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1952

Pierre Joffroy était son nom de plume. Maurice Weil celui de l’etat civil.
Né en 1922 À Hayange en Moselle, il monte à Paris en 1945 après être passé par Lyon où il s’était réfugié en 1941, rejoint plus tard par son frère Gilbert .
Entré au Parisien Libéré dès son arrivée dans la capitale il réalise un de ses premiers reportages en s’embarquant sur un « rafiot » chargé de juifs européens  rescapés des massacres nazis.

Ici commence l’histoire des carnets dont certains disparaissent à l’occasion de ce voyage en terre de Palestine en 1947.
Il s’agit d’un petit agenda (un par trimestre) sur lequel il note rendez-vous, rencontres, conversations téléphoniques, lectures, sorties, projets et ceux de ses amis.
Le format n’autorise pas le développement comme encore moins les épanchements (même si on trouve quelques cris du cœur).
Ces carnets pourraient être (sont) comme une gigantesque table des matières d’un livre à venir, un vaste index qui renvoie à autant de pages qui ne sont pas encore écrites.
Au commencement était le verbe. Reste à trouver la suite.
À vous de lire ce projet de « livre total ».
À vous de nous donner des informations complémentaires que la lecture de ces 20 premières années (1947-1968) vous inspire.
La suite, 1968-1980, puis 1980-2000, paraîtra dans le courant de l’année 2021.
Les carnets n’avaient jamais été lus, ni déchiffrés avant 2008. Ils ont été photocopiés puis déposés à l’IM.C.(Institut Mémoires de l’ Edition Contemporaine) avec les archives de Pierre Joffroy où ils peuvent être consultés.

Choisissez une année 

1er janvier 1952

Déjeuner avec les Meyer à Clichy puis, avec Gil et Janine, au Vel’ d’Hiv’. Boxe : Juan Padella battu par A. Coulet (la danse de mort des Chalons devant Garcia).

3 janvier 1952

Rédigé enquête N. Af.

4 janvier 1952

Cinéma d’essai « Ghetto Terezin » (tchèque). Bon.

5 janvier 1952

Barmitzwa du fils Ziwi à la synagogue rue de Montévidéo (oncle René, Camille…)

6 janvier 1952

Après-midi chez les Ziwi, réception, puis le soir avec Groussard, sa sœur Véra, le fiancé Ricotta (SDECE) au Béarnais, av. Victor-Hugo.

7 janvier 1952

Cabinet Pleven renversé – fils Leclerc prisonnier en Indochine – Eisenhower prochain président des USA – de Lattre de Tassigny cancéreux.

8 janvier 1952

Rêve triste (probablement engendré par un air de radio de Samson et Dalila). Moi, retrouvant Colette et disant : « Voyez mon beau costume. N’est-il pas magnifique ? »

9 janvier 1952

Préfecture de Police (rue Fontaine). Lettre de France-Soir me demandant candidature au Cl. Blanchard. Tél. Jeff – Eu Michèle au fil. Travail enquête.
« Flying Enterprise » toujours en danger.

10 janvier 1952

« Flying » en mauvaise posture – « Flying » coulé dans l’après-midi.
De Lattre mourant. Envoyé scénario Rognoni à Calef, metteur en scène.

11 janvier 1952

De Lattre mort à 18 h – reportage rue P.-Déroulède à la clinique – papier.

12 janvier 1952

Tél. à Kessel qui a prévenu Mme Michel (concurrence : de Caunes et Languepin).
Le soir chez Michel, 15, rue Dauphine. Restaurant du Vicomte, avec Dante, Saby, et Petrus.

13 janvier 1952

Avec la bande, dîné aux Italiens, puis « le Fleuve » de Jean Renoir. Anecdote pitoyable – Excellent document.

14 janvier 1952

De Lattre, des Invalides à l’arc de triomphe. Retour au journal. Jeune fille consulte mes papiers (Donnez-leur encore une chance) et qui ressemblait à Cl. S.
Joly vidé, fait ses adieux. Déjeuné avec Dr Lévy aux Baléares. Avantage sur Huguette, sténo. Le soir, avec la bande, Karl, Souvtch, Mt Blanc, puis chez Karl écouté disque offert à Karl : « le Sacre du printemps ».

18 janvier 1952

Vu Youkane, 85 rue Charlot (Nord-Afr.), puis Melle Mutterer (quai de Gesvres) pour hôtel de la Paix (contre augmentation du proprio).

19 janvier 1952

2e anniversaire de Stéphane-Guerre civile – d’ailleurs malade à Noisy-le-Sec. Dîner quai d’Anjou avec Petrus, Bernard, Flinker, Hélène, les Gatti, les Otero et… Doudou Helman (de plus en plus désolant –de plus en plus à poil). Rentré avec Bernard. Mirabelle jusqu’à 4 heures.

20 janvier 1952

Avec Bernard, Gatti, Flinker, Marigny : l’Echange et « On ne badine pas ». Retrouvé Petrus à la sortie et rue Royale.

21 janvier 1952

Avec Janine B. dîné, etc.

22 janvier 1952

Aux Mureaux avec Youkane et Finck (P.C.) puis photo cave Gennevilliers.
Bagarres en Tunisie.

23 janvier 1952

Mort de Roger Vitrac.
Vu à 15 h au bar les trois types qui veulent faire Alger-le Cap en car. Accord avec eux. Puis avec les Orano et Gatti à l’Etoile. Macario, comique italien et des girls.

24 janvier 1952

Travaillé enquête.

25 janvier 1952

J. B. venue taper les papiers. Aggravation en Egypte (Ismaïlia).

26 janvier 1952

Avec Dante, chez Me Byon pour le procès de cet après-midi – mais, après contact avec l’avocat de Khalili Khan, il ressort que : 1) le plaignant est « en voyage », 2) qu’il suffisait de rectifier…
Déjeuner aux Italiens – puis avec Dante au M.T.L.D. rue Xavier Privas – Vu Ahmed Mezerna et Hamid. Discussion générale. Le soir, dîner avec Flinck, Petrus, Otero et les Gatti (pour l’anniversaire de Dante), Bernard grippé chez lui. Puis, chez Flincker, disques. 1er disque de musique concrète de Petrus (Sur 1 note) et la Messe en Si de J.S.B.

27 janvier 1952

Radio – Club d’essai 13 h : Messiaen présente la jeune musique et grand éloge de Petrus avec extrait de la 2e sonate (Y. Loriot). Seul – ciné studio 93 : « Tempête sur l’Asie » sonorisé. Très beau.
Emeutes en Egypte.

28 janvier 1952

Farouk liquide Nahas et prend Maher pacha.

29 janvier 1952

A Pontoise, affaire de vieux rentier mis au rebut après testament par les héritiers.

30 janvier 1952

Chez Dante pour lecture papiers. Gatti me remet un dessin de Michaux. (800). Accroché dans la chambre.

31 janvier 1952

Leçon auto. Avec Roels et Mazet chez Bellanger (revendications). Toujours aussi fesse-mathieu.

1er février 1952

Synagogue de la Victoire avec maman et Gilbert.
Vu nos co-échangistes d’appartement – difficultés – veulent 150.

2 février 1952

Gilet gris clair, taille 44 ou 46 ou une veste gris clair. Les Orano battus par leurs hôteliers, rue du Rocher ! Avec Dante et Bernard allés chercher leurs bagages. Algarade avec le mec de la gérante, un « tricard ».

4 février 1952

Kateb vient au journal voir Dante (qu’il a connu à Alger). Nom du visiteur : l’Algérien. Motif : connu. Le voyage de Petrus en Egypte (avec la Cie Barrault-Renaud) compromis. Annulé sans doute. Magnifique lettre d’Orano après la scène de samedi.

5 février 1952

Permis passé av. de Ségur, à 10 h 30 (examinateur M. James). Vu Helsey, puis Kateb et son ami Chergui. Vu les gens de Cap-Alger : Soulié, bavard intarissable.

6 février 1952

Train Villars – Mort du roi d’Angleterre, George VI.

