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1979

Pierre Joffroy était son nom de plume. Maurice Weil celui de l’etat civil.
Né en 1922 À Hayange en Moselle, il monte à Paris en 1945 après être passé par Lyon où il s’était réfugié en 1941, rejoint plus tard par son frère Gilbert .
Entré au Parisien Libéré dès son arrivée dans la capitale il réalise un de ses premiers reportages en s’embarquant sur un « rafiot » chargé de juifs européens  rescapés des massacres nazis.

Ici commence l’histoire des carnets dont certains disparaissent à l’occasion de ce voyage en terre de Palestine en 1947.
Il s’agit d’un petit agenda (un par trimestre) sur lequel il note rendez-vous, rencontres, conversations téléphoniques, lectures, sorties, projets et ceux de ses amis.
Le format n’autorise pas le développement comme encore moins les épanchements (même si on trouve quelques cris du cœur).
Ces carnets pourraient être (sont) comme une gigantesque table des matières d’un livre à venir, un vaste index qui renvoie à autant de pages qui ne sont pas encore écrites.
Au commencement était le verbe. Reste à trouver la suite.
À vous de lire ce projet de « livre total ».
À vous de nous donner des informations complémentaires que la lecture de ces 20 premières années (1947-1968) vous inspire.
La suite, 1968-1980, puis 1980-2000, paraîtra dans le courant de l’année 2021.
Les carnets n’avaient jamais été lus, ni déchiffrés avant 2008. Ils ont été photocopiés puis déposés à l’IM.C.(Institut Mémoires de l’ Edition Contemporaine) avec les archives de Pierre Joffroy où ils peuvent être consultés.

Choisissez une année 

2 janvier 1979

Remise par Alexandra du document de l’archevêché (prince).
Cdf à Hélène : Dante est parti dimanche soir, 6 h de train. Neige, froid et debout. Je lui dis qu’il pourrait s’agir de calculs au foie, il est sujet aux coliques néphrétiques. C’est aussi son avis.

4 janvier 1979

À 11 h 30, place St-Sulpice chez Laffont pour y voir G. Belmont. Accord enthousiaste pour une lecture du livre.
Dans le métro, en venant, rencontré Kravetz. 1) Libé, à le croire, n’en a plus pour longtemps. 2) Il a un éditeur (Ramsay) qui lui veut énormément de bien. Je le renvoie à Dante pour décider ce qu’il faut faire.
À 15 h, Joseph l’Irlandais, un peu inquiet du film projeté : « Je suis un cosmopolite et je ne peux pas prétendre représenter l’Irlandais ». Je lui ai versé Joyce dans les pattes… Parti rassuré.

5 janvier 1979

Neige. En taxi au 110 vers 9 h 30. De là, avec Dante et Hélène par le métro, à Bichat service de Thibault jusqu’à midi. C’est probablement une lithiase de la vésicule ou du foie. Examens complémentaires à Bichat.
Aprèms, visite de Claude Grumbach : va bientôt rédiger sa thèse de doctorat de 3e cycle (sur le théâtre et la vie). Je lui propose, pour débarbouiller ses idées, un entretien avec Dante – et une lecture de son texte avant la présentation. Carte de vœux de Jean Davidson – de Floride. Pas très gaie.
Sur 8 col dans France-Soir « C’est la catastrophe ! » Tout ça, pour un peu de froid et de neige.

6 janvier 1979

Avec Ariane chez Georges. Déjeuner avec Kravetz. 1) L’article Tibet (qu’il emporte). 2) Mon bouquin (il en parlera avec Dante) ; hier, il a vu Ch. Bourgois à qui il a eu envie d’en parler.
Au 110 à 17 h. Échanges avec Gatti sur le scénario. Rédaction d’une version 2. Dîner avec Hélène, sa fille, Claude puis Amphoux.

7 janvier 1979

À 18 h au 110. Rencontré Michel Arbatz en y allant. Mise au point sur l’Irlande. Mars-avril : 1ère équipe préliminaire (Dante, moi et ?). Octobre-janvier : le film. Joseph accepte le rôle de Joseph. Dîner ensuite avec saumon de Joseph et colin de Gus.

8 janvier 1979

Ville l’Évêque, maison diocésaine de Paris, chanoine Maillet : croit à l’authenticité du document Alexandra (mariage secret), mais l’archiviste non. On me téléphonera.
Cdf à Hélène : Dante est hospitalisé à Bichat ; tout va bien. Vu dans la docu Auschwitz que le Faurisson me citait. Commencé une lettre à l’individu.

9 janvier 1979

Salle Charcot, chambre 3 : Dante assis dans son lit, lisant. Examens presque finis. Opération fixée à jeudi 11 – à froid (ablation de la vésicule). Parlé tranquillement jusqu’au dîner. Irlande, mon livre. Terminé lettre Faurisson.

10 janvier 1979

Vers 18 h à Bichat pour Gatti passé de médecine en chirurgie. Opéré demain matin. Avale une soupe à 6 h 30 et diète. Lui ai montré la lettre F. Tout à fait d’accord.
Cdf de Pays : son fils à Fresnes (stups).

11 janvier 1979

Envoyé la lettre à Faurisson (plus au Monde, Wellers, Lyon 2, J.-J., Amicale d’Auschwitz, Wormser, Migot).
Téléphone à Bichat à 2 h : tout s’est bien passé. Cdf à 4 h, puis allé là-bas : on finissait de lui refaire le pansement. Il a à peine ouvert les yeux, bredouille quelque chose avec un geste de douleur, et de nouveau dans les vapes. Reparti 5 h 15.

12 janvier 1979

Téléphone à Thibault : 38°. Mais tout va bien, dit-il. Essayé de joindre Hélène, en vain. Travaillé Auschwitz. R.V. Hélène 18 h place Clichy. Bichat. Dante bien mieux. Éveillé, lucide, parleur. Perfusion plus un drain. Ne souffre plus. Longue conversation sur l’hôpital, le chirurgien, la future convalescence. Dit que je devrai aller seul en Irlande en mars ou avril (mais il sera debout d’ici là). Quitté 8 h 30.

13 janvier 1979

À 1 h, à Bichat avec un pyjama nippon et un éventail. Dante un tout petit peu moins bien qu’hier. Un peu de fièvre. L’ai aidé à se relever sur l’oreiller 2 ou 3 fois, et se laver le dos avec de l’eau de Cologne. Demain, pourra prendre un thé.

14 janvier 1979

Bichat : D. en très bonne forme. Tiré d’affaire. Question de lui ôter la perfusion et de le nourrir.

15 janvier 1979

Lettre du « Monde » à qui j’ai communiqué la lettre à Faurisson et qui ne veut pas la publier.
14 h Bichat. Plus de perfusion. Dante se considère comme un « drecksack » ou quelque chose comme ça pour n’avoir pas réagi bien à la joie de l’infirmier de nuit qui lui avait annoncé : « Je crois bien que j’ai sauvé le 27 ».

16 janvier 1979

Bichat : 14 h. Apporté thé en thermos. Ne lui reste plus qu’un drain. Parlé de Thérèse d’Avila (qu’il lit : apprend qu’elle est juive, l’identifie à Édith Stein, partie mourir à Auschwitz), et des messies. (Classification : 1) le messie ; 2) les messies provisoires ; 3) les faux messies : Salaton Zvi). Me montre dans le « Monde » une lettre de Faurisson. Un comble.

17 janvier 1979

Avec Alexandra à l’archevêché pour l’acte de mariage.

18 janvier 1979

11 h chez Laffont : remis le manuscrit à Belmont. Il a lu les premières pages : excité.
13 h 30 Bichat avec le thermos de thé habituel. Il sort jeudi prochain. Encore parlé des juifs (et de Faurisson) – et un peu de l’Irlande.

19 janvier 1979

10 h Pringot : plan pour ma « formation » université.
Cdf à Wellers, à propos de Faurisson. La publiera peut-être dans le « Monde juif ». Cherche aussi à faire quelque chose contre le faussaire. Ils étudient la question, lui et la licra. Lettre de Bernardet, président de Lyon 2 : l’université n’est pas responsable des élucubrations de Faurisson. S’excuse, néanmoins.
6 h 30 Bichat. D. en forme, assis, lisant. Échange de thé – et de propos qui ne cessent de tourner autour d’Auschwitz et des générations présentes inattentives, indifférentes. Aussi l’Irlande. Aimerait avoir le remake du synopsis. Je vais m’y atteler.

20 janvier 1979

Écrit la moitié du synopsis Irlande. À 2 h à Bichat avec yaourt et thé. Il y avait les Hocquard et Dubois. Hocquard est prof à Vincennes : le problème « formation » est résolu. Le soir, avec Moreau au petit Forum. Anna Prucnal très bien. De là, chez eux, bd Beaumarchais avec un journaliste anglais, très fin sous une carcasse plutôt grossière.

21 janvier 1979

Bichat : thé, yaourt, crème. Demain, examen. Un peu inquiet : il a trop interrogé les opérés de la vésicule circum – voisins… Venus aussi Anne-Laure, puis Stéphane et Hélène. Télé (A2) : 9 h 50. L’affaire Peiper de G. Arnaud. Remarquable. Le lui ai téléphoné immédiatement.

