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1977

Pierre Joffroy était son nom de plume. Maurice Weil celui de l’etat civil.
Né en 1922 À Hayange en Moselle, il monte à Paris en 1945 après être passé par Lyon où il s’était réfugié en 1941, rejoint plus tard par son frère Gilbert .
Entré au Parisien Libéré dès son arrivée dans la capitale il réalise un de ses premiers reportages en s’embarquant sur un « rafiot » chargé de juifs européens  rescapés des massacres nazis.

Ici commence l’histoire des carnets dont certains disparaissent à l’occasion de ce voyage en terre de Palestine en 1947.
Il s’agit d’un petit agenda (un par trimestre) sur lequel il note rendez-vous, rencontres, conversations téléphoniques, lectures, sorties, projets et ceux de ses amis.
Le format n’autorise pas le développement comme encore moins les épanchements (même si on trouve quelques cris du cœur).
Ces carnets pourraient être (sont) comme une gigantesque table des matières d’un livre à venir, un vaste index qui renvoie à autant de pages qui ne sont pas encore écrites.
Au commencement était le verbe. Reste à trouver la suite.
À vous de lire ce projet de « livre total ».
À vous de nous donner des informations complémentaires que la lecture de ces 20 premières années (1947-1968) vous inspire.
La suite, 1968-1980, puis 1980-2000, paraîtra dans le courant de l’année 2021.
Les carnets n’avaient jamais été lus, ni déchiffrés avant 2008. Ils ont été photocopiés puis déposés à l’IM.C.(Institut Mémoires de l’ Edition Contemporaine) avec les archives de Pierre Joffroy où ils peuvent être consultés.

Choisissez une année 

1er janvier 1977

Dicté dans la soirée quelques pages du roman.

2 janvier 1977

Mort d’Amaury – il faisait du cheval, le cheval l’a vidé.

3 janvier 1977

Titre de Libé ce matin : « Le cheval d’Amaury sort indemne d’un accident ».

4 janvier 1977

Train pour St-Naz 8 h 33. Lu Burroughs – jamais rien lu de lui avant. La méthode cut-up, je l’utilisais dans les papiers à PM – à peu près (textes écrits sur des feuilles séparées, brouillés et repris ensuite au hasard).
Déjeuner MJ.P. Peu de monde. Allé à l’hôtel. Dormi 2 heures. Vu Dante au dîner.

5 janvier 1977

Froid, verglas, givre. Établi sommaire, corrigé des pages avec Amphoux. À G. après chez Dante (un futur centre social). Déjeuné. Parlé des difficultés avec la fraction féministe (Nadia, Jeanne,…). Il n’y aura pas de spectacle non-stop – mais en éclatement dans les lieux mêmes (paysans, IUT, etc.) sur 3 semaines avec retour – ceux qui auront tenu – à la MJ.P. Compromis Ris-Belgique, déçoit, paraît-il, Durupt. Commencé travail sur le n° 5 – quartiers et écoles. Dante m’a dit qu’il s’est expliqué avec Ali, kamikaze des opposants de la bande au père Ubu (Gaby, René Roux, etc.), ceux qui allaient chez les paysans démolir la Tribu. L’affiche contestée « Une ville ouvrière peut-elle modifier le cours… » ils trouvent cela faux, prétentieux… J’avais répondu à cela hier soir à quelqu’un qui m’en parlait au bar (Dubois ?). Essayé de faire un cut-up burroughsien sur une page de Nekrassov – qui se trouvait là.

6 janvier 1977

Vu Dante qui m’expose le programme 10 cycles (expositions, journal, paysans, ouvriers, etc.). On achève le tirage du n° 4.

7 janvier 1977

9 h 28 train pour Paris. Changé à Nantes.

10 janvier 1977

Belot est allé en URSS, il a visité un asile psychiatrique à Lvov. Très pessimiste : pas seulement sur l’absence de liberté, l’oppression, mais craint la puissance soviétique. « Vous, vous avez gardé votre liberté d’esprit, me dit-il songeur ».