8 février 1952

Avec les Orano et les Gatti chez Michel Vicomte, rue Dauphine

9 février 1952

Comité : Helsey, Lefèvre, Labarthe, B. Derosne, S. Téry

10 février 1952

« Noble caractère, il servirait le diable si le diable régnait. »
Avec Dante, Petrus, Souvt., dîné au Vicomte. Rentré 2 h. Dante va s’associer avec Kateb pour édition poèmes des deux. Voyages de Petrus en Egypte et Italie foutus, cause événements.
Plan d’équipement de l’Algérie. Plan Monnet.

12 février 1952

Chez Piollet. À Gennevilliers, théâtre national populaire (J. Vilar) : le Cid – avec Gérard Philipe – bon. (Gilbert, Janine, le médecin Martiniquais, Kateb, Chergui, les Bonnardot).

13 février 1952

Proposition Le Cap-Alger presque acceptée. Dante, Kateb, Helman chez les Orano, hôtel du Mail.

14 février 1952

Gatti s’est entendu proposer par Petrus de lui composer une cantate à 12 voix !
Neige – Dante à Bordeaux (procès).

15 février 1952

Avec Petrus à Gennevilliers. « Mère Courage » (G. Montéro). Bon. Saby avait défini B. Brecht : « Comme çà que devrait être le bon music-hall ». (Petrus, une fois de plus furieux : d’avoir dû s’emmerder chez Milhaud et d’avoir entendu un chef d’orchestre M. Rosenthal dire : «Assez de la musique allemande » à propos de M. A. Charpentier.)

16 février 1952

Délire dans le Canard à propos des funérailles du roi G. VII (3 pages + photos).
Parti avec Gilbert pour Grenoble. Bourg d’Oisans toute la journée faute de car.

17 février 1952

« Rien à dire des Tables de Cézanne. C’est de la peinture de vidangeur saoul. » V. Binet.
Il est heureux pour l’humanité qu’il existe peu d’artistes de ce genre. Jules Roques.
Au Sieur R., ce n’est pas un coup d’épée qu’il faut, mais un coup de pied – et au cul ! Car lundi pour Villar. Hôtel des Mélèzes – Bien.

18 février 1952

Ski leçon l’après-midi. Luxation du pouce du pied gauche.

19 février 1952

Ski et remonte-pente. À 17 h, Gilbert chute : fracture probable. On le descend de la piste sur un traîneau. Médecin. Demain, radio à Grenoble.

20 février 1952

Clinique des Alpes. Radio. Dr Pavillon Brenier.
Car de Grenoble à 6 h 45. Grenoble 10 h. Dr Cabanel puis hôpital (radio puis hospitalisation). Demain, plâtre. Repris le car pour Villar. Bloqué à 20 h par une avalanche à La Grave. Passé nuit à l’hôtel.

21 février 1952

« Alors, je vis les circonstances. Ce n’étaient pas les meilleures, et je m’en retournai. » Rentré Villar. Janine là. Téléphoné Gilbert – qui pense revenir demain. Ski l’après-midi 3e leçon. Séance de cinéma (film tourné à Villar par l’ethnologue Mazet).

23 février 1952

Janine redescend à Grenoble. Gilbert jambe plâtrée. Partent tous deux pour la Côte.

24 février 1952

Inauguration officielle du remonte-pente de Villar d’Arène. Du monde de Grenoble. Ski. Le soir, bal à la Maison de Villar.

25 février 1952

Départ Villar 15 h – Grenoble train 22 h. Téléphone Hayange. Gatti courbé par un lumbago. Danielle à Sestières avec la comtesse de la F. Vu M.B. le soir.

26 février 1952

Hôtel de Genève. Humides moisissures.

27 février 1952

Dante couché. Déjeuné avec Bernard (ivre) chez lui. Vu Viel Lamare qui ne sait comment retourner en Guyane, et Soulié (Le Cap-Alger) de plus en plus flottant et bavard.

28 février 1952

Téléphoné à Bernard, fatigué. Déjeuné midi avec Dante « Aux Italiens ». Himalaya : la plus haute tombe qu’un homme puisse avoir. Brillant comme un percolateur.

2 mars 1952

Genou enflé (arthrite toujours). « C’est bien, c’est bien, on ne parlera pas de la guerre. » (un journaliste qu’on ne voulait pas laisser franchir les avant postes en 70, dans « Journal » de J. Renard).

3 mars 1952

Gilbert rentré.

4 mars 1952

Vu Viel-Lamarre qui a rencontré Zimès – dont il attend situation en Guyane.

5 mars 1952

Je pars demain pour Tignes (le barrage contre le village).
Parlé avec Dante au sujet de Danielle (il songe de plus en plus au divorce : dettes, ruptures de « pacte », etc.). Maman rentrée – Gil toujours dans le plâtre.

7 mars 1952

Bourg-Saint-Maurice, puis Tignes, barrage et village. Passé papiers. Couché Boisses

8 mars 1952

Expulsé Boisses à Brévières. Hôtel de l’Entreprise industrielle.

9 mars 1952

Aller et retour Tignes Brévières.

10 mars 1952

Dernière classe, le soir dîner au « Chamois » avec Sevry, Perquelin, Arnaud, Marqueton, Josco, etc. Resté « Chamois ».

11 mars 1952

Arrivée de Buffet et autres. Allé Brévières pour douche et reprendre affaires. Départ Arnaud.

12 mars 1952

Arrivée Favrel, Sommy, Simon. Les 8 de Tignes arrêtent le bull-dozer chargé de déneiger la route du cimetière. Le soir, poker Buffet, Josco, Passet (du Progrès).

13 mars 1952

On traîne – dans Tignes, inspection des R.G. – Monuments publics – Fondeurs de cloches, etc. La cour à la téléphoniste Maguy Verdun et Berthe Favre.

14 mars 1952

Les croque-morts à Tignes. Déclaration menaçante de la délégation tignarde à Paris, mal reçue par Brune ministre de l’Intérieur.

15 mars 1952

Mise au car du B. à 6 h. Peu d’eau. Arrivée de Merry, Henriette Chandet, etc., Audrey Whitnys.
Cinéma le soir au café « Révial » : « Le Roi » – peu de gens – atmosphère lourde, morne, triste.

16 mars 1952

Elections. Vu Berthe Favre et Maguy Verdun

17 mars 1952

Occupation de la vallée par les CRS (350) – 4 h du matin. Mise en eau définitive. Déménagement des archives – Dernière messe.

18 mars 1952

Déménagement de l’église – Descente des cloches. Départ Buffet, Sevry, Derogy, des Hollandais, des Américains de Life, de Perquelin et Eysseric.
Maguy Verdun – Berthe Favre – Brigitte Raymond.

19 mars 1952

Départ de Tignes pour Bourg. Téléphoné article de Bourg, article anti-Faurel.

20 mars 1952

De Bourg à Arcy – couché là.

21 mars 1952

Paris 12 h. Journal (article a fait du bruit). Vu Dante (Danielle, après Sestières, rentrée mais pas signe de vie. Coups de téléphone mystérieux, intervention de la Comtesse et d’Hélène. Dante décidé au divorce.)

22 mars 1952

Deux sortes d’imbéciles : le réfléchi et le primesautier.
Envoyé 500 F à l’hôtel Terminus, Bourg-Saint-Maurice.

24 mars 1952

Vu « Aux Lyonnais » pour repas. Vu Janine à « Constellation » (offert au nom de l’association deux disques Beethoven).
Vu Dr Vassal (Villar d’Arène), puis la cousine de Gatti (Police à Bamako, balle dans le ventre, brûlures, reconnu sur photo son fiancé mort en Indochine, retrouvé Danielle errant après démêlés Falaise Sestières).

25 mars 1952

Tél. Jeff. Vu Ascain, peintre ami de J.J. qui expose.
Soirée anniversaire Petrus (27 ans) avec les 3. Dîner chez Michel.  : On ne peut pas toujours dire merde… Saby : le bonheur, tendre vers le coma, une tartine de néant. Petrus entend une bouteille Thermos laisser échapper de l’air – pour Martenot.

26 mars 1952

Midi : Jeff – Prêté 2 000 F à Besson. Coup de force en Tunisie. 4 ministres arrêtés.
Apéritif chez Jeff (aquavit). Martin de Hauteclaire, lauréat du Prix Vérité, arrêté : son nom Couderc ; condamné à mort par contumace pour intelligence avec l’ennemi. Réclusion pour faux et usage de faux.