22 janvier 1979

Invitation à un colloque en avril sur l’enseignement des crimes nazis.
12 h déjeuner avec Hocquard et Avignon (secrétaire de la commission avance du cinéma) pour le film irlandais. Allé au relais Boccador, le restau de Mille. Mille venu, ravi de m’y voir. Croisé Thérond, Filipacchi, etc. N’y aller que rarement.
Terminé synopsis (15 pages). Bichat. Examens faits. Pas de résultat. D. sera changé de lit. Visite inattendue à Bichat de Mack (Jean Bouise) ex-opéré de la vésicule.

23 janvier 1979

Tapage du synopsis. 13 h 30 Bichat. Plus de « cassolette » à traîner. Le drain enlevé ce matin. Visite de Gus, puis de Jojo (J.P. Duret).
Tapé 13 pages, finirai demain. Cdf de Mack : s’il peut aller revoir Dante, s’il a besoin d’argent, ou moi…

24 janvier 1979

Fini le taping de l’Irlande, juste avant d’aller avec Ariane à Bichat. A changé de local : passé chez Thibault, salle Charcot, une chambre à part. Vu T.V.
Reçu lettre de Faurisson. « Courtoise ». Infecte. Rédigé réponse courte.

25 janvier 1979

Pointé rue de Crimée. Désormais plus nécessaire : 56 ans. J’enverrai le 20 du mois un feuillet probatoire.
Contrat rompu, me dit Mme Cohen (le livre Auschwitz). Grasset voulait mentionner Simone Weil dans ledit contrat pour être sûr qu’elle en serait, pour la contraindre. Ils vont chercher ailleurs.
Déjeuner près de Libé, avec Péninou : donné texte Tibet, fait viser attestation chômedu. Me suggère de voir Faurisson.
18 h 30 : Bichat. 1) Irlande : ne pas tricher sur le sujet (en racontant, pour se faire accepter par la Commission, une autre histoire). 2) Faurisson : ne pas répondre.

26 janvier 1979

À 1 h 30 Bichat. Dernière visite. C’est aussi son anniversaire (55 ans). Me suggère de téléphoner lui-même à Schmitt (le Point) possible éditeur. Arrivée ensuite d’une autre visite : Sophie ? qui était au Figaro, je crois.
Envoyé lettre à Faurisson.

27 janvier 1979

Reçu lettre de Schmitt. Me mettre en contact avec lui.
Cdf d’Hélène : Dante rentré vers 10 h.
Tapé directement 1 h ½ d’Auschwitz. Lu des bouts de Finnegan’s Wake. 19 h 30 cdf de Dante. Me raconte son départ de l’hôpital. Ph. Thibault, ému, Dante lui a fait cadeau d’un dessin de Moretti. Irlande : des difficultés (téléphonage avec Dardenne).

28 janvier 1979

6 h 30 cdf de Dante : 1) il a trouvé le producteur qui sera la Tricontinentale (25 à 30 M) ; 2) Séonnet fera la présentation (pourquoi la vidéo) ; 3) Dès qu’il aura rédigé le scénario Tamié pour le film de l’Isle-d’Abeau, me téléphonera et on ira travailler à la Route.

29 janvier 1979

À 4 h dans le café Ponthieu. Paul Baudry, vu Noli (pour une attestation chômedu). Il e propose de le remplacer à VSD qu’il quitte le 1er mars. Remercié, mais le choix, la formation et l’Irlande, sont de plus précieux avantages. Me dit qu’on lui donne 6 M et 50 % de salaire pour faire le nègre chez Lattès (un bouquin policier). Vers 5 h, au même endroit, Braudeau. Il a vu Th. Harlan, dont le film sera présenté en février mais qui « a perdu sa flamme ». À l’Express, B. a peur de « monter ». On veut faire de lui un chef de service. Me questionne sur le livre. Me suggère Hachette qui a publié le gros bouquin de Perec (La Vie – Mode d’emploi).

30 janvier 1979

Vers 11 h, cdf de Dante. Essayer de se procurer le film de propagande nazie sur l’Irlande. Me dit, qu’hier, allé à l’Épicerie pour y travailler : 5 à 6 h avec Stéphane et Claude, il a eu un terrible coup de pompe : douleurs, nausées, etc. « Il me manquait le yaourt et le jeu des thermos de thé… ». En téléphonant à l’ambassade d’Allemagne, appris que Hildebrandt (comme l’avait suggéré Gatti) était mort (l’ai-je su et oublié ?).

31 janvier 1979

Cdf à Dante. Va bien. Inquiet des affaires INA-FR3. Le trésorier INA refuse de payer, la Cour des comptes doit se prononcer là-dessus aujourd’hui. En cas de refus, ce serait la ruine : vente des caméras, etc. FR3 a fait savoir aussi à l’INA que passer du Gatti en ce moment lui paraissait « inopportun ». Un peu catastrophé.
Lettre de Chamonix de mon confrère et filleul, le fils Hocquard.

1er février 1979

35 ans aujourd’hui que Théo est mort.
BHV : depuis les 3 explosions de décembre, la garde veille.Une ligne de jeunes gens barre les portes et fouille les sacs et manteaux.
À 10 h chez Gatti. Installé au 1er dans la chambre de Barbara. Pas de nouvelles de la Cour des comptes. Me dit : « Il va peut-être falloir que je demande une place à Diwo ». Il y a longtemps que je ne l’ai entendu formuler une telle hypothèse – même en plaisantant. Me dit que Faurisson a enfin son procès : celui qu’il fait – ou plutôt la plainte qu’il adresse contre les trublions qui sont là à chacun de ses cours.

2 février 1979

17 h le Point 140 bis, rue de Rennes : Jean Schmitt – à qui je remets le livre. Vu ensuite Monique Le Bolzer.

6 février 1979

Lettre de Cornillac à qui j’avais prêté la pièce (Mme Noël). Peut pas la monter.
Terminé Auschwitz. Ne restent plus que les ajouts et corrections.

7 février 1979

Vers 4 h 30, au 110 Leclerc. Réunion sur l’Irlande. Dante, Châtelain, Stéphane, les 2 Dardenne venus de Belgique, Séonnet, Dubois, Mumu, Claude, Gus, Amphoux, Hocquard, Sapiéga. Question : Que choisir ? Le 16 ou la vidéo ? Finalement : vidéo en noir et blanc.

9 février 1979

Le soir à la télé, le film fait sur le jugement des conjurés du 20 juillet. On parle de résistance – et pas une seule fois n’est cité le nom de Gerstein.

12 février 1979

Lecture « intégrale » de Heine. Le 1er de tous, avec Hölderlin.

13 février 1979

Fini Auschwitz. Mort de Jean Renoir.
Porté à l’Amicale d’A. le texte dactylographié. Remis à Mme Alcan. Vu là un docu : un convoi de Beaune-la-Rolande le 23-9-42 pour Auschwitz avec 1 000 juifs, dont le n° 120, baraque n° 18, Maurice Weil né le 12-5-76 à Paris, demeurant 77 rue du Fg-St-Denis.
Cdf à Dante : me parle d’un tableau de Klee, mentionné par Benjamin, « Angélus Novus » et qui contient tout notre film sur l’Irlande. Me demande de nouvelle du livre : pas de nouvelles. Télé : « Holocauste ». Le fond du tableau est juste. Rien à demander de plus.

14 février 1979

Lu du Heine (Livre des Chants). Cdf à Gatti que je ne peux aller voir. A vu « Holocauste » hier : « C’est quand même malheureux qu’il faut passer par le mélodrame… ». J’objecte l’information  « qui au moins est donnée ». « Mais ça change tout, ce ne sont plus des juifs. C’est etc. «  « Je crois que je suis le dernier des juifs ».

15 février 1979

De 4 à 7 au 110 avec Dante et Stéphane. L’Iran, holocauste, l’irrationalisme nazi. Th. Harlan le tarabuste au téléphone pour qu’il vienne voir son film. La Route : on ira après le 28, date de sa visite de contrôle à Bichat.
Envoyé formule remplie et 35 F pour carte de journaliste 78.

21 février 1979

Tél. à Péninou : le papier Tibet d’Ariane – Canadien doit passer.
16 h Cdf de Harlan qui m’invite à la projection de son film. Refus (grippe). Voudrait me voir en avril quand il reviendra. A su par Braudeau que j’ai écrit un « gros livre ». Prépare un autre film et un volume de poèmes en français. La voix est la même. Et lui ?
Long cdf de Gatti : la situation en général. Plus d’Avignon, le téléphone coupé à l’Épicerie, INA dans le marasme : « Moral excellent. Nous coulons à pic ». A trouvé le 2e épisode d’Holocauste imbuvable.

23 février 1979

Cdf de G. Arnaud et visite consécutive. A besoin de 1 000 F. Parlé un peu. Pessimiste. Suggéré qu’il demande au nouveau périodique « de gauche » (« Maintenant ») de l’envoyer au V.N. À 4 h, vu avec Mme Cohen – un tantinet tatillonne – le texte Auschwitz. Accord final.

25 février 1979

Avec A., regardé 3e épisode d’Holocauste. Avant, on a montré des photos d’archives américaines, images d’Auschwitz prises d’avion.

27 février 1979

Cdf de Dante : propose de venir rue Custine travailler de samedi à dimanche.