11 janvier 1977

PM. Vu M.H. Camus, attendu Penent, malade (subit des analyses). On quitte le Mémorial à la fin du mois. Un type du labo, oppressé par la menace du licenciement, a attaqué son chef de service. Interné. Télé 7 va se transporter à Neuilly. Super morosité et mélancolie. Vu Mme Lavaud qui va s’en aller devant « des technocrates » (de Hachette). Me demande des nouvelles de Gatti. « Vous en avez des souvenirs ! ».

12 janvier 1977

PM. Vu Penent, Le Bolzer (qui ne peut pas me remplacer au pointage lundi), Diwo (le remplacement d’Amaury mort par Bellanger qui le haïssait). Commencé vaguement le processus de re-travail (cause : le Bolduc a pris pour lui-même des contacts en vue d’entrer au nouveau journal de Perdriel) – Penent arrivé là-dessus, me suggère de voir d’abord Bénichou. Je téléphone à celui-ci : « Viens au N.O., je t’engage tout de suite ». Refus. Je veux seulement le contact avec Perdriel. Il va s’en occuper – un peu dépité.
Train St-Nazaire ; à 22 h, MJ.P.débat sur la sexualité. Vu le n° du journal.

13 janvier 1977

Travaillé un peu dans le bureau. Ébauché la métaphore géographique (Maria – Régina). D. m’explique le déroulement des festivités du 4 février (arrivée de Boukovski) au 20. 8 spectacles sur les lieux mêmes puis MJ.P.et chapiteau. Gaby Cohn-Bendit, surtout sa femme, lui ont envoyé des lettres plus ou moins ouvertes de reproches ou d’insultes : « Staliniens ». Tout le monde (gauchistes y compris) contre lui. Avec Michel Séonnet à l’IUT réunion des groupes pour le journal (Canard 5). Une dizaine de gars exposent leurs projets, pièces, photos montages, etc. Tempête.

14 janvier 1977

Réunion le matin de la Tribu. Dante expose les choses à faire pour la dernière étape, résumé des spectacles à donner, projet de panneaux pour les expos. Faut-il inviter Foucault ? Pourquoi ? Pour le public « parisien » de la MJ.P.comme les autres fois ? Décidé de ne pas l’embarquer dans ce piège. Télégramme de J.-A. Penent : que j’intervienne pour P. Lati auprès de Diwo. J’écris une lettre à Diwo.
Après dîner, avec Dubois chez Frelin à la Bouletterie : quelques commandes (chanson, article, renseignements). Terminé la métaphore géographique.

15 janvier 1977

Train 9 h 28.

17 janvier 1977

Pointé. Tél. à Bénichou : n’avait pas encore vu les intéressés. Train 1 h 48.
Vu Françoise Thyrion (Nini) venue passer quelques jours. (Enceinte de 6 mois).

18 janvier 1977

Rien fait le matin. L’aprèms à l’IUT avec Bernard Buqueau. Vu le prof d’expression, quelques groupes. Le soir, dîner à Grenapin avec Dante et Gus. Lettre de Hélène à la Tribu – très belle. Article de Mme Dupuy , prof, déçue par l’expérience et qui veut faire passer son texte dans le Canard 5. Refus. Avec Gus, IUT : filage de la 1ère partie du spectacle Gus. Puis, avec Dubois, vers 22 h, à Grenapin d’où Gatti est parti pour parler avec les gens de la Bouletterie du fameux papier Dupuy. Nadia, Richard le photographe, M. et Mme Dupuy et Martin. Gatti attendu ne viendra pas (il fait répéter la pièce de Patrice). Discussion stérile avec des gens butés et bornés. Rentrés à 1 h dans le brouillard.

19 janvier 1977

Vu Michel peintre (ouvrier des chantiers). Après déjeuner, à La Tréballe avec Marie-Françoise. Vu un petit écrivain de 10 ans, Pierrick (un récit qui passera dans le Canard 5). Très bien fait. Il veut devenir écrivain – archéologue. Lui suggère de faire plusieurs récits des « aventures de … » , pour un livre que la MJ.P.éditerait. Il est très content. Retour MJ.P.: enregistré Christian Jossin : autre peintre – très intéressant aussi par sa peinture.
Dante parti pour Montbéliard jusqu’à lundi.