27 mars 1952

Reconduit par Fournel qui est condamné par les médecins (sclérose en plaque). Il en parle comme si c’était un autre.

28 mars 1952

Déjeuner chez Jeff avec Michèle, son frère et la mère de Jeff. Pour le Prix ce sera Gordey. Expo Ascain, galerie Mai (avec Dante et Hélène), puis dîner chez les Toussaint. Dante travaille 1ère partie « Oubli signal lapidé » pour festival de Berlin.

29 mars 1952

Chez le notaire, avec nos éternels co-échangistes.
Comité café du Croissant, Helsey, Téry, B. Derosse et Gillan.

30 mars 1952

A Puteaux, fait divers (une enfant de 10 ans asphyxiée dans la baignoire par sa mère). Beloyamio et trois autres communistes grecs fusillés ! Saloperie sans nom !

31 mars 1952

Enregistrement, 6 place des Martyrs. Gordey, Prix Cl. Bl.
Dante a remis le début à Petrus qui a tout changé… Dante furieux. Mais autre chose : coup de téléphone de Saby qui a vu Edouard Helman. Saby arrive. Bombe : Helman et Danielle se mettent ensemble !

1er avril 1952

Au nom de l’AFP, je téléphone à Mutterer que Félix Allouche, correspondant à Tunis, est arrêté ! Fargue, Bellanger, coup de téléphone au Quai, à Tunis, etc. Ce poisson dépasse mes espérances.
Gatti, retour de Beauvais, avec une épiphanie : la secrétaire du Parquet. Dîner avec lui chez Bernard. Discussion sur l’action à entreprendre.

2 avril 1952

Hier, Ed. Helman à l’air d’y renoncer, à D.
À 19 h, journal. La police a perquisitionné au journal (affaires Rebeyr, etc.) et chez Bellanger.

3 avril 1952

Avec Gatti et Saby, en Simca, à Beauvais (pour Assises et surtout Christ. Vassard, secrétaire du Parquet). Elle, pas là. Procès intéressant (Floriot défenseur – 2 types battus par les flics).

4 avril 1952

Pâturage océanique – les hommes des bières. Tu n’es pas un vagabond tant que tu n’as pas eu 5 métiers – la mer nourricière. Papier sur femme escroc. Gatti à Beauvais. Les 2 types acquittés – les suit. Reconduit Gatti – Vu Marchal.

5 avril 1952

Assemblée générale annuelle des G.R.F. 12 présents. Election de Penguelin, S. Simon et H . Parmelin. Mac Orlan présent. Après, chez Dante puis 9, rue Poulletier chez Janet Smith (party), puis chez Dris, rue Champollion, puis rentré, fatigué et dégoûté.

7 avril 1952 (lundi)

Téléphoné chez Zivi, pour achat de son appartement (il s’installe à St-Louis).
Gatti reçoit lettre posthume de Marcel Delrue, exécuté samedi matin. Il a envoyé à Christiane Vassart une statuette nègre et « Les Voix du silence » (Malraux).

9 avril 1952

Grand papier de Gatti au condamné à mort (repris par Paris Presse). Voyage à Oslo décidé – départ après-demain. Vu Rognoni.

11 avril 1952

Départ 8 h 10 : Anvers – Anvers 13 h 30 – à bord du Brabant 14 h – appareillage
17 h – passe 18 h 40 – mer d’huile.

12 avril 1952

Fais connaissance du seul Français du bord : le baron Yves de Kergalo, monarcho-fascisto-communo-anarchiste (30 ans – Saumur – légion étrangère – très riche – yachtman, etc.). Les Norvégiens ivres. Rencontré Kyel Bol, étudiant de français rentrant. Discussion politique entre lui, le baron et moi. Drôle.

13 avril 1952

18 h 30 : phare entrée du fjord. 11 h accostage. Dormi sur le bateau.

14 avril 1952

Journée bleue. Hôtel Viking. Oslo en long et en large, très germanique ; mais gens aimables. Téléphoné à l’ambassade de France. Pris contact pour demain. Radio et bible dans ma chambre (443). Traîné dans la ville, ce lundi de Pâques luthérien.

15 avril 1952

Ambassade – vu l’attaché culturel Padoux, le consul de Dianouse, l’attaché commercial. Déjeuné à 14 h chez Padoux – au café les Diananske. Demain Toüsberge.

16 avril 1952

(St. Fructueux – Moi !)
Revu Dianouse. Pars à Toüsberg par le train de 13 h. Attendu à la gare par le fils de l’armateur Sven Foyn Brunn. Dîné avec lui et sa secrétaire Kirsten Andersen. Avec elle dans la soirée, château de Toüsberg, musée – thé, etc. Hôtel Klubben.

17 avril 1952

Chez Foyn, puis « Anglo-Norse ».
Invité à déjeuner (ou dîner ?) à 17 h chez Sven Foyn, résidence d’Aker (lac, maison blanche ancienne, ferme modèle, étables, serres chaudes). A table, vins de Moselle, Porto. Le fils pêchant le brochet.
Au retour, rencontré journaliste italien, Rudi, que j’emmène au Klubben. Le soir, avec Kirsten au cabaret du Grand Hôtel.

18 avril 1952

A Sandefjord par le train. Visite du bateau-usine, d’un chasseur et d’une usine. Déjeuné à 15 h avec M. Seyester, directeur des ventes de l’usine « Sandar Fabbriken ». Rentré en voiture avec son amie. Visite au journal local (photos)

19 avril 1952

A 5 h samedi sur le Pelagos, avec l’Italien et le Norvégien. L’après-midi avec les jeunes filles du Klubben (Ase, Nina, etc.), puis 8 h 30 avec Kirsten au Sergent de Mer, cabaret. Un couple de gosses à la table. La fille, 16 ans, merveilleuse blonde Svanhild Klinge. Dommage. En rentrant, découvert un mort en smoking dans les W.C.

20 avril 1952

Train pour Oslo 14 h 31 après avoir erré du côté de Svanhild.

21 avril 1952

Ambassade – dicté papier jusqu’à 5 h – envoyé par avion avec photos. Pris contact avec le propriétaire de pêcheries de l’Ouest. Déjeuné, dîné sandwiches. Pluie.

22 avril 1952

Vu Kyell Boll chez lui. L’ai emmené voir Padoux à l’ambassade. Puis rien. Ecrit.

23 avril 1952

Ministère des A.E. (Sol Plasson), des pêcheries et de l’industrie – Baleine secret d’Etat – avec Kyell – A 5 h, à Vinderen, chez le Sebjörnsen (patron de pêcheries) – Les filles – le boy, Sten, très intéressant – Parlé des mers du Sud.

24 avril 1952

Photo de chasse.
Musée des Vikings et musée populaire de Bygdö. Sur le port après déjeuné, puis 8 h 30, à Gallerfsen chez Sten Lons à lire les sagas parmi les pins et les lumières du fjord. Rentré 23 h 15. Lettre de Svanhild et article de « Tonsberg Blocks » avec photo du reporter.

25 avril 1952

Vu Grimson-Provence, qui me prêtera son Leica. Envoyé télégramme à Kessel pour faire venir son beau-frère. Sur les quais du port (marchands de poisson, bateaux courriers, caboteurs), rencontré Kjöll – café chez lui – Livres de pêche.

26 avril 1952

Pris Leica chez Grimmprov (non sans précautions de sa part), puis à 16 h 30 à Gilleroser chez Sten Lons. Soleil, dunes.

27 avril 1952

Sur le port, soleil, valises. Départ Oestbahn 19 h.

28 avril 1952

11 h à travers le Sud. Arrivée 6 h. Bateau pour Molde, arrivée 8 h 15 – Breakfast. Coup de téléphone de Mme Sebyörsen – me souhaite bon travail ! Taxi 9 h 15 puis bateau « Kvalberg » (transport viande de baleine). Dans l’île à 11 h 45. Déjeuner, visite de l’usine puis du pays avec Carl Seby et sa fille. Embarqués sur le « Torgwy » appareillage à 23 h – Dormi.