28 février 1979

Déjeuner au Palais. À 1 h 30, à la 11e, procès Petridès-Francelet (ancien photographe de PM). Toute la faune des galeries.

1er mars 1979

Cdf qui m’invite demain au film de Harlan. Lecture de W. Benjamin, prêté par Dante. Enfance berlinoise.

2 mars 1979

11 h. Fg-du-Temple : ciné Action. Le film de Harlan : « Torre Bella ». L’expropriation d’un domaine portugais (duc de Bragance). Une révolution sociale, remarquablement rendue, sans « reconstruction ». On était 2 dans la salle. Et, à la fin, Harlan, que je croyais parti, était là. Cheveux gris, les traits marqués. Embrassade. Il y a eu, dit-il, beaucoup de critiques excellentes. Les Cahiers du cinéma vont publier un papier, etc. Part ce soir pour Rome.

4 mars 1979

Cdf de Dante à 10 h 30. Pour l’Irlande, on se verra jeudi. Il a du retard. On devait commencer hier ou aujourd’hui. Cdf de Michel Arbatz. Part pour Dublin.

5 mars 1979

Cdf l’aprèms de Lucy Ulrich. Cherche à voir Dante. Donné le téléphone. Cdf à Dante : elle veut tourner un film avec lui ; plutôt Tourna, le Yougo de l’Enclos, maintenant au Kenya, qui lui a (à Ulrich) parlé de ce projet.
Dans Libé, l’interview du Dalaï Lama (donné par Ariane). Elle est folle de joie.
Jeté quelques idées sur Hitler en tant que bouquin. Un essai à faire.

6 mars 1979

Cdf d’A.M. Blanc du Seuil. Me parle du livre de Laurent sur Fleurance. Le souhaiterait moins « syndical », moins détaché : Accepterais-je de rédiger un texte en plus qui montrerait Fleurance dans sa réalité, etc. Refus. C’est à L. de la faire.

8 mars 1979

Cdf de Lucy Ulrich. A vu Gatti. A besoin d’une signature pour la prolongation de l’Enclos. Cdf à Gatti : elle lui a donné un chèque de 1 800 ( ?). Me dit que j’ai droit à 600. Refusé.

10 mars 1979

Lettre d’un viticulteur de Gironde m’avisant que Penent m’adresse 2 caisses de vin.
Chez Georges pour déjeuner avec Gatti et les Michaud. Malentendu. C’est remis.

12 mars 1979

Gatti à la maison. Travail sur l’Irlande. Couchés à minuit.

13 mars 1979

Avec Gatti, à l’Épicerie voir un film BBC sur Derry. Visionné du même coup 2 films de l’Isle-d’Abeau : les Loulous (Hélène), les Outils (Cl. Mouriéras).
Revenus travailler. Scénario très modifié. Cela devient une tragédie grecque. À minuit, cdf de Cl. Mouriéras – à propos de critiques faites par G. à son film : décalage son-image. Il repart à l’épicerie régler le problème. Reviendra demain matin.

14 mars 1979

Gatti revenu à 11 h. Reprise du travail après la sieste.

15 mars 1979

Chez Hocquard rue de la Cossonnerie, cherché attestation Assedic.
Travaillé Irlande avec Gatti. Le Monde : mort de Michel de Ré. Gatti : « Il était plus jeune que nous ».

16 mars 1979

Lettre de Harlan demandant que j’appuie son film en envoyant des gens le voir.
Fini le scénario à 19 h 30. Filé chez Belmont rue St-Dominique. Dîné dans un restau du quartier. Revenus chez lui. Examen des 150 pages qu’il a lues hier. Critiques fondées et infondées. « Ça ne ressemble à rien que j’aie lu. » Parlé de Joyce et Beckett qu’il a bien connu.

17 mars 1979

Cdf de Dante : « Alors ? » Récit de la rencontre Belmont. Me dit ensuite qu’en rentrant, il s’est effondré hier soir – et venait juste de se réveiller (11 h).
Tapé toute la journée le projet Irlande, jusqu’à 1 h du matin. Et il en reste !

18 mars 1979

Renoncé à aller à la Route. Tapé le reste. Fini à 5 h. R.V. Gatti demain.

19 mars 1979

10 h 30 visite de Jacky Moreau, venu prendre deux ou trois bouquins. Longuement conversé autour d’un pastis.
13 h chez Georges. Déjeuner avec Gatti, Jacky Sappart, Kunze (traducteur allemand de Gatti), et sa femme Chantal. Remis à Dante le manuscrit tapé.

22 mars 1979

Train pour Strasbourg 13 h 18. Arrivée 17 h 48. Jacky à l’arrivée. Nous conduit à l’hôtel. Puis, à la Weinstube près du lieu théâtral (« hôtel moderne », annexe de la mairie – « Tout Kafka »). Vu là : Dubois, André Wilms et le metteur en scène un certain Jacques Blanc. Il me recommande d’être là à 7 h 45. On y est avec Dubois. Pas de places. Revenez pour la 2e à 8 h 45. On est là à 8 h 30. On fait passer tout le monde (ceux qui n’ont pas de billet : Théophilidès, actrice, des critiques, Dubois) et nous pas ! Laissé un mot à l’adresse de ce Blanc : « Nous avons vu tout Kafka. C’était merveilleux ». Cela nous aura coûté 800 F : le spectacle rêvé. Retourné dormir à l’hôtel. À la télé dans la chambre, un reportage sur le Dalaï Lama.

23 mars 1979

Envoi dune lettre à André et d’une épitaphe à Mossieur Blanc. Visite à la tante. Train Paris.

24 mars 1979

Cdf à Dante (qui a téléphoné hier). L’Irlande (scénario) très bien accueilli par les Belges (Ingberg, Perot). Mais l’argent du film ne sera disponible qu’en décembre – l’argent de l’écriture en septembre. Départ pour l’Irlande peut-être remis d’un jour. Lui ai raconté l’histoire de Strasbourg. Ça ne l’étonne pas trop. Il a eu affaire, lui, à Vincent.

25 mars 1979

Cdf de Dante : Irlande vendredi (30). Demain, 1er film monté à l’Épicerie.

26 mars 1979

Visite de Peter Kunze (à qui je remets le Poisson noir et le Crapaud-Buffle). Reçu du vin de la part de Penent. Lui écris. À 6 h, à l’Épicerie pour y voir le 1er film un peu fini (celui de Claude, les Lettres, Dala, etc.), avec les Hocquard, le Kunze, Stéphane, Hélène. Mon histoire de Strasbourg obtient le plus franc succès.

29 mars 1979

A la télé (Antenne 2) vers 10 h 30 vu Pia Colombo, tête rasée, bouleversante. Sort d’un cancer.

30 mars 1979

Cdf de Gatti : départ demain 13 h à Orly.

1er avril 1979

Pas chauffé. Gatti parti voir Joseph

2 avril 1979

Avec Gus, de nouveau vers les quartiers cathos – à pied. Des enfants écrivant IRA avec un doigt trempé dans la graisse de bitume. Tous les pubs et bars du coin disparus (sautés). Déjeuner improvisé : soupe, pâté et gâteau dans une pâtisserie.
Assisté à la fin d’une répétition au Lyric Théâtre. Dante consterné – surtout par la présence d’une danseuse. Après dîner au Common Room de l’université, reparti avec Gus. Quartier central : la fouille individuelle. Et le silence de désert. Ressortis, retournés au théâtre. Fin de la « couturière ». Au Common Room, discussion : Dante, Michel et Joseph. Couché 11 h 30.

3 avril 1979

Billets d’avion incertains (grève à Manchester – pas de place à cause des vacances). Horaires trains de Derry. Théâtre avec D., Joseph et Michel, au York pour déjeuner de sandwiches. L’aprèms, dans une chambre avec Gus, lecture d’un bon kilo de journaux irlandais. Dîner au chinois. Théâtre. Plein. La Première. Ça marche. Les erreurs les plus apparentes ont disparu (la danseuse omniprésente, la musique envahissante, le fin défaitiste, etc.). Rencontre d’Eamon qu’on verra demain à Derry. Bière et bière. De là au club ? rincée finale… Je suis un marin du Connemara.

4 avril 1979

Train pour Derry à 11 h 15. Incident sur le pont : panne sèche. Intervention immédiate de la police : mitraillettes braquées. 2 h de trajet. Un Canadien idiot dans le train. À la gare de Derry, un inconnu nous prend dans une vieille voiture, nous emmène à la Cité. Le Pont, les 2 villes. Long entretien, après un tour au pub, avec Eamon et Colm. Journée splendide sur la ville : soleil et ciel bleu. Pension dans le haut de la ville. Dîner 6 h 40. Clarence House. Tour de ville : pompiers, descente de soldats, pierres sur l’auto blindée. À 9 h au Centre. Confrontation avec les membres du Comité. Accord sur le film. Et pub jusqu’à 11 h 30. Couverture chauffante (descendu beaucoup de Guinness).

5 avril 1979

Visite du workshop avec Eamon. Pub le Siège Bar. Visite de la ville insurgée (1969-1979). Chez la mère d’Eamon – puis à trois, à Creggan. En redescendant, arrêtés et interrogés par les militaire : « Pourquoi vous intéressez-vous aux installations de sécurité ? ». En ville, les S.S.patrouillent. Pluie fine. Accident d’une voiture près de la cathédrale. En rentrant, appris que deux soldats ont été tués à Belfast aujourd’hui. À 9 h avec Eamon, pub : débat sur le théâtre. Mort ou vivant ! Re-Guinness. Rentrés minuit 30.