20 janvier 1977

Décrypté l’interview de Jossin, le peintre.
Reçu chèque de 6 000 pour le Maufrais. Téléphoné à Toussaint pour que ce soit comptabilisé en janvier (question de reporter les impôts).

21 janvier 1977

Repris, arrangé des papiers toute la journée. Écrit d’après le décryptage le texte de Jossin. Vu les deux élèves du lycée, deux filles « dures » à interviewer. Fini par demander un texte pour lundi.
À 5 h 30, cdf de Baleine : « Roger », Bernard et lui-même voudraient que je fasse un grand texte sur le procès Patrick Henry avec Badinter. Je dis que je ne peux pas quitter St-Naz. Regrets.
Après dîner, débat psychiatrique avec Caro psychiatre de Rennes. Parti au bout d’une heure, le débat de n’engageant pas.

22 janvier 1977

Acheté tableau à Jossin.

23 janvier 1977

MJ.P.: vu Hocquard. Les opposants de la Bouletterie tirent un tract ce matin : le texte refusé. Dis à Durupt : « Parfait ! …

24 janvier 1977

Téléphoné Hélène pour le papier Boukovski ; dit que Montbéliard été magnifique. Commencé à me préoccuper du maquettage du Canard 5. Une quarantaine de stagiaires de Léo-Lagrange à la MJ.P.pour suivre l’expérience. Chacun de nous « prononce quelques paroles ». Arrivée de Kravetz. Doit faire un papier dans Libé. Parlé avec lui. Allé avec Ngo (Amphoux), à la gare chercher Dante. Ngo me dit que Nadia et Séonnet m’accusent – ce qui est vrai – d’avoir refusé le papier Bouletterie, donc d’avoir provoqué le tract, etc. À la gare, Séonnet justement qui parle à Dante immédiatement de l’affaire. Réglée aussitôt.
Déjeuner à « La Poule au pot » avec Ngo et Dante. Parlé avec Marc du Nuovo Giornal Perdriel va s’en occuper. Me dit qu’il était question de me prendre à « Ça ira » (Perrault-Debray).
Maquette. L’interview Boukovski avec un des cinq stagiaires. Le soir, les stagiaires entendent et questionnent Dante qui parle de son trajet (Durutti, Brabant-Wallon, ouis Ris) et finit par Montbéliard.
Parution du tract assorti d’injures sous forme d’un petit journal « La

25 janvier 1977

Le matin journal avec J. Ph. Beau le stagiaire (en fait, un journaliste ; il fait un petit canard éco « le Gang vert »). L’aprèms, avec Thierry. Chapiteau monté devant la MJ.P.dans la matinée (Fanny) grand vent. Aprèms, on avance le journal, mais les papiers qui arrivent de l’IUT sont assez pauvres. Rentré minuit et demi. Sous le chapiteau, on s’afférait.

26 janvier 1977

Journal, puis chez Dante. Répétition du poème de Patrice Bulting (Patrice, Philippe, Annick, Bernard Buqueau). Après, Martinez, espagnol anarchiste volubile avec une affiche puis Nadja, puis on déjeune. S’indigne contre ceux de la Tribu qui entrent trop aisément dans les raisons de l’adversaire (Nadia et même Marc, il en doute !). Parlé de la pièce qui constitue tout ce qui se fait en ce moment à St-Naz : les vieux ouvriers, ceux d’aujourd’hui, les paysans, le journal, etc. « Çà c’est une pièce, une grande pièce. » On déjeune d’un plat de pâtes à la tomate :  C’est son anniversaire, on s’embrasse. Se souvient d’un jour avec Bernard dans le Midi (à Sisteron, dit-il) où Bernard mangeait des choses avec des fournis dedans.

27 janvier 1977

Beau jour bleu. Écouté enregistrement d’un amateur d’oiseaux de la Bouletterie.
Décrypté l’après-midi et écrit le papier.

28 janvier 1977

Train pour Paris 17 h 52. Voyagé avec Gilles Lacombe et un du stage et mes tableaux de Jossin et de Michel.