29 avril 1952

Fausse alerte à la baleine à 5 h – trop petite pour être tirée. Beau temps, mais houle. Malade. Couché. Rien pris.

30 avril 1952

Un peu mieux. Ai mangé ! Beau temps, travaillé. Redescendons S.E.
Pas de baleine en vue. Le soir, chasse depuis 1/2 heure. Abandon à la tombée de la nuit. Tout le monde fatigué.

1er mai 1952

Baleine à 5 h – chasse – plusieurs souffles sur la mer. Chasse à 17 h – abandonnée à 22 h. Ecœuré.

2 mai 1952

Réveillé à 4 h. A 5 h 30, une baleine tuée (15 mètres, 30 tonnes). Ramené à 11 h 30 à Steinshavn. L’Italien et un autre étaient là – avec les filles Sebyörsen. Soirée avec les filles.

3 mai 1952

La tête sympathique du vieux Mathurin, Sinbad le marin. Blé, orge, choux, carottes, tomates.
Départ 11 h avec « Kvalberg » pour . 5 h de navigation. A 16 h 10, arrivée. Train 20 h 45. Promenade sur les hauteurs du fjord.

4 mai 1952

Un de ces livres qu’on peut très bien faire au cours d’un voyage. Cook dans les fjords de Norvège. Arrivée 7 h 15 – Viking 544.

5 mai 1952

Rendu appareil à Grimm. Accepte de me garantir à l’égard de l’office Bennet’s (retour payé en France). Bateau pour Copenhague jeudi.

6 mai 1952

Reçu papier de Paris (pour le 24 avril). Rendez-vous avec l’une des filles du Viking.
Dîné à 16 h 30 avec Sten chez les Sebyörsen, puis avec le père, la fille et un autre inconnu, en Buick à Holnes.

7 mai 1952

Vu Kyell Bol. Envoyé fleurs Sebyörsen, Billet agence. Travaillé : 2 articles. Visite du vieux S. à l’hôtel (pour détails techniques).

8 mai 1952

Promenade Ackershas avec Sten. Bateau « Kronprins Olav » pour Copenhague. Sur le quai : Sebyörsen et Kyell. 8 h 15 : Copenhague. 9 h 35 : express pour Bruxelles. 11 h : ferry Korsör-Nyborg. 15 h : Frederika. Hambourg-Brême-Cologne.

9 mai 1952

A Bruxelles, sans fric, 8 h 15. Samedi chez les Ebstein – personne, mais pris bain. Déjeuné avec cousins. Train 18 h 40 pour Paris (un wagon d’académiciens revenant de Belgique. Triste). Gare du Nord : 22 h 40.

10 mai 1952

Fait manger de la baleine à tous.
Le soir, chez Bernard avec Boulez, Gatti, Danielle et Patrick Waldberg (ancien surréaliste) et sa femme.

11 mai 1952

Evénements : dimanche de Pâques, Bernard, tête coincée dans l’ascenseur. 15 jours hôpital. Convalescent. 2) Nucléa : un désastre – 3) œuvre de Boulez dans le cadre « œuvre XXe siècle » Champs-Elysées, gros incidents – Gatti bondissant sur deux perturbatrices, etc., etc. De plus, Gatti inquiété par la police (dénoncé) et papier sur condamné à mort. « Structure » (piano Messiaen et Boulez).
Le rapport Fechteler déglingué par le Monde – fait du bruit.

12 mai 1952

Payé Bennett – Télégramme à Oslo. Vu Helsey.
Avec Dante, chez les Orano (lui, ulcères à la jambe, se fait radiographier demain).

13 mai 1952

Petrus, accablé de commandes, fatigué, débordé, yeux malades (festival de Berlin, Darmstadt, Hambourg, organisation d’un club d’essai, etc.).
Acheté caméra photo à Richou, Rolleicord 45 000.

14 mai 1952

Avancé 12 000 à Orano.
Projet pour appartement Asnières abandonné. Probablement celui d’au-dessus.

17 mai 1952

Enquête annoncée photo. Gatti déjeune à Clichy. Le conduit en voiture à Noisy-le-Sec chercher Stéphane, et les conduit Colonel-Bonnet. Rentré 7 h. Travail.

18 mai 1952

Elections sénatoriales. Bonne chose : Flandin battu. Travaillé enquête.

19 mai 1952

Papier paru.

20 mai 1952

Gatti me remet revue envoyée par Cage, Transformation (article Boulez). (La veille.)

21 mai 1952

Ecrit à Listard (parfumerie Molinard pour 70 kg d’ambre de S.)
Le soir, 9 h, avec Collin et Dante, salle de l’ancien conservatoire, concert de musique concrète (œuvre du XXe siècle). Boulez au programme. Peu de réactions sauf Gatti gueulant contre une femme qui rigolait pendant l’exécution d’un Messiaen. Ensuite, café avec Petrus et Dante. Petrus part samedi rejoindre à Bruxelles la troupe.

23 mai 1952

Barkey – Groussard, déjeuner chez Denys.
Vu Duraz (bijoux). Coup de téléphone de J.J. en visite. Dîner demain.

24 mai 1952

Chez les beaux-parents de J.J., rue du Chemin-Vert – Dîner.
Procès Rety. Question allemande (signature du traité). Corée mort. Manif. Communiste.

25 mai 1952

Arrestation d’André Stil, rédacteur en chef de l’Humanité (histoire Ridgway – le général microbien nommé en Europe). Entreprise de niaisification.

26 mai 1952

Vu Fatima, conquête de Dante. Dernier papier à faire. Vu Rachel Cheigam en quête de travail (lui colle un rendez-vous avec Collin).

27 mai 1952

Fin de l’enquête Baleine.
Kateb fournit fille sur fille à Dante, sur le flanc. Soirée chez Geissmann (on tentait d’apparier les fourrures André Brens et la margarine Excel) – Rentré 1 h.

28 mai 1952

Place de la République fermée. Bagarres Ridgway. 718 arrestations, 220 gars blessés, 1 tué manifestant. D’autres blessés à balle. Avec Bardin et Béal (chauffeur), pris dans l’échauffourée, rue de la Banque ; coups de mitraillettes, blessé, etc. Téléphone Gatti. Bal à Versailles pendant ce temps-là !

29 mai 1952

L’Huma, Libération, Le Soir saisis. Grands titres partout.
Procès Hayange : en référé la démolition que Mangin voulait commencer le 1er juin est suspendue.
Dîner Labarthe (Janine et Mme Lecoutre). Proposition d’entrer à Constellation.
Duclos inculpé avec A. Stil d’attentat à la sûreté de l’Etat.

30 mai 1952

Lacroix, La Bernerie-en-Retz (Loire-Inférieure).

31 mai 1952

Gatti déjeune chez nous. À Noisy en voiture chercher Stéphane. Retour à l’Isle. Marchal, Sévry, Buffet, Leleu.
Brune, ministre de l’Intérieur, fait autopsier les deux pigeons trouvés dans la voiture de Duclos. 4 spécialistes nommés. Les pigeons à la morgue.

2 juin 1952

Avec Petrus et Dante, en voiture en Ile-de-France. Déjeuner à Jouy-en-Josas, retour par Rambouillet. Sifflé, arrêté, marche sur trottoir, etc.
Le soir, avec Dante, vu « Jeux interdits ».

3 juin 1952

« Who loves not puppets is not fit to love », Byron.

4 juin 1952

11 h partis pour Lille avec Corvo et Lamour (disparition d’une fillette de 4 ans ½ à Phalempin) – Arrivée 16 h. Papier signé Jacques Marestet (dans les bois, la nuit, avec Séruzier et les provinciaux autour de la ferme Heurtebise chaude réception des gendarmes surpris !).

6 juin 1952

Retour à Paris entre 17 h 30 et 20 h 30. Journal. Gatti parti en vacances avec Bernard et Bonnardot.

7 juin 1952

« Les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais » (V. Hugo).

9 juin 1952

Tél. ministère de la Marine pour Terre-Neuve.

10 juin 1952

Ministère de la Marine pour Terre-Neuvas.

11 juin 1952

Déjeuner midi chez Petrus, retour de Zurich. Après, dans les squares et sur les quais.