6 avril 1979

Levé 7 h. Paddy Doherty, président du workshop, nous amène à la gare. Train pour Belfast 8 h. Brouillard épais. Dante avec Joseph et le journaliste de l’Irish Times (plus un photographe). Gus et moi nous occupons des billets de retour (places pour Dublin samedi ou dimanche). Finalement, Gus partira demain et nous lundi. Nous irons tous les trois avec Joseph à Dublin.
Dîner fait par Michel Arbatz pour tout le monde. Puis, le théâtre : assez peu de monde 60-70 (pour 300). Mais pas de publicité – et les étudiants sont en vacances. 1ère partie un peu molle, bien mieux ensuite. Rencontre d’une française mariée à un grand Ulsterien protestant, ouvrier aux chantiers navals et qui écrit une pièce sur une grève de cinq mois pendant les troubles. Puis, au Club. Retour au 45 Cromwell. Dormi avec D. au 2e. Un froid de canard. Glacé.

7 avril 1979

Partis pour Dublin vers 11 h. Arrêtés pour achats à Drogheda, sur la Boyne – la râpe à fromage, sujet de lazzis de Dante. Conduit Gus à l’aéroport. Traversée de Dublin (collège de Joyce, Stephen Green). Puis, à Dun Laoghaire vers 6 h chez la mère de Joseph – où nous logeons. Mme Dean m’a mis une bouillotte dans le lit.
Dîner de bœuf acheté hier à Drogheda, un peu de télé (4 bombes à Derry aujourd’hui). Couché.

8 avril 1979

La mère de Joseph nous emmène à la grand messe dans une ville voisine. Plein à craquer. Déjeuner, puis promenade au nord de la Boere, à Horwth (après passage à la James Joyce Tower où il n’y a rien à voir). Pub en rentrant vers 7 h. Dîner, T.V. : rien sur les bombes de Derry. Regardé à la BBC une adaptation du Roi Lear, très bonne. Mais vaincu par la fatigue.

9 avril 1979

Après le breakfast de Mme Long, Joseph nous conduit à l’aéroport dans les encombrements. Air Lingus, Caravelle, décollage à 10 h 30. Orly midi (1h en fait à cause du décalage horaire). Reçu de Joseph à Dublin Finnegan’s Wake.

11 avril 1979

Lettre de Belfast : le Peters (Derek) et Michel Arbatz pour le titre du film.
Cdf de Gatti : difficultés du côté de la Belgique, marche arrière amorcée, selon des bruits qui courent. Il va partir pour Bruxelles. Me recommande d’avancer le scénario pour pouvoir l’écrire dans le minimum de temps. Stéphane venu chercher les livres sur la résistance. Cdf de Lancelot. Une expo de tapisseries.
Travaillé sur la presse irlandaise.

13 avril 1979

Fini à 19 h le dépouillement de la docu irlandaise.

14 avril 1979

Encore rêvé de l’Irlande. Sieste. Rêve dans le rêve : Irlande, Londres, Desmond, Gary, Gatti. Travaillé Derry.

15 avril 1979

Regardé à la télé « Lulu » (Berg, Boulez). Un enregistrement.

17 avril 1979

Collé dans un cahier les coupures Derry.

18 avril 1979

Cahier Irlande. Cdf de Gatti. Ingberg (Belgique) semble faire machine arrière : voudrait que la France donne 80 M, l’Irlande de même, etc. Réponse définitive lundi. Sinon, on va tout axer sur le Centre du cinéma – en cachant, s’il se peut, qu’on tourne en télé.

19 avril 1979

Cahier Irlande.

21 avril 1979

À 6 h chez Gatti. Le film prend l’eau. Les Belges renâclent, exigent toutes sortes de garanties (coproduction-française, distribution assurée). Suggéré de prendre contact avec un producteur français. Téléphoné à J.J. de la Liliane à Nice pour obtenir un accès à Danon, producteur, son cousin.

24 avril 1979

Cdf de Harlan : cherche qui pourrait parler de son film. Promis de voir du côté de Libé, le Point (Monique Le Bolduc), Liégeois.
Cdf de Gatti vers 6 h 30 : de Bruxelles. Ça remarche. L’aide à l’écriture sera d’environ 700 000 F belges (7 M).

25 avril 1979

À 15 h 30, chez Mme Simon. Plutôt gentille, aime le livre. Mais trop long, etc., etc. Il faut que Simoëns le prenne…
Cdf de Dante, retour de Belgique. Possibilité d’une revue. Chercher déjà son titre et un possible directeur. Lui ai parlé de Mme Simon. Savait déjà que Simoëns le jugeait trop long (par Moretti).

26 avril 1979

Cdf de Dante : détails impromptus sur « l’île des Chiens » (parce qu’il a chez lui un Turc).

27 avril 1979

Cdf de Jacky Moreau. A terminé la musique du texte de Gatti. Un peu accablé par des difficultés domestiques (ne peut voir son fils).

30 avril 1979

La Route. Vers 11 h, A. me fait remarquer un chant d’oiseau à la lisière du bois : un rossignol.

1er mai 1979

Dîné avec les 3 Hocquard, B. et A. dans le restau réunionnais de la rue E. Sue. Très bon.

2 mai 1979

Cdf à Patrick Danon (neveu de Liliane) pour RV film Irlande. Me rappellera.
Cdf de Sappart. Il est chez Gatti – lequel me parle du bouquin : selon Moretti, ça doit marcher. Voir Schmitt (Le Point). Dante est allé chez Diato hier : content de l’avoir vu – après beaucoup de malheurs accident, infarctus, etc. – reparti.
Vers 16 h, neige ! Quelques flocons, puis une petite tourmente.

3 mai 1979

Lettre de Kristo (me demande de revoir son mémoire de fin d’études) et Michaud-Mailland (réclame une chanson pour Anna).
Visite et déjeuner : Thomas Harlan. Parlé de Torre Bela (son film), de l’Irlande, des projets, de tout. Envoyé à Mailland un texte. Essayé de téléphoner 3 ou 4 fois à Simoëns. Sans succès. Laissé mon numéro.

7 mai 1979

8 h 30 du matin cdf de Th. Harlan. Va couler. Pizani, son oreille là-bas s’en va ailleurs. Cdf de Mme Ulrich : elle a proposé L’Enclos à TF1 – et s’inquiète d’une pièce de théâtre qui, paraît-il, serait en adaptation du film (ou seulement son titre ?)
Cdf d’A. Prucnal, ça va mon texte de chanson, veut téléphoner à Moreau dont elle n’a pas le numéro.

8 mai 1979

Commencé hier soir la lecture des « Lettres » de Joyce. Un remède pour les écrivains en difficulté (éditeurs !). À déjeuner à la maison, J. Delarue. Parlé de son livre (la Peine capitale) et du mien, de ses enquêtes – et de P.Y. Charpentier (me recommande d’interroger le Com. Jobard) et de la « princesse Alexandra.
Cdf de Jacky Moreau : a vu Anna, elle a aimé sa musique sur le texte de Dante. Tout s’et bien passé. Lui a parlé de mon texte sans le lui montrer.

9 mai 1979

Cdf de Dante. N’étant pas ubiquiste, il a des difficultés dans son programme de juin (Irlande ou L’Isle-d’Abeau ?).
Laffont. Déjeuner avec Belmont et Hélène Chabrier chez Lipp (une 1e pour moi). Présents : Grumbach, Julien Besançon, Jacqueline Huet (télé), Desforges (éditrice), etc.
Cdf de Sapiéga qui avait envie de parler. Titres de la future revue. Flaubert.
En Iran, les khomeynistes fusillent un juif pour propagande sioniste. Inévitable.

10 mai 1979

Cdf de Penent, à Paris depuis deux jours. Plein de propositions, etc.
À 17 h chez Diato, cité Véron, près de la place Blanche. Endroit magnifique : grand atelier pour ses poteries, ses fours, l’appartement à côté. Lui, après deux ans d’hôpital, va bien – quoique éprouvé.

11 mai 1979

12 h 30. Tabac Marbeuf. Penent. Déjeuner au chinois. P. doit aller à une cérémonie de famille à Bogota. Travaille à Bordeaux (comme salarié des terres familiales). Il n’a pas fini son roman. Le finira. On parle du mien. Me suggère des noms : Lindon…
23 h 30 : cdf de Gatti. L’INA exige des précisions sur le nazisme de H.M. Schleyer (abattu par la FAF). Vais chercher.

13 mai 1979

Recension des appréciations sur le livre (Flamand, Gatti, Braudeau, etc.). Demander à J.J. quelques mots.