31 janvier 1977

Pointé. Éclairci rue Rochefort la question des « indem d’attente » supprimées en décembre.
Vu Penent : ses fonctions s’arrêtent aujourd’hui. Déménagement partout, couloirs morts. M’amène photos des dissidents pour St-Naz. Train 13 h 48. Hôtel, puis MJ.P.: bureau une fois de plus déserté, table partie, etc. La montage a peu avancé – faute de photographe pour développer et tirer. Plus la concurrence de « Forum ». Lamentable. Stéphane arrive samedi.

1er février 1977

Froid. Mal dormi. Décidé d’avancer le journal sans m’occuper des photos, en simplifiant. MJ.P.à 8 h 30. Rentré 9 h 30. Toute une journée à demander, réclamer, rédiger, corriger, discuter.

2 février 1977

Mjep à 8 h 30. Presque pas bougé. Avancé. Le soir, avec Bernard Pontel monté des pages.

3 février 1977

Même programme qu’hier. Un peu aidé par Marie-Françoise. Le père de Patrice Bulting me fera des tirages. L’activité s’amplifie – à mesure que se rapproche l’arrivée de Boukovski.

4 février 1977

Journée de nervosité et de fatigue pour tout le monde. L’aprèms arrivent les amis : la famille Hocquard, le mathématicien et sa femme, Marc Kravetz, des journalistes.
À 9 h 15, Boukovski avec Hélène, Gatti, Pliouchtch. À 11 h, fini après des réponses intelligentes à des questions idiotes. Rentrés 24 h. Crise d’épilepsie de Pierre (le frère de Véro). Une heure après il était sur pied.

5 février 1977

Donné le dossier journal à Marie-Françoise. Vu Hélène : B. et Pliouchtch ne s’étaient pas vus depuis Moscou. Le plus important, c’est ce qu’ils se sont dit à l’hôtel cette nuit. Vu Liégeois venu de Rennes. À 11 h, inauguration de l’exposition sous le chapiteau, faite en 4 jours : paille, barques, cerfs-volants, affiches, textes divers, samizdat, T.V., vidéo. Discours de Dante devant Boukovski et Pliouchtch, puis congé de Dante (qui me remercie « de tout »). Train 17 h 46 avec la femme de Méla.

6 février 1977

Coup de fil à 22 h de Hocquard. Une mauvaise nouvelle, dit-il : France emportée par la mer à Batz où tout le monde se trouvait pour déjeuner avec Boukovski.

7 février 1977

Téléphoné à Marie-Françoise à St-Naz (l’accident de France, la date des obsèques, le Canard 5).

8 février 1977

PM l’aprèms. Ne reste plus que le Mémorial. Tout le reste évacué. Vu Penent. Parlé du Monde (O.M. ou Fauvet comme introducteur) et du journal Perdriel qui doit paraître avant la fin du mois. Me conseille de voir Diwo aussi (le remplacement de Chabrun). Cdf de Hocquard : on part demain pour l’enterrement de France.
La secrétaire de PM Filipacchi me dit que Baleine me cherche – et que R. Enrico, metteur en scène, a demandé mon numéro « pour me proposer une collaboration ». (Elle ne l’a pas donné parce qu’il ne s’était pas nommé.)

9 février 1977

Pluie. Grève RA.P. Train pour St-Naz 8 h 33. Voyagé avec Gilles Lacombe, Hocquard et sa femme. Rapidement déjeuné, puis le cimetière voisin à 2 h. Petit cortège sous la pluie avec tous les gens de la Tribu. Dante en tête portant une affiche à la mémoire de France Bré. Chacun dépose sa fleur, l’affiche encadrée mise devant la tombe. 10’. Sur la Mjep, des inscriptions vouant au feu Gatti, la Tribu, etc. Le canard a été brûlé (le bas). Hélène est à l’hôpital, tombée devant la Mjep, s’est cassé la cheville. Plus tard, je vois Véro sanglotant dans le théâtre. Travaillé l’aprèms et le soir avec Marie-Françoise. Presque fini tout. Bavardé avec Dante sur le journal, les inscriptions, le soulagement de la Tribu à mesure qu’on approche de la fin, sur l’Isle-d’Abeau (en septembre). À minuit, le fils de France, Bernard, offre à sa mémoire un souper improvisé avec huîtres, saucisson, Muscadet, etc.

10 février 1977

Train pour Angers. Puis Paris à 5 h 30.

