belgique). Cdf de Rajak : il verra P. Vial samedi et lui proposera d’acheter le spectacle. Décision du groupe : 450 000 pour un soir, 500 000 pour 3 jours.
Théâtre : 20 payants ! Les Michaud (les 2 femmes), le fils Rennevey, des avocats. Bonne soirée.

8 novembre 1974

PM. Le désert. Pas de parution. Deux numéros perdus.
Théâtre. Très peu de monde, une douzaine. 8 payants.

9 novembre 1974

Théâtre. On croyait qu’il y aurait du monde. Déception. C’est vraiment fichu. Une douzaine d’entrées. Les gens viennent ensuite, en retard. Invités et payants ! 20 payants. Les Burgeat, Haffner, la femme de Félix, la mère d’André, le père de Marie-Christine, 2 étudiants de l’IAD avec le professeur Collard. Avec ½ heure de retard, un critique du « Quotidien », P. de Rosho, qui doit impérativement sortir de la salle à 9 h 30. Juste à une heure de la fin de « Tonton ». Il sort en disant : « C’est terrible… C’est dur , dur… ». Ce que cela veut dire… Quelle espèce !

10 novembre 1974

Au TNP : « Ubu à l’opéra » (avec G. Wilson et Anna Prucnal). Pas très excitant.
Au Lucernaire le soir, seul : Buffet-Bontems de Le Guillochet. Un article de journal. Pas de comédiens. Le projet Vial mort né : cdf à Rajak, Vial n’a pas d’argent – et des difficultés de planning.

11 novembre 1974

Cdf de Sabine D. : le papier de Rosho, paru ce matin (sans qu’elle ait pu le joindre entre-temps) est désastreux. Au théâtre ensuite, je le lis : pas tellement désastreux. Autre papier dans l’Express. Une poignée de spectateurs : 4 payants. Réunion après le spectacle : à l’unanimité, on décide d’arrêter samedi. Les gens ne viennent pas, faute de publicité, faute de connaître le lieu. Ce n’est pas quelques jours de plus qui arrangeront les choses. On propose au collectif de nous acheter le spectacle s’ils veulent que nous restions. Refus. Adios.

12 novembre 1974

Journal : le silence et les « bruits ».
Le Tivoli, en face de la Cour des Miracles : 4 payants. Mais des enseignantes enthousiastes nous proposent de jouer samedi après-midi pour leurs élèves (si elles arrivent à en avoir 25 au moins). (Définition de la semaine : le lundi, c’est catastrophique, le mardi, c’est très mauvais, le mercredi, c’est mauvais, le jeudi c’est pas bon, le vendredi, c’est médiocre, le samedi, c’est passable, le dimanche, on ne joue pas.)

13 novembre 1974

PM. Note des délégués sur la crise de la néogravure : on y parle de « chômage technique ».
Théâtre. 13 payants (dont 5 fourvoyés : ils croyaient aller à une autre pièce dans le voisinage et à un vernissage). Après la pièce, vu Meynard, le beauf des Moreau : parlé de son roman, refusé au Seuil et ailleurs – mais bon, évidemment.

14 novembre 1974

PM toujours désertique – et de plus en plus inquiet. Pas de solution en vue. Chômeurs techniques !
Théâtre : 2 payants ! Le beau-père, M. et Mme Solderila, B., A., Sylvie Desmaisons et son mec, plus un producteur de la radio, intéressé par l’affaire Buffet-Bontems (mais que diable veut-il faire ici ?).

15 novembre 1974

PM. Une note encore des délégués. Rien. Parlé à plusieurs de la nécessité d’avoir une réunion générale pour en savoir un peu plus. Vu Hanoteau, très peu partisan de peiner JP en parlant d’une société de rédacteurs.
Théâtre : 9 payants. Stéphane et Hélène (retour de Montcarré), à la vidéo. On enregistre tout. Cdf de Monod : un professeur souhaite utiliser 3,1416 comme thème de travail pour les étudiants américains en stage à Paris. Des étudiants allemands, de Berlin, nous interviewent. Ils connaissent Gatti.