14 mai 1979

À déjeuner Gatti (avec les beaux-parents). De là, chez Jacky Moreau, rue des Cascades à Ménilmontant. RdC, petite pièce insonorisée. Lui, en bottes noires, nous joue la musique du poème de Dante : le Canard sauvage (destiné à Anna Prucnal). Très bon. Plusieurs musiques : ballet, chanson. De là, à la docu PM. Homolle me passe des photocopies sur la biographie de Schleyer. De là, chez les Hocquard : 1er tout d’horizon sur la revue. Dîner. À 20 h au 110 : les Dardenne, Nini, Gilles, Stéphane, Duret, les Hocquard, Sapiéga, Gus, Séonnet, Hélène, Dubois. Décision : D., pris par le film L’Isle-d’Abeau, n’ira pas en Irlande. Quatre iront : Hocquard, Dardenne, Gilles et moi. Tournage mai 81.
Séance revue : on cherche le titre. On s’amuse. Dante propose : 2e traité des locomotives hors les rails. Silence.
Rencontré rue François-1er en allant voir Homolle, un vieillard râblé qui m’a lancé un coup d’œil. Le temps de passer, je l’avais reconnu : Jean Jonquey, du P.L. celui qui m’a donné mon pseudo. Pas vu depuis 20 ou 25 ans.

16 mai 1979

Chez Bercoff bd de Grenelle. Apporte le manuscrit. Bon accueil. L’homme est aimable, chaleureux.

17 mai 1979

Cdf à Dante pour l’informer de la remise du manuscrit.

18 mai 1979

Cdf de Dante : ne peut pas venir travailler (l’Isle-d’Abeau). Hocquard ne veut rester que deux jours en Irlande. Trop court.

19 mai 1979

Cdf de Dante de Bry-sur-Marne (montage des films : le 1er est définitivement fini). Part lundi pour Ratisbonne, voyage arrangé par Kunze, son traducteur. Retour mercredi ou jeudi. L’Irlande : difficultés. J’irai peut-être seul.

22 mai 1979

9 h rue Blanche A.P.. Pringot et Hocquard. Démarches formation (sciences de l’éducation à Vincennes).

23 mai 1979

À déjeuner avec Ariane, Rognoni, à la barbe blanche, toujours expansif mais touché par la tristesse. Vit seul, le regrette, un peu maso à propos de son livre à paraître et de ce qu’il fait à la télé (des séries).
À 14 h 30 chez les Hocquard pour la revue. Joëlle, Sapiéga. Aussi la femme de Griset dont la mère a une chienne Yorkshire et me propose de l’apparier au pauvre Pop. Mais elle est handicapée aussitôt, cagneux, paraît-il.

28 mai 1979

Recommencé à réviser l’Abîme (ajouts, rectifications).

29 mai 1979

Cdf de Coral (« Parents »). Un papier sur « l’épidémie » de Baudelocque (maternité du Pr ? : 2 morts, une dizaine de cas graves).

30 mai 1979

« Parents ». Coral content et inquiet. Essaie d’ouvrir des parapluies. Les deux autres (Eudes, Biot) me félicitent.

31 mai 1979

Chez Thibault à Bichat : lui fais lire le papier. Souhaite atténuer pour ne pas décourager les futures mères à venir dans cette « excellente » maternité.
À « Parents » tout l’après-midi pour revoir les épreuves du papier. Coral me dit que Gaston Bonheur – à qui il a montré le papier – l’a trouvé de « 1er ordre », ainsi qu’un de ses copains (à Coral) médecin : Cohen.

3 juillet 1979

Cdf de Braudeau : l’Express fait un papier sur Gatti et les films de l’Isle-d’Abeau. Donné téléphone de Dante.

1er juin 1979

Un merle, tous les soirs vers 8 h 30, perché sur l’antenne du bâtiment A, à la même place, chante.

2 juin 1979

Cdf de Château : me signale que Gaston Bonheur deviendrait conseiller littéraire chez Hachette – et que ce serait le moment de poser ma candidature.
À 15 h 30 chez Gatti : Joëlle, Sapiéga, J.-J., Jacky S. 1) La revue « Marge fiduciaire » « Réservé aux agrafomanes ». Le sommaire, la distribution des articles, la lettre pour les abonnements. 2) L’Irlande.

4 juin 1979

Cdf de Gatti midi. Moretti et lui ont vu Bercoff à qui je dois téléphoner. Gatti ne doit rien me dire. Me dit que B. « fasciné » par le livre, ne songe pas à le prendre, à moins de changements et de modifications. Simoën, me dit-il encore, est en train de couler d’après le Monde.
Parlé aussi de la revue. Selon Moretti, il faut des « articles » en bandes dessinées. Il a rencontré hier Michaux à Alésia en promenant Tonton. Inchangé. Il est venu à lui, lui a même – en hésitant à peine – donné son téléphone.

5 juin 1979

Cdf de Mme Cohen (Auschwitz). Va proposer le bouquin à Gallimard vendredi. Cdf à Bercoff : « C’est du fantastique ! ». RV demain. À 16 h au Point : vu Schmitt. « C’était fait et puis… « . On doit déjeuner après le 25 juin avec Simoën.
Cddf à Gatti : ne viendra pas travailler à la maison. Trop peu de temps (avant le départ pour l’Irlande). « Occupe-toi de ton livre. C’est le plus important. »

6 juin 1979

Cdf d’un Fred Kupfermann, de chez Ramsay : sur la suggestion de J. Delarue me propose un livre sur Raoul Wallenberg. R.V. à mon retour.
18 h rue de Grenelle chez Bercoff. Très décidé – en souhaitant un resserrement du début. Va le faire lire par l’éditeur lui-même. Évocation d’une édition en livre de poche. Cdf à Dante pour le tenir au courant. Me dit que JJ Hocquard n’a pas reçu l’argent de l’INA (pour payer l’Irlande et lui donner de quoi subsister). On verra tout ça demain matin. Avion à 13 h 15.

7 juin 1979

Cdf de Joëlle (qui vient avec nous) : départ remis à ce soir, fric et autres choses. Cdf à Dante. 19 h St-Michel : les Hocquard. De là à Orly avion pour Dublin à 8 h 35. À l’arrivée Joseph. Pluie, Guinness et sandwiches au Montrose et couché chez Joseph à Dun Laoghaire.

8 juin 1979

À l’université, vu Seamus D. Discussion sur le film. Craint le sentimentalisme…
Déjeuner au réfectoire puis tous les trois dans Dublin à flâner : Grafton str., Trinity, le Château, Stephen’s Green, Christchurch, Wood Quay, chantier sur la Liffey, occupé par des écolos (site viking où l’on veut bâtir des bureaux), O’Connell str., etc. À Wood Quay, visite en tant que journalistes sous la conduite d’un archéologue et d’une jeune interprète franco-danoise.
À 18 h au pub Palace où Joseph nous rejoint. Dîner dans le quartier. À Dun Laoghaire, promenade sur la digue. Un temps extraordinaire : une douceur presque incroyable.

9 juin 1979

À 12 h en voiture pour Belfast. Belfast 14 h 30.45 Cromwell Road (déjeuner en route). Desmond et des comédiens du Lyric. Dîner au chinois. Vers 9 h à Helen’s Bay , rencontre avec les et une de leurs amies, docteur, dans une Inn très british (les jeans ne sont pas admis après 6 h 30). Guinness. Discussion, éloge de Paisley. Contacts éventuels avec des groupes protestants. Visite des chantiers navals. Coucher au 45.

10 juin 1979

Rentrés à midi de Belfast, vers 1 h 30 à Derry. Au Centre discussion avec Eamon et Colm puis déjeuner de l’autre côté du pont à l’hôtel Everglades. Visite des endroits possibles où loger le groupe – et de la cathédrale protestante. Puis, passé la frontière, allé voir à 30 ou 40 Km dans le Donegal la maison d’été du Centre au bord de la mer. La plage de l’Armada, le pub de la famille Cavanagh (Colm). Dîner près de Morille dans l’ancienne maison d’enfance de Montgomery transformée en hôtel. Couché à Clarence House.

11 juin 1979

Visite du Workshop Colm et Eamon. Pub d’en bas (Lafferty). Puis, rencontre dans le quartier protestant de Mrs Jefferson (qui préparera l’accès au groupe protestant). De là, pub puis conférence de rectification du synopsis et dîner avec Eamon et Colm à Clarence House.
Départ de Joseph, Joëlle et J.J. pour Belfast. (Je reviendrai demain à Belfast avec Eamon.)Joseph et Colm ont débattu avant pendant deux heures de la suite du scénario. « Maintenant, je sais que ce sera difficile mais c’est très excitant, je vois le film. » (Colm.) Fini la soirée jusqu’à minuit avec Colm, Eamon et 3 autres du Centre chez Lafferty. Clarence House.

12 juin 1979

Visite de Long Kesh (un garçon du Workshop interné). Avec Colm, cimetière puis Workshop (re-conversation). De là, chez Eamon et voiture pour Belfast. Encore la pluie. Cromwell Street, de là, aux chantiers navals : visite avec Mme Derek Peters. Un pétrolier en construction « Ravenscraig ». De là, à 4 h à la TV d’Ulster, puis pub, puis Cromwell : vu Gerry. À Belfast vers 10 h 30.