11 février 1977

Aprèms, PM. Penent, J.M. Haedrich, dans un désert de plus en plus sonore.

16 février 1977

Nouveau contrat Beauval : signé et renvoyé. Travaillé le matin. L’aprèms, 4 h à Télé 7, rue Ancelle à Neuilly. Vu Diwo à 5 h. Exposé ma candidature. Pense qu’il trouvera quelque chose d’ici quelque temps. PM. Vu Penent. Parlé d’avenir et de livres.

18 février 1977

Train pour St-Naz. Assemblé et agrafé le journal jusqu’à 8 h. Le numéro semble apprécié. Spectacles à partir de 9 h 30 dans le chapiteau . Présentation de Dante, puis une pièce sur les insoumis, Voyage au centre du goulag (Kerjuhel, Arbatz et Daniel Dubois), beau, et les Strapontins de l’histoire, de Patrice Bulting. Vu Liégeois, Kravetz, Hélène avec ses deux cannes, etc. Couché 2 h.

19 février 1977

Travaillé. Dernier repas à la cantine. Arrivée des Russes (Pliouchtch, ), d’André Wilms, de J.-F. Méla et de sa femme, etc.
Spectacles : Le Phare (de Mohammed – un peu mou), puis l’IUT (pièce réglée par Séonnet) et les Paysans (films la répression, la journée d’hiver). Pièces : le Paysan X, Lorsque l’enfant paraît (marionnettes) – très bon. Le chapiteau plein. Tous les paysans là. À la suite d’un papier Kravetz dans Libé ce matin – trop aimable pour la Tribu – le père Ubu s’est fâché. Algarade en plein chapiteau d’abord avec Marc et Gilles Durupt puis Dante. La mère Ubu aboyait. Je ne parvenais pas y trouver le moindre intérêt.

20 février 1977

Ce matin, au parc paysager, les cerfs-volants. L’un d’eux plane très haut : le cerf-volant « Réalité ». Les autres se trouvent à 10 ou 15 mètres, ou se cassent la gueule. Déjeuner au Berry face à la gare.
Aprèms, le dolmen et la mer. D’autres pièces. Dîné au St-Tropez avec Hélène, Pliouchtch, sa femme et ses enfants, Gortnovskaia et son fils, la traductrice V. Feinberg – très ivre, qu’on mettait à l’abri des bouteilles. Puis, chapiteau, la pièce de l’IUT : 5 têtes en colère (très bonne), Pliouchtch tenant à créer lui aussi en racontant un conte « la fleur de Prométhée » (née de son sang). Concerto du goulag puis « les Strapontins de l’histoire ». Une atmosphère douce, familière, intime. Pliouchtch et Feinberg pleurant en écoutant le concerto. Ensuite, Mjep, audiovisuel, films. Sorti 2 h 30. Il pleut.

21 février 1977

Train pour Paris 9 h 28. Jusqu’à Nantes avec Gilles Lacombe.

22 février 1977

PM. Personne. Ils s’en vont définitivement vendredi.
Cdf d’un type du quotidien de Perdriel (Matin de Paris) : me parle, comme si j’étais au courant, de la dernière page de ce futur journal qui paraît le 28, page d’enquêtes. R.V. demain 11 h 30.

23 février 1977

11 h 30 rue Hérold. Bâtiment neuf. Dans les affres des numéros zéros. Vu Habens de PM, promu chef de la photo. Puis, M. Couzin et son adjoint : faire 9 pages sur un sujet (la Seine, par exemple). Prix 1 500 F minimum. J’accepte de tenter le coup.
Revenu PM. Penent pas là. Passé à la docu, maintenant séparée du reste par une porte murée. Il faut passer par l’arrière-cour. Copié quelques articles sur la Seine. Rentré 14 h.

24 février 1977

PM. Dernier jour. Demain, le Mémorial sera rue François-1er. Vu Marie-France Picherie, Bourdevaire, Croizard, Martine, Penent enfin. Déjeuné au chinois. Parlé surtout du « Matin de Paris » qu’on trouve (les 5 n° zéro) très mal fait. Penent fera un papier, me dit-il. Rencontré avant Papeloux, retraité qui passait lui aussi à PM pour la dernière fois. Je lui dis que j’irai voir JP un de ces jours.