13 juin 1952

Gatti rentré de Millau, Carcassonne (course de toros). Apéritif chez Robespierre avec Decaunes, Catherine Audouard, Marchal, etc. Tout le monde saoul. Dante devenu toro et les autres matadors. Cherché Danielle avenue Matignon, puis la laisse avec Toussaint. Quitté quai à 23 h. Dante au lit.

14 juin 1952

9 h : messe Armorin – peu de monde. Puis, avec Dante chez Petrus.

15 juin 1952

Avec Petrus, à Gif, chez Mme Barkay.

16 juin 1952

Avec Gil et maman, départ pour Hayange. Arrivée 14 h.

17 juin 1952

Braderie. Moi à la caisse. 350 M

18 juin 1952

2e jour braderie. 200. Dîner chez Michel. Rédigé lettre à faire signer par les commerçants juifs contre les antisémites du syndicat des Commerçants de Hayange.

19 juin 1952

Campagne pour la lettre avec André Denis. Querelles intestines ! Jules Levi, le permanent, refuse de signer. Marx signe, Michel aussi. Le soir, chez Baby.

20 juin 1952

Retour à 15 h 30 à Paris. Journal.

21 juin 1952

Vu Petrus 17 h (Darmstadt le 19 juillet). Dubois lui a proposé un concert à Metz qu’il a refusé : trop tôt, dit-il.

23 juin 1952

Ecrit à Wang. Vu Dante (par Petrus, il a eu un contact avec Serreau du théâtre de Babylone pour sa pièce).

24 juin 1952

Train pour Lyon (inauguration de la ligne électrifiée). Vu J.J. Retour 23 h.

25 juin 1952

À la suite du Prix FJA, visite au PL de Helsey, Sevry, Labarthe, qui me nomment secrétaire général.

26 juin 1952

Tour de France et soucoupes volantes, Corée ensuite. 1ère contredanse.

27 juin 1952

Avec Bernard, à Clamart, cherché Stéphane. Coup de téléphone de Freddy, revenu en surface.

28 juin 1952

Notaire. Signature achat de l’appartement du dessus.
Mariage de la fille de Pol Nemarq.

29 juin 1952

Avec Dante, Danielle et le Stéphane, dîné chez Michel puis ballade au Bois. Chaleur.

30 juin 1952

Match Humez-Tony Janiro. Arrêt 5e – Janiro abruti, garde baissée, un punching ball.

Notes : Tu dors / Reine Viking dans ton linceul de bois / Mais quel emmerdement d’être Joffroy / par 60° Nord.

1er juillet 1952

Le soir, chez Gatti, avec Michaux et Petrus et Bernard. Les soucoupes volantes (on y croit). Retour 1 h.

2 juillet 1952

10-12 h. Départ avec Trecourt, Yves Bardin et Manguiez pour Le Croisic (navigateur solitaire Le Tourmelin de retour). Arrivée 21 h.

3 juillet 1952

Famille Le Tourmelin, le père abusif réclame 3 000 F pour donner une photo, songe à faire fabriquer des cartes postales.
A la pêche sur l’estacade : pris un poisson. D’ailleurs pluie.

4 juillet 1952

Orages. Papier paru.

5 juillet 1952

Organisé réception Le Tourmelin (banderolles, pétards, etc). Le soir, dîné à l’Océan (la vieille anglaise qui jouait au poker : 75 ans).

6 juillet 1952

Régate des Émetteurs français. Toujours pas là ! Manguiez, engagé par moi dans le gymkana local, le gagnant par supercherie. Vu Mme X et Mme Melville à l’hôtel Manon ensuite. Mme X… très bien.

7 juillet 1952

Réveil à 5 h. Embarqués sur « La Coquette des mers » 9h 30, avec Lemay, Roldes, Trécourt, Blanchard. Le mal de mer fait des ravages y compris sur moi. Mer démontée : 5 m de creux. Retour 15 h et re-départ (moins les éléments éprouvés : Lemay et Trécourt). Trouvé le « Kurun » à 10 milles vers 16 h 30. Escorte, pétard, foule, acclamations, etc., etc. les deux dames. Vu Sevry arrivé trop tard.

8 juillet 1952

Retour Paris 10 h 30. Arrêt Angers à la brune maison. Paris 20 h. Vu Gatti (Michaux lui a dit qu’il me trouvait « sympathique »).

10 juillet 1952

Terre-Neuve se présente mal. On verra demain.

12 juillet 1952

Vu Petrus, en plein travail : oubli, signal lapidé (séquences) pour Darmstadt.

14 juillet 1952

Papier sur Maufrais dont le père s’embarque pour Cayenne. (houba-houba).

16 juillet 1952

Vu Darbois, retour de Guyane. Coup de téléphone de Groussard qui tient à son expédition n’importe où, n’importe quand. Vu Fargue : Bellanger hostile à la morue ! Fargue me demande de choisir autre chose.

17 juillet 1952

Vu Darbois, Mazière, Ivanov au journal. Photo – papier. Le père Maufrais au bar.

18 juillet 1952

Vu Groussard. Fixé, après ses folies, sur l’Amérique du Sud.

20 juillet 1952

Jeux olympiques.

21 juillet 1952

Au journal, refus du reportage sur l’or. Vu Labarthe et Marthe (soit l’or, soit l’uranium à Madagascar).
Démissions en Egypte et en Iran (émeutes).

22 juillet 1952

G. de Caunes, 11 place Saintes-Scarbes, Toulouse.

23 juillet 1952

Affaire conclue avec Labarthe. Vu de Caunes qui cherche à partir.

24 juillet 1952

La radio refuse de Caunes. Labarthe conclut pour l’avion. Vu les Orano : été les déménager avec Dante (elle, pas normale, je crois…).

25 juillet 1952

Vu Rognoni à qui j’ai proposé l’or. Il cherche.

26 juillet 1952

Bernardin, dentiste, rue du Vieux-Colombier. Vu Viel-Lamare.
Avec les 3, chez Michel. Farouk a abdiqué.

27 juillet 1952

Eva Peron morte.

28 juillet 1952

Vu les Orano (fausses ordonnances). Envoyé lettre au préfet.

31 juillet 1952

Avec Dante, vu « Nous sommes tous des assassins ». Bon.

1er août 1952

Surplus achats. Vu Gambin pour De Caunes – Des promesses.

2 août 1952

Cherché Stéphane à Noisy-le-Sec avec Bernard – Promenade à Courtry.
Télégramme à de Caunes. Morio (J. Martin Chauffier) à la porte du P.L.

3 août 1952

Avec les Gatti, chez Michel, puis au Bois.

4 août 1952

De Caunes rentré – a vu Gambin ). Çà marche.

5 août 1952

Air France, billet.
Parents partis à Aurillac à 13 h
Vu avec Dante « Deux sous d’espoir ». Bon.

6 août 1952

Billet Pan Air. Variole.

7 août 1952

Vu Rognoni. Achats chaussures Palladium, lexique, photo, etc.

8 août 1952

Ambassade Brésil, mais photos pas bonnes. Revenir.

9 août 1952

Lettre de Vignon – tout va.
L’horrible putain du Bd Haussmann : robe verte, chapeau blanc, la face écaillée, coulante comme un fromage en été.

11 août 1952

Avec Dante « Million dollars legs ».

14 août 1952

Chez les Toussaint avec la bande et de Caunes. Départ Constellation AF 22 h 30. Shannon minuit local .

15 août 1952

New York 11 h 30 (heure New York). Trois heures d’attente stupide, puis en car à travers la ville et hôtel Bedford (prisonniers sur parole). Altercation avec 1 serveur insolent à l’égard des créoles du voyage. Départ N.Y. 21 h. Vu Paule, la fille de Delépine, fonctionnaire de Guyane.

16 août 1952

Aérodrome du Lamentin, Fort-de-France 5 h, hôtel du Vieux Moulin. (Revu Massel).

17 août 1952

Vieux Moulin. Vu la fille de Delépine en voiture.

18 août 1952

Cauchemar (Gatti criant : la confirmation du rêve !). Parti après corrida. Taxi pour l’aérodrome, avion Corvair pour Trinidad 15 h. Arrivée 14 h 15. Hôtel Normandie. Rencontré Marsan de l’imprimerie guyanaise et un inspecteur des eaux et forêts.