13 juin 1979

Travaillé sur le scénario avec Joseph (modifications après entretien avec Colm). De là, déjeuner avec Trench, journaliste qui a déjà vu Gatti il y a deux ans (au self « Granada »). À 15 h chez le solicitor (une société en Irlande pour le film).
Orage, trombes d’eau dans Graftin Str. GPO fermé, cathédrale protestante fermée. Pub puis UCD où l’on retrouve Joseph. Ciné : « Ulysse ». À Dublin ! R.V. avec Picard et sa femme. Pub où l’on rencontre des archéologues de Wood Quay qui ont reçu « injonction » officielle de ne plus reparaître sur le site. Vers minuit, à Wood Quay : feu de camp, 30 défenseurs (qui vont porter le thé aux 3 flics dans la rue), flûte, …… Versé 5 £ à la collecte.

14 juin 1979

À l’UCD avec Joseph pendant que JJH fait un reportage au zoo. Travaillé avec Joseph (dernière mise au point du synopsis). Retrouvé JJH au Granada. Déjeuné là. Aéroport avion à 5 h avec tout un groupe de jeunes scouts. Arrivé à 7 h 25 (heure française). Taxi.

15 juin 1979

Lettre de Frédéric Hocquard. Répondu. Cdf à Bercoff. Manuscrit passé au directeur littéraire qui téléphonera avant le 30.

16 juin 1979

Travaillé : les journaux.

18 juin 1979

Cdf à Gatti retour de L’Isle-d’Abeau. Compte rendu d’Irlande. Trop de travail avec les films (dossiers presse, etc.) pour qu’on se voie avant le 25 (mise au point du synopsis et du futur scénario). Joëlle Hocquard rue Custine. Elaboré le papier Wood Quay à l’intention de Libé.

19 juin 1979

Dîné chez Georges. Beaucoup de monde. J’ai payé 180 F. Et il me sort. « Ça m’arrangerait que tu me libères la table ! ». Filé sans le saluer.

20 juin 1979

Cdf de JJ Hocquard : RV Vincennes pour l’inscription (formation). Atmosphère très à tu et à toi dans les bureaux. Fait lettre d’appel de l’impasse Mousset aux amis. 200 F. Remis à Hocquard.

21 juin 1979

Cdf de Gatti : mardi projection pour la presse des films de l’Isle-d’Abeau. Me parle de l’atmosphère pétainiste du régime Travail, Famille, Patrie – et de ses hommes comme le Broglie nommé à l’INA qui supprime un film de J. Eustache parce qu’on y voit une femme (sa grand-mère) boire et fumer.

22 juin 1979

« Parents ». Article paru. Déjeuner avec Eudes et F. Cordat. Eudes m’explique un projet à lui de journal nouveau fait avec les reportages d’agence dont personne ne veut et des articles de grands reporters, style Rolling Stones. Conversation avec Coral. Proposé les écoles parallèles dans le monde. Est très préoccupé par le regain d’antisémitisme : incidents, graffitis, etc. Veut faire quelque chose dans « Parents ». Me demande si… ? Oui.

24 juin 1979

Descendu à la mairie du 18e voir passer les concurrents du 1er marathon de Paris. Vu les derniers – dont un grand type fumant le cigare en courant.

26 juin 1979

9 h 30. Maison de la radio. Studio 120. 3 film de l’Isle-d’Abeau. Gatti, Jojo, les Hocquard, Gus, quelques journalistes de TV et Moretti (la 1e fois que je le vois) fumant un toscan et parlant du technicien qui s’active autour du poste télé défaillant : « Il est ton sur ton, camaïeu, j’aimerais l’entendre parler chez lui le soir ». Incidents continuels avec le son, l’image. Finalement, on ne voit que 2 films le 1er (R. Rouxel) et le 2e (la Région).

27 juin 1979

À 5 h chez Braudeau place de Vosges. Bavardé sur mon bouquin (se réjouit de sa probable parution), sur son dégoût du journal, sur le danger du journalisme pour un écrivain. Confirma ce que m’avait dit l’autre jour : l’entrée de Cavi à l’Express.

28 juin 1979

Cdf de Lary : parle d’une pièce de Arount, présentée récemment (titre ?) qui plagie carrément « l’Enclos ».
Cdf de Gatti : RV chez lui demain plutôt qu’ici.

29 juin 1979

Chez Gatti 9 h. Petit-déjeuner avec Amphoux et lui. Puis travail : rendu compte des info recueillies à Derry, choses vues, etc. A noté. En juillet, va en Irlande. Août : on commence le scénario. Septembre : travail à la Bergerie.
Reçu acceptation de la demande de formation (allocation mensuelle 10 000 F).
Envoyé Joëlle photocopies (et modifications à faire sur le synopsis).

30 juin 1979

Train pour Barcelonnette.

5 juillet 1979

Cdf d’Ariane : Obo est mort. Demande qu’on prévienne Gatti, qu’il y aille.

18 juillet 1979

A. téléphone. Dans Libé, dit-elle, des papiers sur Gatti.

19 juillet 1979

Braudeau téléphone. Son article sur Gatti paraît le 21 dans l’Express. Parle aussi de Libé.

1er août 1979

15 h chez Joëlle Hocquard. Cherche à joindre Gatti… Irlande. Pas de nouvelle.
Lu les « Libération » collectés par A. (articles de Kravetz sur Gatti). Très bien fait.

2 août 1979

Travaillé. 2 soldats et 1 policier battus en Irlande (Armagh et Belfast).

3 août 1979

Cdf de Jacky Moreau. Attend le retour d’Anna pour les chansons (Gatti, Joffroy).

7 août 1979

Cdf de Joëlle : Gatti ne revient que la semaine prochaine. Le synopsis ne tient plus. Tout a changé. L’indice d’écoute de la « 1e Lettre » a baissé : 1 % (au lieu de 3 %) d’après France-Soir.

8 août 1979

Cdf à J. Hemolle à propos de la mort d’Obo. Il avait 79 ans. Enterrement à la cathédrale russe. M’envoie les coupures.

9 août 1979

Dîner chez les Hocquard. Apparition de Kravetz qui me parle d’un boulot pour moi en janvier.

12 août 1979

La Route. À déjeuner, les 3 Hocquard et Rognoni venus en train. Retour à 6 dans l’autobiancchi.
Incidents à Londonderry : Paisley à la tête de 15 000 protestants essayer d’aller dans les quartiers catho. 2 blessés. 4e film de Gatti à 8 h 30.

14 août 1979

Chez Gatti vers 8 h. Revenu hier de Dublin. N’a pas vu les événements d’Irlande (Paisley à Derry pour les 10 ans des troubles). Mais beaucoup discuté avec Colm, Eamon, Paddy. Synopsis changé : le soldat mourra devant le Workshop, les « tuteurs » (chefs d’atelier), remplaceront la famille, etc. Dîné avec lui, Hélène chez les Hocquard.

16 août 1979

6 h 30 cdf de Dante qui est avec Moretti : « Alors, le Chié ? »

17 août 1979

9 h 30 cdf de Coral. Papier sur les sages-femmes à faire. 12 h Parents. Eudes, Coral. Déjeuner dans le coin avec eux. Jalons pour Joëlle Hocquard.

18 août 1979

Déjeuner à la pizza avec Kravetz. Me raconte l’histoire du Poilu (un obsédé de 14, un ambassadeur des morts). Parlé des journaux en train de se faire. Lignel (Le Progrès) a voulu acheter Libé.

19 août 1979

À 8 h 30 4e film Isle-d’Abeau (la Résistance), celui que je préfère jusqu’ici.

26 août 1979

Dernier film de Gatti : la Dernière nuit. Sobre et grave. Téléphoné : il est en Italie, me dit Hélène.

27 août 1979

Cdf à Kupfermann (Ramsay) qui m’avait demandé avant les vacances si je voulais faire un livre sur Wallenberg. Songé à proposer à Jankélévitch une étude sur l’homme. L’enquête ne serait guère plus qu’un appendice (faute d’argent, d’ambition surtout).
Attentat en Irlande : Lord Mountbatten tué dans l’explosion de son bateau.

28 août 1979

Irlande : 20 soldats tués au sud de Belfast (attentat). « These evil bastards » (Daily Express de ce matin, sur l’IRA).

31 août 1979

« Parents ». Projet d’article sur l’avortement.

1er septembre 1979

Cdf Bercoff. Le répondeur. 2e cdf : je l’ai. Rappellera lundi (un lecteur est pour, l’autre pas là). Problème de prix. Ne veut pas faire trop cheap. J’offre une partie de mes droits.

3 septembre 1979

Cdf de Bercoff. Rappelle demain.

5 septembre 1979

Vu sur le trottoir Penent agitant les bras. Un bout de chemin ensemble. Resté à Paris, travaillé au magazine du journal du dimanche avec Gaston Bonheur. Vu aussi P. Vialatte.

10 septembre 1979

Au Planning familial, 10 rue Vivienne. Vu Mme Belot, la femme du dentiste. Rien appris. Fin classement des procès et chicanes.

12 septembre 1979

10 h 30, hôpital J. Verdier de Bondy (par métro et bus 147). Vu Dr Elia et conseillère conjugale Mme Marchand.
Cdf de Jacky Moreau. N’a pas été touché et n’a pas pu toucher les Michaud-Mailland. Lui ai conseillé de ne plus tenter d’autres contacts (y allant de sa dignité), mais plutôt d’attendre Gatti avec qui ils me mettront en rapport certainement.

14 septembre 1979

Cdf de Bercoff : attendre jusqu’au 1er octobre.