28 février 1977

Pointé. Déposé papier au « Matin ». Repassé vers 5/6 h. Vu Noli, Lempereur, aperçu Clarke, Cuzin n’a pas même lu le papier – maintenant tapé. Noli dit à Azanne ( ?) : « Bien sûr. Ce n’est pas tous les jours qu’on a un Proust ». Cette flatterie amicale (je ne le connais pourtant pas) me fait chaud au cœur.

1er mars 1977

Le Matin paru. Pas bon.

2 mars 1977

Cdf du Matin : une secrétaire me demande de la part de Cuzin où en est mon papier (celui que j’ai donné lundi). Cdf de Cuzin : il ne s’agit pas « du » papier. Il s’agit « des » papiers à venir – dans l’avenir, dit-il.

3 mars 1977

Vu Cuzin prêt à prendre 4 ou 5 papiers par mois. Ferai les éboueurs puis Hess à Spandau (a tenté de se suicider il y a quelques jours). Ouverture pour Penent, à qui j’en parle vers 4 h rue François 1er – leur nouvelle installation.
Après dîner, au centre Pompidou. La grande impression vient des dégagements autour de la « raffinerie » et des façades anciennes qui l’entourent. Vu une pièce de Vinaver « Iphigénie hôtel » – quitté à l’entracte.

8 mars 1977

Syndicat CF.T.des éboueurs.

9 mars 1977

Levé 4 h 30. R.V. avec le conducteur de benne Raymond Gamel. Embarqué dans la cabine. Un Sénégalais, un Algérien, un Français derrière. Blomet, Lecourbe, Vaugirard. Encore la nuit. Fin de la tournée. Le caveau devant la mairie. Puis, l’usine d’incinération située à Issy. Retour à l’atelier (garage). Imposture devant le chef qui m’interroge : je suis employé des impôts, CF.T. etc. Café avec Gamel et les membres du syndicat. Rentré 10 h 30.

10 mars 1977

Papier éboueur.

11 mars 1977

Porté papier au Matin. Ni Cuzin, ni Feigold. Laissé la chose. Vu Mme Dallemagne, désabusée. Déjeuner chinois avec Penent (il a obtenu ses indemnités plus le chômedu éco plus un an de formation).

13 mars 1977

Élections municipales.

15 mars 1977

Corrigé papier éboueurs – reçu par la poste. Téléphoné à Cuzin qui veut m’en redemander d’autres.

16 mars 1977

Au Matin. Vu Cuzin. Le journal se maintient après une chute brutale à 100 000. La pige sera réglée à la fin du mois. Remis les éboueurs corrigé. Projets : Hess, prisons (avec visite autorisée), postiers. Rencontré dans le 85 en venant, Rajak qui travaille au théâtre français (avec Rosner). Très amer contre Hocquard qui ne l’a pas aidé à venir à St-Naz. Un peu déprimé par des affaires personnelles à Lyon. Déjeuné avec Anne Riquier, retour d’Inde, cherchant du travail. Penent propose un poste d’adjointe de Marie-Hélène Camus. Me signale un article de Libé signé d’Ali, anti gattien. Me l’enverra.

17 mars 1977

Tél. à Gatti encore absent. Eu Hélène. Essaie de faire publier les Chroniques en français. M’inscris comme abonné n° 1. Me parle aussi du texte d’Ali.

20 mars 1977

Les radio, TV, bourdonnent : la « gauche » l’emporte définitivement aux municipales.

21 mars 1977

Déj. Avec Penent (chinois). Parlé des élections. À table, en taxi, au café, dans la rue, on ne parle que de ça.

23 mars 1977

Travaillé sur Lyon. Cdf de Rapinat : elle a fini de taper la 2e partie.
Le soir, TNP : pièce de Planchon : « Filles de rois ». Pas très passionnant.

25 mars 1977

Aprèms, chez Danielle avenue de Versailles. Elle était seule, Parlé de tout : famille, Tribu, politique, etc. Puis Penent à PM, puis un verre pour fêter la presque fin de mon bouquin.