19 août 1952

La journée avec de Caunes et Rocher (des E. et F.). Hôtel de Paris le soir, la fille.

20 août 1952

Nouvelle course taxi pour l’avion DC4 Panair. Vu Vignon, retour de St-Domingue. Escale à Georgetown vers 16 h. Départ et retour à Georgetown, un moteur cale. Attente (les Chinois, le gosse insupportable, les affiches, les souvenirs, les parapluies), puis en route pour la ville à 70 Km (des gens en perme, un mioche la nuit, qui pleure), orage fantastique.

21 août 1952

Cayenne 14 h. Vu Billard et bien d’autres : Cougnoret, César, Vaudé devenu restaurateur. Chez Ziwès – architecte – au Bourda le soir.

22 août 1952

Avec Ziwès, Billard, Scotti architecte en ballade le soir. Le soir, vu De Amorin consul du Brésil. Départ Maegra demain. Incident avec De Caunes – à régler.

23 août 1952

Avion militaire Dakota. San Antonio, Macapa – Insupportable gouverneur. Maison Gerbault, le Français. Baron de Rio-Aranco.

24 août 1952

Visite de l’hôpital, etc. Fortalza : coup de canon dont un dans l’Amazone.

25 août 1952

Fête du soldat. Revue avec le gouverneur. Entretien au Palais après-midi, je donne le coup d’envoi d’un match de football (tir à la carabine).

26 août 1952

Visite Fazendinha – ligne de l’Equateur – maison de Caboclo. Vu commerçants établis sur le Yary. Acheté une pépite de 10 g = 400 cruz. Nos accompagnateurs officiels : Kepler Mota et Laure Chavez (gouv. et enseignante de français). + Maja leader des étudiants du lycée.

27 août 1952

Visite à la scierie de l’illustre señhor Jose Contreiras, qui parle français. Ile San Anas sur l’Amazone. Jeep, puis bateau. Déjeuner avec lui. Interview par Kepler Mota et Chavez pour le journal d’Amapa. Questions étourdissantes : Ai-je l’intention d’entrer à l’Académie française ? Au retour, visite aux Caboclos.

28 août 1952

Réglé dans la nuit l’affaire avec de Caunes – puis fait papier sur l’or (les écoliers dehors répètent la Marseillaise). Avion pour Belem à 15 h. Arrivée à 18 h. Grand Hôtel ! Vu consul de France Baroso Rebelo = Maufrais père à Belem.
Restés pour dîner.

29 août 1952

Chez le consul, vu Maufrais père en route pour Macapa et le Yari. L’ai dissuadé du voyage, mais… Achat complet « tropical ». Le port, change d’argent chez le barbosa. Le soir chez le journaliste Muchado Cœlho, un intelligent bonhomme d’ailleurs en froid avec le consul.

30 août 1952

Avec Muchado au musée Goedi – zoo, terres cuites de Marajo, etc. 2 allemands, 1 ethnologue (Hilbert) et un « papillologue ».
Incendie à la Folha do Norte, le plus grand journal du Para. Bal franco-brésilien (Melle France : nous sommes du jury) le tour d’un bête ! d’un triste !

31 août 1952

Avec la fille et ses parents à l’église, au zoo. Le soir chez Machado où se trouvait un autre journaliste belemiste.

1er septembre 1952

Avec Muchado au marché (De Caunes à la procession fluviale), puis chez Paul Lecointe, français depuis 62 ans dans l’Amazonie (place de la Trinité). Muchado me donne un exemplaire dédicacé de sa traduction de quelques poèmes de Verlaine. Avec De Caunes, chez Federico Barata, directeur des Diaris Associades : collection de tableaux et de terres cuites des Indiens du Tapayos (don d’une tête de chien). Retour à l’hôtel, carte d’un Pr. Bourdon, de Toulouse, de passage à Belem.

2 septembre 1952

Impossible de partir voir les Cayapos. Le soir, avec le Bourdon, été au « Condor », mangé le « Porto no Tucupi ». Puis au ciné, film américain de propagande.

3 septembre 1952

Macumba à l’eau. Revu Lecointe à qui j’ai donné son livre « O estato de «  à signer. Le soir, vu J.L. Bost, écrivain, envoyé par les éditions Nagel pour faire un guide du Brésil.

4 septembre 1952

Vu Lecointe. Service indien (émission radio vers le Rio Xingu). Acheté deux disques de bacao. Soirée chez Machado.

5 septembre 1952

Achats. Adieux à Lecointe, Machado.

6 septembre 1952

Avion militaire 5 h 30 – Macapa 6 h 45. Maufrais à l’aéroport décidé à partir avec deux « types » (Corse et ?). Le gouverneur Janary est là à l’hôtel Macapa. Vu Gerbaud, Chavez, Maria. Le soir, les deux aventuriers (le légionnaire hongrois et le corse dynamiteur).

7 septembre 1952

Canon – mousquetade. Fête nationale. Revue à la forteresse puis déjeuner avec la famille Contreiras : vin du Portugal, champagne du Brésil, cigares, etc. Fini de boire à 5-6 h. Le père Maufrais sonné ! Ensuite, avec Gerbault et Laszlo, échecs.

8 septembre 1952

Grippé. Chez le Libanais Selim (« la Baratera »), le fakir qui dit « El Morito ! » (sur la photo d’E. Maufrais). Travail.

9 septembre 1952

De plus en plus grippé. Fini mon papier. Chez Selim, achat moustiquaire, etc. Conversation le soir avec le père Maufrais : « Ma femme vous en a voulu… mais quoi, elle et vous, moi et vous, nous ne parlons pas le même langage ».

10 septembre 1952

Maufrais parti à Belém avec le Ju 88 pour son fusil et son revolver.

11 septembre 1952

Journée Selim – envoyé lettre P.L., Labarthe, Clichy.
Vu Melo, directeur du journal Amapa : il y a beaucoup de journalistes de Rio qui viennent pour Maufrais.

12 septembre 1952

Vu, chez Chavez, le carnet de R. Maufrais « Qui ose, gagne ». Maufrais resté à Belém. Journaliste brésilien, José Montenegro (a pris des photos). Chez Selim, rédigé discours pour le préfet « Le respect mutuel est le gage de ce contrat mutuellement consenti ». (Vive la France ! Vive le Brésil !)

13 septembre 1952

Cocktail avec ? à l’hôtel. Dîner chez le gouverneur avec les députés et les généraux. Bal à la Cortaleza. Maufrais à Belem, toujours retenu.

14 septembre 1952

Maufrais revenu. Mis Maufrais en contact avec Vignon.
Décoration sur le stade, après natation. Le soir à la forteresse.
Arrivée, avec M., d’un ancien d’Indochine, M. Vandevelde.

15 septembre 1952

Avec Maufrais, Decaunes, Max Petit, Le Prado, Vandevelde et Georges Gerbaud, chez Vignon. V., de nouveau, prévient Maufrais. Zéro.
Travaillé papier – Bal – Pas dormi.

16 septembre 1952

Envoyé papier par avion présidentiel. De l’agitation dans l’équipe : Corse, Hongrois et barbu ne veulent plus de Brésiliens. Le journal brésilien fait des manigances. Le barbu a menti plusieurs fois dans son récit.

17 septembre 1952

A l’équateur, photos.

18 septembre 1952

Coup de théâtre à 15 h 30, le gouverneur refuse la mission officielle. Maufrais persévère. Atmosphère de drame. Radio le matin.

19 septembre 1952

À la radio, petit speech sur l’affaire M. Confession du « pilosus superbus » qui n’est pas, dit-il, journaliste, qui n’a que des intentions pures (littérature, etc.). Puis interception lettre de Rio. Le soir, tous au b. par d’invraisemblables sentiers, passerelles, etc. La chambre de « Pilosus » fermée à clé. Volets verrouillés.

20 septembre 1952

Petit et Le Prado partis pour Rio. Les lascars font danser l’anse du panier. Musique, bal, le soir. Election de Miss Macapa. Montenegro parti pour Rio. Départ mardi.