16 novembre 1974

Last day. Cherché Hélène et le matériel vidéo, puis Cour des Miracles à 2 h 30. Matinée pour les filles d’une école (15/17 ans). Puis, discussion avec elles. Stéphane part pour Berlin vers 15 h.
Dernière représentation. Un peu de monde : 13 payants (contre 37 l’aprèms). Très bonne séance, malgré, ou à cause des gags traditionnels. « Court briefing commun » : la question finances. Ils se retrouvent nus comme des vers. Que faire ? Décidé d’affecter la subvention éventuelle au paiement des salaires. C’est le mois perdu qui nous a coulé.
A 11 h, tout le monde chez Georges pour le dîner final (sauf Félix égaré ? et Stéphane). Parti 2 h du mat. Série de contrariétés toute la journée : la bande vidéo (enregistrée) disparue, passage du futurologue pas enregistré.
Les causes : 1) lieu inconnu – 2) pas, peu de presse – 3) les grèves – la crise.

17 novembre 1974

A 5 h chez Hélène pour voir les bandes vidéo. Certaines parties très bonnes. Le document est précieux en tout cas.

18 novembre 1974

A 1O h au théâtre. Embarqué la 2CV dans une voiture de déménagement (un camion Saviem) et parti pour la Route vers 2 h 30 : les deux Françoise, Jacky Sapart, Luc, André. Françoise conduit le camion. Moi, la méhari. Enlisement à la Route, dégagement par Guillot. Tout est débarqué et remisé. Rentrés à Paris vers 20 h.

19 novembre 1974

Grève générale d’un jour.

20 novembre 1974

Cdf de Hervé Mille : veut me voir pour collaboration à un livre. Cdf du professeur qui fait étudier 3,1416 par les étudiants. L’aiderai-je ? Oui.
Vu Mille. Voudrait que je fasse un livre avec des idées de nouvelles, tirées de son expérience personnelle (secrets de grande famille), un autre avec des récits historiques (Munich, De Gaulle, etc.) Pas réussi à cacher mon peu d’enthousiasme. Anecdotes diverses sur J. Prouvost.

21 novembre 1974

Prêté la voiture à Françoise, André, Nini, pour aller à la Route chercher des objets réclamés par le théâtre (cales, planches).
PM : ça repart, dit-on. Mais dans quel état !

22 novembre 1974

PM. Vu Château – qui me parle de son prochain roman et de la question incluse : pourquoi l’ouvrier ne songe-t-il qu’à fuir l’usine ?
A la Cartoucherie : « Tu ne voleras point » (Aquarium). Petit cabaret politique (Lip, les frères Villot, les prisons). Pas ennuyeux. Vu Th. Bosc, et Chaussat, l’amer.

23 novembre 1974

Le soir, cdf de Rognoni qui voudrait que je donne Tonton à la radio (ou 3,1416).

24 novembre 1974

Dans le Journal du dimanche, entrefilet en 1ère page : « Mort de Maufrais ». Cdf de Rognoni : « Tu l’as ton sujet ».

25 novembre 1974

Train pour Lyon 7 h 45. La ville défoncée par les travaux du maire – devant Perrache des blockhaus de béton pour l’autoroute, la rue de la Ré interdite et ruinée, couverte de machines, creusée de fondrières : leur métro. Dîner chez Marie-Rose : JJ, Paul Bouchet, Lévêque. Au dessert, Rajak avec les photos de Tonton. Très bonnes. Téléphoné à Gatti à Berlin : il était là, justement. R.V. pour Rajak à Berlin. Téléphoné à Paris à André sur le champ pour savoir s’il vient ou pas à Berlin. Duplex parfaitement réussi.