15 septembre 1979

À déjeuner, Joëlle Hocquard. Commencé papier avortement.

16 septembre 1979

Vers 20 h, cdf de Braudeau. Il a vu quelqu’un de chez Ramsay (Éric Orsenna) à qui il a parlé du livre et qui se dit intéressé. Me prie de lui téléphoner.

17 septembre 1979

À Vincennes avec Hocquard 14 h. Sous le soleil. Quelques formalités.

20 septembre 1979

À Parents, le papier revu. Goldmann assassiné dans la rue par « Honneur de la police » ( ?). Fascisme à la brésilienne.

21 septembre 1979

Cdf de Braudeau : Goldmann, ça l’a déprimé. Veut aller à la manif cet aprèms. Déjeuner avec Bercoff et une amie le Muniche.
18 h 30 en taxi place des Peupliers : manif Goldmann. Retrouvé dans le défilé de la place à Denfert Nini, Séonnet, Gilles Lacombe, J.P. Duret – et Raymond Bellour. Slogans trotsk. 10 à 15 000 personnes. CRS, quelques grenades – et quelques violences sur les choses.

22 septembre 1979

Cdf de Dante vers midi. Deux choses. L’une très grave : Tonton a pissé sur mes œuvres. L’autre, réunion sur l’Irlande demain soir.
16 h 30 cdf de Braudeau. Lui raconte l’entrevue Bercoff. Me recommande encore de voir Orsenna (Ramsay). Cdf de Jacky Sappart : réunion remise à mardi soir.

25 septembre 1979

Téléphoné à Orsenna (Ramsay). Voudrait lire le bouquin. On s’arrange.
8 h 30 au 110.Réunion sur le film (Irlande). Gatti, Hélène, Stéphane, Claude Mouriéras, Gus, J.-P., Séonnet, les Hocquard, J. Sapiéga, Jacky Sappart et Dominique Larche ( ?). Revenu minuit. Prochain R.V. lundi chez moi.

26 septembre 1979

Cdf de Gatti : m’explique que je dois faire le journal d’Irlande, tout en surveillant et en préparant le travail de la 2e équipe (interviews, etc.). Explications plus complètes lundi. Cdf de Jacky Moreau. A su par Nini que le livre était en bonne voie. Me félicite.

27 septembre 1979

À la Télé, Anna Prucnal (« Grand échiquier »).

28 septembre 1979

Parents : Joëlle Hocquard. On lui demande de venir : on aura besoin d’elle.
Projet de construire une éolienne à la Bergerie.

29 septembre 1979

Cdf à Rognoni. Sa fille a foutu le camp avec sa carte de crédit. Craint qu’elle ne soit au diable, à Amsterdam, à la merci de tous les dangers. Pendant le téléphonage, elle revient ! La voix change.
Le pape en Irlande.

1er octobre 1979

À déjeuner, Dante : mon livre et l’Irlande. À 15 h, réunion avec les autres : Séonnet, Sapiéga, Joëlle, Dominique Larche, Hélène. Le journal (et la revue) et le titre choisi (« Principes généraux du baromètre en état d’apesanteur »).

2 octobre 1979

Cdf de Bercoff : réponse définitive demain ou après-demain.
Cdf de Penent : papier à faire pour le JDD, le supplément sur la Chine. RV à Parents.

4 octobre 1979

22 h cdf de Gatti : Ça y est ! le livre est pris.

6 octobre 1979

Déjeuner avec Rognoni dans un restaurant près de chez lui (13e). Projets de films (Maufrais, etc.).

8 octobre 1979

Fini la lettre d’accroche (pour la revue de la Tribu). Tapé à la machine.
20 h 30. Réunion Custine pour la revue. Gatti, Stéphane, Sapiéga, les Hocquard, Dominique Larche, Séonnet, Gus. Discussion. Lecture de la presse. Répartition des tâches. Réunion de mise au point dimanche. Fini 23 h 30.

10 octobre 1979

Cdf de Gatti : RV Custine le 12 pour la lettre-affiche Irlande.

13 octobre 1979

À déjeuner Gatti. Travail sur la lettre d’abonnement du « Baromètre » de 11 h à 19 h. Titre provisoire trouvé pour le film d’Irlande : « Nous sommes faits de noms d’arbres ».

14 octobre 1979

9 h 30 chez les Hocquard. Réunion journal. Gatti, Stéphane, Hélène, Gus, Séonnet, Sapiéga, D. Larche. Fini midi.

15 octobre 1979

Appris les premières strophes du « Bateau ivre » (exercice de mémoire). Donné à Joëlle Hocquard bouquin pour enquête (à elle commandée par Parents).

16 octobre 1979

Cdf vers 16 h de Dante. N’a pas pu voir Bercoff. Que je téléphone. A donné mon nom à Kaisergruber pour un portrait de Gatti dans le livre qu’il fait (l’Opéra de l’Isle-d’Abeau et Montbéliard, plus l’interview de Marc Kravetz). Accepté.

17 octobre 1979

Cdf à Bercoff. Me lit l’avis de Doyon : mesuré et négatif. Tout se décide demain soir. Cdf de Gatti : « Il faut passer au scénario Irlande. Je te rappelle demain matin.

18 octobre 1979

Croizard : J’ai vu Boulez. Lui ai dit que Gatti et toi aviez bien envie de le voir. Moi aussi, a-t-il dit ».
À 16 h Gatti, Hélène et Tonton. M’apporte le pré-découpage. Je ferai le scénario à Barcelonnette. L’enverrai le 30.

19 octobre 1979

Cdf à Gatti après lecture. TVB. 15 h à Parents, puis à « 7 Jours » pour y voir Penent. En rogne, au bord de la démission à cause de Musso, rédacteur en chef. Consent à ce que je voie G. Bonheur à ce sujet.

21 octobre 1979

Chez Danielle av. de Versailles. Ils quittent l’appartement le 1er janvier pour un H.M.place des Fêtes (beaucoup moins cher). Anne-Laure, Véro, Jojo et un jeune garçon Loulou Picasso (qui fait des sérigraphies avec Véro sur des tee-shirts).

22 octobre 1979

Réclamé le manuscrit chez Bercoff et Encres. Des zombies.
Cdf à Orsenna (Ramsay). Lui confierai le manuscrit demain après récupération.

23 octobre 1979

Allé reprendre le manuscrit à Encres. De là chez Ramsay. Vu Orsenna et remis l’ours. Réponse le 5 à mon retour.

25 octobre 1979

Train 7 h 45 pour Gap et la suite. Rencontré au wagon bar Kravetz et Nadia qui vont à Lyon (pour une enquête sur le Progrès et le Dauphiné. Ils verront J.J.).

26 octobre 1979

Travaillé le scénario. Couché minuit, fait les ¾ du travail.

27 octobre 1979

Il neige toujours – et elle reste.

28 octobre 1979

Fini à 15 h le scénario. Prévenu Joëlle que je l’enverrai demain.
300 moutons morts bloqués par la neige.

29 octobre 1979

Envoyé texte à Joëlle.
Sieste. Rêvé : embarqué clandestinement au Havre sur un transat, le plus grand du monde, le « Purundi » (la Sirène) en portant un ballot de linge sur l’épaule. Dix coiffeuses dans un grand salon, etc. Avant, endormi sous un pont à Londres peut-être, et la Tribu me laisse dormir.

30 octobre 1979

Suicide d’un ministre (Boulin). Appris la fin du « Bateau ivre ».

1er novembre 1979

Vers 4 h cdf de Braudeau : il y a une place de rewriter (ferme) à prendre à VSD. Jean Noli s’en allant. Décliné et remercié.

2 novembre 1979

Mesrine tué par la police porte de Clignancourt. Dommage.

3 novembre 1979

Cdf de Gatti dans l’après-midi. Trouve le scénario convenable – à une ou deux phrases près qu’il me demande la permission de changer. Parlé du livre et de Mesrine. Ça a fait quelque chose à beaucoup de gens », dit-il.

5 novembre 1979

Cdf d’Orsenna. Enthousiaste. A lu les ¾. Aura fini dans 3, 4 jours.

6 novembre 1979

Chez Gatti – avec Hélène, parlé tous les trois de l’Irlande, Paddy Doherty (qui fait leur admiration). Dis à Dante l’opinion d’Orsenna. Verra Ramsay demain. Partira fin de semaine pour l’Italie avec Hélène. 6 mois (le film et le livre), j’irai le voir avec mon livre là-bas. Entre-temps, j’aurai à m’occuper du journal. Faire un stage technique de secrétariat de rédaction.

7 novembre 1979

Cdf de Gatti : a vu Ramsay. Tout est au mieux. Cdf de Rognoni : « Pas la peine de se demander qui suivra votre enterrement. Quand vous écrivez un livre, vous le savez… Pas un mot sur mon bouquin, les gens à qui je l’ai envoyé m’évitent et tous les ingrats… ». Cdf de Jacky Moreau – de plus en plus pauvre. Le voir. Cdf à JJ Hocquard : confirme les devis de Dante chez Ramsay. « Sur 15 minutes, on a parlé de ton livre 18 minutes ».
Renvoi par Mme Cohen de mon texte – refusé.