27 mars 1977

Terminé réellement la 1ère mouture du livre. Il n’y a plus qu’à le revoir (à le refaire ?). Réuni tous les textes tapés.
Catastrophe aérienne à Ténériffe : deux 747 entrent en collision à terre. On parle de 550 morts.

29 mars 1977

Revu « la Lettre vide ». Cdf d’Anne Riquier, contente d’avoir trouvé du boulot au Mémorial (m’offre de ma taper des choses) et de Gatti : tout va bien pour Gilles Durupt, il n’aura pas à payer sur ses biens un quelconque déficit nazairien.

30 mars 1977

Au Palais. Pottecher nous fait donner des cartes pour le procès Willoquet. Réquisitions et début des plaidoiries. L’A.G. demande perpète pour Willoquet et 15 ans pour sa femme (complice dans la prise d’otages : 2 magistrats, et 2 bleus : gardes). Ensuite, à la XIVe chambre correctionnelle, procès de Vathaire de chez Dassault. Vol de 8 millions en possession maintenant d’un aventurier. Audition de Dassault, 85 ans, sourd (rires), à qui Bénouville souffle les questions dans la bonne oreille en l’entourant de son bras droit. « Tu restes là », lui dit Dassault. Rien de bien intéressant. Vathaire n’a pas de questions à poser à Dassault. Vathaire barbu, pâle, ressemble à Serge . Vu au banc de la presse, Madeleine Jacob. Spectacle.

31 mars 1977

Cherché Dante au 110. Un tour au café avec lui et Hélène, toujours dans le plâtre. Puis chez Georges avec lui. Parlé de L’Irlande où l’IRA l’a promené (va écrire une pièce : les et les morts condamnés à être dieux) – de St Naz (l’offensive des anti se poursuit : on voulait me faire aussi mon procès, Chichen n’a pas pu s’y résoudre). Ensuite, au 6e chez Georges à regarder ses collages sur fond de . Pas mal dans l’ensemble. De là, rue Oudinot où Gilles Lacombe m’avait demandé de passer : ils ont reçu hier la visite des « déménageurs » (les videurs envoyés par les promoteurs). Un endroit magnifique, immense, serré entre deux couvents et un ministère. Y habitent, outre Gilles, le Stéphane avec Jojo, Nini, son ventre et son Jules, plus quelques autres arrivés à la rescousse. Le grand Jojo Duret, le Gus et autres. Restés à 20 h. Les 8 videurs prévenus, mais viendront, sûr.

1er avril 1977

Commencé à travailler sur « Lublin ».

4 avril 1977

Déjeuné près du Monde avec Olivier Merlin, semblable à lui-même. Constaté dans son bureau que mon papier « éboueurs » est passé ce matin dans le Matin.

5 avril 1977

Fini (provisoirement !) Lublin. Commencé la Couronne.

10 avril 1977

Papier Exodus : commencé (pour Penent).

11 avril 1977

Presque fini l’Exodus.

12 avril 1977

Commencé révision « Rapport Noster ». Ne sais trop qu’en penser.

13 avril 1977

À déjeuner Kravetz. Parlé du Liban, des journaux (il cherche à compenser le manque à gagner de son professorat à Vincennes – en voie d’extinction).
Travaillé ensuite jusqu’à 7 h. Presque fini le « Rapport Noster ».
Cdf de Dante, depuis le Bourg-Tibourg. Projets, Avignon, etc.
Commencé à lire, avec trente ans de retard, « J’ai choisi la liberté ».

14 avril 1977

Donné papier Exodus à Penent.
Télé : Boulez expliquant la fonction de chef aujourd’hui. Puis, sur France Musique « Éclat multiple ». Idée pour l’écriture de « Blandine » ou « Milady ».

20 avril 1977

Cdf de Dante. Part pour Toulouse, Aix et Pianceretto. On se verra sans doute à Barcelonnette.

22 avril 1977

PM. Corrigé Exodus. Vu Vialatte (parlé de son fils, du procès futur du pharmacien meurtrier).
Le soir à la télé « Apostrophes » (émission littéraire) sur 68, avec le préfet de police de l’époque et Cohn-Bendit à Genève (toujours interdit de séjour en France), plus des utilités dont l’inénarrable de St-Pierre. Assez rigolo. C.B. parle des gens de la « bande à Baader », des expulsions en France ; dit qu’il va venir (a annoncé dès le début que son interdiction était levée – rien que pour provoquer un démenti inévitable).