21 septembre 1952

M. de plus en plus nerveux. Tapé papier Indiens pour « Constellation ». Explications avec le Pilosus ; la querelle vidée en présence de M., Gerbault, De Caunes.

22 septembre 1952

Fini papiers – expédié. Ecrit papier à envoyer de Santana. Achat de vivres pour nous. Le père Maufrais obligé de régler sa note d’hôtel. Dans un état indescriptible : dîner chez Marco Zéro. Discussion entre M. et Laszlo sur les « dépôts » en avant et en arrière. M. me dit : « S’il y en a un qui bronche, je le descends. S’ils m’abandonnent, ils ne reviendront pas ».

23 septembre 1952

Départ 4 h, pirogue Yary (M. perd ses lunettes).

24 septembre 1952

5 h 45, départ. 8 h 15, Casa Potocka. 18 h : enlisé près d’Arman. 19 h 45 : Arrucaus.

25 septembre 1952

7 h 45, départ – 10 h 45 Jaribondre – 16 h halte à Puga dindas (l’institutrice et le nain).

28 septembre 1952

Arrivée Sapatuo et des créoles de Ste-Lucie (par l’Arroyo). Vu, avec Santamaria, les demoiselles de Pacanare (R.V. pris pour la veille, mais arrivé trop tard). Remorqué par canot Sapatino au retour.

29 septembre 1952

Avec Santamaria en pirogue, 12 h 30, vers Pacanare. Les filles ont la fièvre. Retour 18 h après pluie torrentielle, le canot faisant eau, etc.

30 septembre 1952

Départ. Maufrais barbu vient nous saluer.

1er octobre 1952

6 h 30 départ. 16 h à Casa Potocko (tempête sur l’Amazone – sommes trempés jusqu’à l’os).

12 octobre 1952

Arrivée Paris 14 h 30. Vu Marchal à l’hôtel. Tout le monde au courant de ma « chute » ? Froid.

13 octobre 1952

Vu Gatti hôtel. Téléphoné à Janine. Rien de neuf. Fournel mourant, dit-on. Vu Corvol : du Larquier et du Fargue sous le sabotage de l’histoire.
Vu Mme Lecoutre. Tout O.K.

14 octobre 1952

Coup de téléphone de Darbois (Dr Billard en France). Coup de téléphone de M.B. qui me demande 10 000 pour une opération (son fils malade). R.V. officiel à 11 h 30, jeudi. Donné à M.B.

16 octobre 1952

Vu, avec Gatti, Bedel (CGT) à 6 h 40. Entrevue avec Bellanger, Fargue, Desjardins. Ignoble : revenu écœuré. Dîné chez Diwo à la résidence.

17 octobre 1952

Téléphoné à Kessel. Vu Bedel à Libération pour le dossier à constituer. Au journal, une pétition circule.

18 octobre 1952

Vu Kessel (avec Julliard) chez Alexandre, en face du Fouquet’s. F.S. plein, mais je peux y faire des reportages. Dîné avec Divès et sa femme.

19 octobre 1952

Fait 2 papiers.

20 octobre 1952

Lettre à Petit (F. de France). Coup de téléphone de Poldès qui veut me faire parler au Faubourg (je l’envoie à Fargue). M. a écrit à Muttierez (lettre à produire). Vu à la commission des litiges Stibbe, Viguier (et Chalais qui y était pour autre chose). La cause est bonne, me dit-on. La délégation syndicale convoquée (Youvanovitch, Fonsèque, Marzet absent). On me propose 4 mois d’indemnités.

21 octobre 1952

Eté demander installation téléphone. Au journal, mon remplaçant Pichon est là.
Repris la voiture repeinte et décabossée (90 000 F).

22 octobre 1952

Téléphone de de Caunes. Fait taper 2 papiers par Janine. Vu Daninos à F.S., d’accord en principe. Adieux au journal au bar. Tout le monde est là.
Le soir, à la télévision pour les films de de Caunes, mais panne.

23 octobre 1952

Emporté affaires. Vu Labarthe à 19 h. D’accord pour F.S.

24 octobre 1952

Touché 80 000 F (septembre et mois double). Fargue dit : « Je n’oublierai pas ceux qui ont été au bar » (un mouchard lui avait fourni la liste). Prèche téléphone à André : M. W. est « indésirable » au bar. Vu les ouvriers, consolations. Avec Dante et Danielle, ciné « Umberto D » et dîné chez Michel. Dante : « Tu es un frère ! »

25 octobre 1952

Ecrit à Billard. Vu Fournel encore malade. Fait taper lettres.

27 octobre 1952

Huissier 11 h. Téléph. Dominique X. Fait afficher lettre aux rédactions au marbre. Envoyé lettre recommandée sur « dossier » et solde de tout compte.
Avec Dante, chez Souvt . puis chez Bernard. Payé reliquat de l’appartement à Mme Gauthier.

28 octobre 1952

Travaillé. Fait porter fleurs à Escuret, Grenet, Jacq. Michel et Jac. Jeanquartier.
Appartement libre.

29 octobre 1952

Reçu lettre de Escuret et Grenet.
Couru peintres, menuisiers, plombiers, hygiène. Vu M.B. place Clichy.
Gatti raconte que la lettre a fait drame : Fargue fou furieux, arrachant les papiers : « Me faire çà ! » les fleurs aussi.
Mangé faisan à la vodka chez les Souvt. qui parle de ceux qu’il a connus : Maïakovski, Pasternak, Gorki, Toukhatchevski, Stravinsky, Joyce, etc. Curieux personnage.

30 octobre 1952

Lettre de Billard – Invitation à déjeuner du père Foulon.

31 octobre 1952

Lettre de J. Michel.

1er novembre 1952

Gatti à déjeuner. Cherché Stéphane à Noisy – Vu Caillaud. Le soir, avec Marchal, Audouard, etc. Gatti : grande agitation au P.L.
Bellanger a convoqué les délégués syndicaux : Il n’y a pas de « dossier ». Signature de Gatti seule.

3 novembre 1952

Reçu lettre recommandée de Bellanger niant le dossier – et s’étonnant de mon ton.
Déjeuné avec Foulon et de Caunes (jury du prix Armorin) – Téléphoné à Yoyo et à Riels qui confirment le potin fait au P.L. – Lettre peu encourageante de Garçon.

4 novembre 1952

Papiers chez Janine. Vu Stibbe.

5 novembre 1952

Envoyé lettre à Garçon – Eisenhower élu.

6 novembre 1952

BHV pour penderie (49 000) – Téléphoné à Daninos.

7 novembre 1952

La Giétand qui devait prendre le poème de Dante dans « Botteghe Osane » envoie une lettre de refus – lamentable explication sur la « modernité ».
Téléphone de Groussard – part pour l’Allemagne dimanche.
Avec Dante et Danielle, au Rex « Limelight » (Chaplin). Pas convaincu. Gatti : Ils m’ont fait sauter mon papier de Reims ; Fargue, le prenant, le déchire : Voilà ce que je fais des papiers de gens qui ont beaucoup de talent comme mon ami Weil !

8 novembre 1952

Porté enquête à Janine, rue Montmartre. Gatti, déjeuner à Clichy. Puis cherché le gosse. Le soir, dîner, avec Dante et Hesperus, quai d’Anjou.

9 novembre 1952

Vu Grenet à qui j’ai lu la lettre à Bellanger.

10 novembre 1952

Vu Dante et Collin (liquidé avec tout le monde de « Semaine de France », sabordé par Bloch Dassault qui prend Paris Presse).
Vu de Caunes (qui a reçu une lettre du père Vandevelde). Envoyé lettre à Bellanger. Vu Stibbe qui me donne ses Malgaches à lire.

11 novembre 1952

Vu Marchal.

12 novembre 1952

Avec de Caunes, émission Radio-Lausanne (rue François 1er) – Maufrais, puis Carrière pour Détective.

13 novembre 1952

Porté papiers à F. Soir. Vu Carrière, Larrique, Montaron, Séruzier, etc. Affaire conclue avec Détective. Vu Stibbe, rendu ses Malgaches.

14 novembre 1952

Sombre nuit. Pensé à Cl.

15 novembre 1952

Déjeuner chez Marchal, puis Noisy.
Grands reporters, café de Flore (Labarthe, Heley, Daujon, Coquet) – mon cas.
Dîner Carrière – Janine. Rentré 1 h.