8 novembre 1979

« Parents ». Vu Eudes, Gicquel, Margueritte, Coral. Passé à « 7 jours ». Penent pas là. Vu Villiers, Fernand (à qui j’ai demandé des leçons de mise en pages et de secrétariat de rédaction).

9 novembre 1979

Au 110. Remis à Dante les 6 paquets de thé préparés par B. pour son séjour à Pianceretto. D. me demande un exemplaire du livre pour y travailler à Pianceretto.
Mesrine enterré à Clichy. Cdf de Chichin : a proposé « Tonton Couteau » aux gens de la Maison populaire de Montreuil (à ceux de Mesrine, du film « le Pull-over rouge »).

11 novembre 1979

9 h 30 chez les Hocquard. Réunion revue avant le départ de Dante pour l’Italie. Stéphane, Gus, Séonnet, Sapiéga, D. Larche, Sappart, Gatti. Répartition des « papiers » à faire pour le dépliant. Titre à changer. Nouvelle orientation : en supplément à un journal.

12 novembre 1979

À 10 h, cdf d’Orsenna. Dithyrambique. Balbutiant. RV jeudi Closerie des Lilas. À midi, Gatti et Claude Grumbach. Servis par Ariane (dont Gatti me dit qu’elle pourrait faire Maeve dans le film – après l’avoir comparée à Cléopâtre : son « visage cinématographique »). Quatre heures d’entretien entre G. et Claude pour la thèse de celui-ci à Vincennes sur le théâtre de rues, immigrés, etc.
À 20 h, avec A., chez J.-P. Duret, impasse Mousset, qui fête le départ de Dante. D., Hélène, Stéphane, Gus, Claude, Joëlle, Véro, Sappart, Sapiéga.

13 novembre 1979

Cdf de Gatti – qui part. PPC.
22 h 30 théâtre Oblique, 76, rue de la Roquette : « L’Ennemi public n° 1 », pièce sur Mesrine. Pas très convaincant. Pas vu Xavier Le Bolzer qui fait partie de la troupe. 10-12 personnes dans la salle. (Tout à fait le genre « Tonton Couteau ».)

14 novembre 1979

À déjeuner, Jacky Moreau à qui je fais la cuisine. Un appétit d’oiseau-lyre. Lui ai refilé 20 000 AF pour les tickets du métro.
De là, au Nouvel Obs rue d’Aboukir pour y voir Bénichou. Rencontré Cavi. Longue conversation sur tout – et Collin, Solgues, G.B., Mauge, Mesnier, etc. Puis Bénichou. Je suis venu pour Braudeau. Il me reproche d’éluder depuis dix ans ses offres d’entrer à l’Obs. Ils ont besoin d’un auteur de « cover story », d’un rewriter qui les soulage, lui et Lafaurie et Galard. (Accepté néanmoins l’idée d’un papier anonyme de temps en temps.) Plaidé le dossier Braudeau. Ça peut marcher.

15 novembre 1979

À 3 h, rue de Fleurus. Orsenna, puis Ramsay qui voulait signer tout de suite. Puis, un verre avec Orsenna. Écrit à Gatti.

21 novembre 1979

Cdf vers 5 h 30 d’Orsenna. Ramsay emballé. On se voit vendredi.

22 novembre 1979

À déjeuner à l’Alsace : Braudeau et Cavi. Braudeau toujours flottant, indécis entre l’Express et une évasion à l’Obs (ou ailleurs).
En Iran, tout s’aggrave. Avec l’Amérique tout entière derrière Carter (année électorale pour lui !) le désir d’en tâter devient irrésistible. Et on n’y résistera pas.

23 novembre 1979

À 13 h, Closerie des Lilas. Orsenna toujours ravi. Après, à la boîte rue de Fleurus, mais Ramsay pas là. Ils m’enverront le contrat.
Chez Joëlle : le texte irlandais pour la revue (la copie). « Parents ».

25 novembre 1979

Chez Hocquard, réunion revue. Papiers collectés pour le « Graphiste ». Stéphane, Séonnet, Duret, Gus, Dominique Larche, Sapiéga.

27 novembre 1979

Contrat arrivé par porteur.

28 novembre 1979

Envoyé contrat.
Chez Danielle – qui quitte le mois prochain l’avenue de Versailles. Évoqué l’idée d’une expo Bernard.
18 h. Vu Bercoff pour lui annoncer que je quitte Encres (sans y avoir été). Bien encaissé.
20 h 30 Montparnasse, rue Delambre 22, maison bretonne. Récital Arbatz-Kirjuhel (avec beaucoup de 68 nostalgique dans le second, avec une influence bénéfique de Gatti sur plusieurs textes). Gus, Duret, Daniel sans Mumu.

29 novembre 1979

Écrit à Dante. Cdf à Beaubourg. Petrus absent (allergie). Le rappeler mercredi (entre 14 h 30 et 15 h !).

30 novembre 1979

Reçu le manuscrit de Châteauneu : « Les Fermiers du Pactole ».
18 h cdf de Peter Kunze. Loué une chambre pour lui à l’hôtel Bequerel.
Télé : Apostrophes. Stockhausen – que je continue à ne pas reconnaître. Il me semble avoir connu quelqu’un d’autre.

1er décembre 1979

Fini d’apprendre le Bateau ivre (exercice de mémoire).

3 décembre 1979

Cdf à Penent qui allait chez son médecin – « Je suis malade » – On me l’avait dit à son journal.

4 décembre 1979

RV pris avec Thibault pour Penent.
Lu Stephen Hero.

5 décembre 1979

Cdf au centre Beaubourg. Boulez pas là. Donné le numéro chez Ramsay. 17 h Ramsay . Orsenna. Début du travail avec lui. Cdf de Boulez pendant le travail. RV lundi soir.

7 décembre 1979

À déjeuner Penent, retour de Bichat où il a vu Thibault qui l’oriente vers des confrères spécialistes.

9 décembre 1979

À la Cartoucherie, théâtre du Soleil : « Méphisto » (sur un roman de Klaus Mann). La chronique des intellos de Weimar à Hitler. Déjà su ou déjà vu. Faible et longuet. Reste le décor, les petites idées.

10 décembre 1979

À 10 h 30, Mutualité où Boulez dirige une répétition de l’orchestre de Paris et choristes (Mahler). À 11 h, on va dîner à Beaubourg. Surtout bavardé. Me reconduit vers 1 h rue Custine.

12 décembre 1979

Téléphoné à Eudes, Croizard pour trouver un travail de nègre dans une maison d’édition – quelques difficultés budgétaires.

13 décembre 1979

12 h FNA, rue de Rennes. Festival du film « Patriot Game » – film irlandais IRA avec de bonnes choses.

14 décembre 1979

À l’A.P., vu Pringot. J’apprends que de chômage en formation et de formation en chômage, j’arriverai sans grand peine à la pré-retraite avec salaire garanti.
Joëlle m’apporte le papier de Sappart pour l’Archéoptéryx – à réduire de moitié.

15 décembre 1979

Porté à Joëlle le papier Sappart.

16 décembre 1979

À 9 h chez Hocquard. Réunion restreinte pour L’Archéoptéryx : 1ère mise en pages des textes (Stéphane, Séonnet, Sapiéga).

18 décembre 1979

Cdf à Bouguereau (Libé) pour le livre de Ancelot. Est d’accord pour que je le fasse (1 f ½).

19 décembre 1979

À déjeuner Frédéric Hocquard. Yoyo, bilboquet.

20 décembre 1979

Écrit papier pour Libé (Ancelot). Tapé et envoyé.
Vu Anne Griset place du Châtelet. Me remet un communiqué de parents d’élèves – destiné aux journaux (le Monde, Parents, etc.). De là, à « Parents ». Vu Penent à 7 Jours, remis le communiqué. Pris un verre avec lui.

21 décembre 1979

Cdf vers 11 h de Peter Kunze, ici pour 15 jours. Déjeuner avec lui. Me raconte sa « recherche » sur Erika von Brockdorff, résistante allemande décapitée – pour Dante. Émerveillé par les coïncidences, son implication personnelle, familiale, dans ce vieux contexte (la Licorne). Je lui conseille d’écrire un récit – mais ne veut pas. « C’est pour Gatti. Moi, je n’écris pas de livre ».

22 décembre 1979

Cdf vers 7-8 h de Smith de passage à Paris avant d’aller passer Noël au Bec Hellouin, chez les moines.

23 décembre 1979

Cdf à S. Delattre pour travail de nègre. Me rappellera début janvier.

24 décembre 1979

Voulu voir le cimetière de Picpus (tombes des aristocrates guillotinés). Le concierge relève d’une opération et ne pourra être opérationnel que le 17 janvier.

25 décembre 1979

Mort de Rudi Dutschke.

26 décembre 1979

Confectionné une bûche de Noël (recette Libé).

27 décembre 1979

Travailloté : liste des personnages (tapée).

28 décembre 1979

À Parents. Croisé Hanoteau (et sa femme Amanda), souriant et bien vieilli. Avec Penent ensuite au bistrot. Parlé de Croizard, Gerstein, Maufrais, Châteauneu, etc. Me conseille – après lecture du livre de Château – de l’envoyer à G. Bonheur avec une lettre. Pourrait faire quelque chose chez Julliard.

30 décembre 1979

Plongé dans le Talmud (pour vérifier les notes de Renan Vie de Jésus).