26 novembre 1974

Déjeuner avec Marie-Rose et les Lerrant et Beauguil, directeur du Tournemire : il est prêt à nous recevoir, mais n’a pas d’argent pour acheter le spectacle.
Avec les Lerrant, à la « Marche » de Boeglin (patronné par le TNP Planchon) : une saison en enfer (G. Guillaumat, récitant). Bon.

28 novembre 1974

PM. Tout repris. Mois double.

30 novembre 1974

Revu « Mme Noël ». Ajouts et corrections.

2 décembre 1974

52 ans. Je regarde ce nombre, incrédule.

3 décembre 1974

Cdf de Françoise Bauer : on a une subvention de 7 500 F (52 troupes pour 10 millions : on a été favorisés).
Cavi : les amours du président. Sujet à la mode. Penent m’en a parlé et Georges (Malidor, la danseuse). Cavi : de Dekker, photographe de Sigma, maîtresse en titre de J. Eld. Cleaver. Giscard, Louis II de Bavière – selon Cavi, la citant.

6 décembre 1974

Déj. Avec Rognoni : projet radio (Maufrais).

9 décembre 1974

Tél. SACD : 3 500 F à mon compte. D’où ?

10 décembre 1974

Déjeuner à Malakoff chez les Bauer et Wilms. Vu ensuite Isabelle, Agnès, et Véro. Discuté du dossier pour la commission subvention (la 2è), de la possibilité de placer Mme Noël chez Attoun, Théâtre ouvert, et de faire voguer Tonton en province.

11 décembre 1974

Mort de Pierre Asso.

16 décembre 1974

Lettre et invitation de Ledoux pour le festival de Knock-le-Zoute.
11 h amphithéâtre hôpital Laennec. Petite cérémonie (signature d’un registre, recueillement devant le corps) pour Pierre Asso qui a légué son corps à la médecine. Vu Champion, et des acteurs : H. Deschamps, F. Chaumette. Asso, mort près de l’Odéon, discutant de son rôle dans Othon avec J.P. Miquel.

17 décembre 1974

Pierre Vial, remercié. Quittera en juin Saint-Étienne.

19 décembre 1974

Cdf d’André. Grâce à tonton, a reçu deux propositions Monod pour Galilée à Saint-Étienne, ou Chaillot avec Engel. De même chez Chéreau pour Jacky Sappart.

21 décembre 1974

A déjeuner, Jacky Sappart. Conseils sur le journalisme (Liégeois l’accueillerait à l’Unité pour des papiers de faits-divers). Me remet le journal fait autour du projet Lumumba (la Palabre).

23 décembre 1974

Après-midi, PM. Chato, Hanoteau, Croizard, Pierre Bois. Projet d’un journal de textes, pas cher, très libre, ouvert.

24 décembre 1974

Jacky Sappart dans l’aprèms. Lui ai donné 70 F (Paris-Bruxelles et retour), comme on ne pouvait pas l’emmener demain dans la voiture.

25 décembre 1974

Bruxelles à 13 h. Train pour Knock-le-Zoute à 2 h. Pluie et pluie. Hôtel Astoria. Séance inaugurale des films primés. Rien à voir.

26 décembre 1974

Du vent à ne pas tenir debout. Marché, puis les films : un festival de masturbation (féministe), de zèbres et de dézébrures, d’ascenseurs up and down, etc. Dans l’ensemble, emmerdant.
Vu J. Ledoux, donné un « Tonton ». Deux pièces de théâtre jusqu’à 1 h. « Calligraphie » (Emilio Galli) couvert de bruits, de rires, cris, interventions plus ou moins idiotes et « Judas » (théâtre de Newcastle) plus mauvais et plus applaudi.

27 décembre 1974

Meilleure journée de cinéma : White in bad Lights (Méditation), Vase de noces (amour d’un homme pour une truie, coprophage et suicide), et, hors festival,
(belles images). Entendu un peu partout d’insupportables français journalistes littéraires, bavassant, jacassant.
Etc.