17 novembre 1952

Commencé à « Détective » à 9 h 30. Dîner Bresson (avec les Girardo).

18 novembre 1952

Envoyé avec photographe Hewagault à Lille (affaire Galmant, convoyeur postal assassiné il y a 20 mois)) à Lille, 16 h 30. Rien à faire.
Eluard mort. Neige commençante.

19 novembre 1952

Rentré autorail 8 h 45. Neige à Paris (30 cm). Vu avec Bresson, Icard, de F.S. qui va appuyer. Vu Audouard.

20 novembre 1952

Vu Billard. Dîné au Vicomte avec lui et Dante. Projeté de le raccompagner chez lui à Villeneuve – mais, av. de la Reine : accident. La voiture saute sur les bornes lumineuses – les pneus crevés, les freins démantibulés.

21 novembre 1952

Dépression, fatigue.

22 novembre 1952

Détective. Le soir, accrochage avec le directeur général Beyler, un pète-sec.

24 novembre 1952

Téléphone installé. PER 77-07
Téléphone Labarthe pour appuyer lettre à F.S. (Lazareff). Confirme à Beyler mon engagement à « Détective ». Le soir, dîner avec Dante et Collin, Murrioux (du bureau Bergé), veut faire une enquête en Algérie.

25 novembre 1952

Genou malade. Téléphone de Billard. Parti pour Lyon (deux Grecs assassinés).

26 novembre 1952

Enquête Pont-de-Cheruy.

27 novembre 1952

Funérailles des Grecs au quartier du Réveil. Vu Marie l’Arménienne.

28 novembre 1952

Rentré Train 13 h 55 à Lyon – Paris 19 h 30. Lettre de Dominique.

29 novembre 1952

Téléphone Gombault. R.V. 13 h 30.
Vu G. Un poste rewriter « F.S. mal écrit. Pas mal de candidats. Voulez-vous le faire ? » Réponse bientôt. (Affaire Fath, retenu à Ellis Island).
Vu Collin au café. Gatti vient me prendre pour aller au congrès des journalistes CGT rue Lafayette. Retour minuit.

30 novembre 1952

Grippe au lit.

1er décembre 1952

Téléphone Kessel revenu de Sicile.

2 décembre 1952

Au commissariat de Boulogne, déposition (autre accident après moi le feu ne fonctionnait plus – attaque la municipalité de Boulogne, risque de se retourner contre moi).
Avec Dante et de Caunes à Villennes chez Billard (Gisèle, sa sœur, la fille de la villa (jolie) et 2 gars). Film en couleurs sur les Indiens. Rentré 2 heures du matin.

3 décembre 1952

Téléphone Kessel – à Villeneuve-le-Roi pour D. Arrestation des assassins de Charvin (rattrapés in extremis par téléphone).

4 décembre 1952

Arrestation du tueur Portail dans un bateau sur la Seine, à l’Intérieur Brune félicite les flics. Dîné avec Dante.

5 décembre 1952

Match : article de de Caunes, malgré promesse.

6 décembre 1952

Papier sur le mérite civique.
À Neuilly, chez ces dames qui m’offrent une émission à faire sur le Brésil – À voir. À pied, retour, avec la hantise du S.

7 décembre 1952

Vu au « Club antillais » Rognoni (son livre sur la Guyane, des émissions radio). Vu Marchal, lui ai dit l’histoire de Caunes. Remis ma lettre. Monté chez Huguette – bavardages. Coup de téléphone de Bernard – un tableau prêt pour moi.

8 décembre 1952

Emeutes à Casa 50 morts (consécutif à l’assassinat du Tunisien Ferhat Hadel, chef de l’UGTT), ONU discute du problème tunisien.
Dante corrige bouquin Souvt. sur la musique russe.

9 décembre 1952

Téléphone Jeff qui a téléphoné à Gombault : l’affaire se décidera à la fin du mois.
Parti pour Roche-la-Morlière, près de St-Etienne ; vu gosse de 15 ans sauvé deux bébés des flammes. Dormi à St-Etienne, soirée au Rison, puis au Trianon : l’entraîneuse blonde…

10 décembre 1952

Reportage Roche – St-Etienne. Retour Lyon 22 h. Au Progrès avec Serruyer, J.J., Butheau, puis John’s…

11 décembre 1952

Couché 5 h. Train 9 h – Paris 14 h. Malade le soir – vomi (indigestion)

12 décembre 1952

Couché – travaillé papier. Le soir, avec Dante et Danielle dîné chez Michel et ciné : « Histoire de détective ». « 3 flics au P.L. », me dit Gatti.

13 décembre 1952

Détective l’aprèms – Puis grands reporters chez Denys de P. (Hébey, Le Fèvre, Cl. Roy, Parmelin, Téry, Hyb, Blanchet…). Cl. Roy me donne des nouvelles de Wang (autocritique familiale). Hébey a vu Palau, président de la commission paritaire de la presse et lui a expliqué l’affaire. Manceau a confié à Hyb le soin de contacter Bellanger (ou Bellamy) pour lui racheter actions du Courrier d’Angers.

15 décembre 1952

Avec Gatti : Noctambules « Dona Rosita » de F.G. Lorca avec Sylvia Montfort. Vu Médina, Francis Caillaud, Auclair, Ponge… Le soir, discussion entre Médina et Gatti sur le théâtre : projet d’Albert Grand théâtre populaire avec l’Orestie.

16 décembre 1952

Refait papier sur Guyane.

17 décembre 1952

Parti 21 h 20 pour Moulins et Montceau-les-Mines. Avant, passé rue Quentin-Bauchard : remis enquête Maufrais pour Jeff.

18 décembre 1952

Moulins 2 h 20. Hôtel -Autorail 7 h 49 – Montceau 9 h 20. 13 h : aéroport St-Yor (jeune fille 21 ans, Reine Lacour, visite, etc.).

19 décembre 1952

Départ pour St-Etienne. Train de bois, 3e classe. Hôtel de F. Dancing.

20 décembre 1952

La Tallandière. Descendu mine Fay charbon 11 h avec l’ingénieur Pavet pour l’école de fond (les gosses du centre d’apprentissage). Train Lyon 18 h 15.

21 décembre 1952

9 h train Paris. « Il n’y aura pas de délai ou il n’y aura plus de Pinay » (Pinay in Paris Presse, 21 déc. 52). Paris 13 h 30. Téléphone Bernard et Billard (affaire de Caunes).

22 décembre 1952

Réparation voiture payée. 22 700.
Déjeuner avec les Billard et Ziwès. Avenue de l’Opéra, collision voiture : l’aile gauche enfoncée ; constat. Dans Paris-Presse, Maufrais arrivé à Maripasoula.

23 décembre 1952

Le Champollion échoué. Dîner avec Dante, Vicomte. Envoyé lettre à Wang.

24 décembre 1952

« Ah ! Monsieur, les voyageurs communiquent surtout la syphilis ». 17 oct. 1901. (Sur l’automobile, M. Barrès)
Vu Collin, en baisse de forme (papiers çà et là : Radar, Illustration) – rue de Nesles, porté avec Dante, chez les Orano une caisse de provisions (4 500). Elle pleure, lui : « quand on est habitué à recevoir des coups de pied… »
Réveillon chez les Marchal avec les Leleu, Dante, les Lulu, de Caunes. Froideur.

25 décembre 1952

Rentré 5 h après avoir rencontré, à St-Germain, Le Gall et sa fiancée.
Le soir, Vicomte avec les Gatti, Bernard. Puis, chez Bernard, cherché le tableau.

26 décembre 1952

Téléphoné à Lyon à J.J. pour le papier Maufrais.

27 décembre 1952

Gatti déjeune à Clichy, puis Noisy-le-Sec. Retour quai d’Anjou. De Caunes a laissé 8 000 F de l’émission suisse pour moi chez Marchal. Je les renvoie.

29 décembre 1952

Gatti me dit d’inviter Mireille d’Hellèmes. Gatti – Auclair.

30 décembre 1952

Kessel « Ça ne marche pas pour F.S. ». Vu le soir chez Gustave. Amitié consolatrice.