25 avril 1977

F. Beauval apporte des photos couleurs de Mme Maufrais (avec ses factures pour le règlement des duplicata). Remporté le tout pour les légendes.

27 avril 1977

Travaillé toute la journée depuis 10 h jusqu’à 19 h sur les photos Maufrais. Choix des noirs. Séquences. Légendes de tout (noires et couleurs-. Repris après dîner jusqu’à minuit.

28 avril 1977

À Stuttgart, condamnation à perpétuité des 3 membres de la FAR (Baader).

29 avril 1977

Chez F. Beauval : remise des photos, légendes. Mémorial.

30 avril 1977

Escrimé sur « La Nuit ». Dur. Rencontré en faisant le courses l’ancien employé de l’économat Trapp, brave type qui, parlant de quelqu’un d’autre dit : « Elle avait des idées sociales, comme vous M. Joffroy… ». Sur le sable lui aussi.

2 mai 1977

Mémorial : pris l’épreuve Exodus pour corrections.

3 mai 1977

Déjeuner chez Georges. Téléphoné à Pottecher pour le procès Mesrine commencé aujourd’hui.

4 mai 1977

Pris un coffre plus grand au Crédit agricole (pour y mettre le manuscrit pendant me absences).

5 mai 1977

Procès Mesrine. Passé l’aprèms (3e jour). Interrogatoires des complices – interrogatoires sur l’arrestation. M. répond. Insolent, ironique, bon orateur avec la pointe de vulgarité du commis-voyageur (qu’il est) et du casseur professionnel (qu’il est aussi) et le désir de plaire au public : la pose donc, mais bien faite, intelligemment. Aperçu Badinter qui défend un comparse de bonne famille (Ardoin). Vu Pottecher – Dupire (consommation au café d’en face et discussion sur Vatican II). Dîner chez Honoré. Il était là, toujours attendant de rentrer dans l’autre métier (le journalisme). Rencontré Azoulay.

7 mai 1977

Levé 5 h 45. Train gare de Lyon 7 h 45. Changé à Valence. À 15 h Gap. 16 h 30 Barcelonnette.

11 mai 1977

Cdf de Vial : a parlé de « la Répétition générale » à Rétoré qui voudrait la lire. Me suggère de lui envoyer. Rétoré ? Ouais…

17 mai 1977

Tél. Dante – Pianceretto (12 h 30) : ne quittera pas Pianceretto avant fin juin. Ira à Avignon ensuite. Me dit que j’ai quelque chose à lui faire lire. Bien sûr.

21 mai 1977

Retour.

24 mai 1977

Grève quasi générale contre le plan Barre. Tous les syndicats – même de droite (FO, CFTC, CGC). Repris la manif de 42 dans le bouquin.

25 mai 1977

Envoyé le projet Dubreuil à Balland et F. Verny (Grasset). Me dit (Verny) qu’ils seraient ravis de m’avoir. Cherché Mémorial les textes tapés par Anne Riquier. Vu Penent, malade, hier, croit au diabète.

27 mai 1977

Théâtre oblique (ex-Cyrano) rue de la Roquette pour voir « Travail à domicile » de Kroetz. Mise en scène de J. Lassalle avec Anna Prucnal (en femme de ménage). Pas ennuyeux. Vu Michaud à la sortie.

28 mai 1977

Journée superbe, soleil et travail ! Terminé la première révision de tout.

1er juin 1977

Cuzin (Matin) : « Perdriel a donné les instructions de payer les papiers. J’aimerais bien vous voir ». Beauval : les épreuves du Maufrais. M’envoie un coursier avec qui je joue à qui ne se trouvera pas. Vu finalement à 18 h. Révisé jusqu’à minuit : la moitié.Mal dormi. Le livre m’ennuie réellement. Je ne vois plus que les fautes – les défauts – innombrables.

3 juin 1977

Cdf de Michèle Ancelot : veut faire publier le bouquin écrit par Alain et elle-même.

8 juin 1977

Visite de Michelle Ancelot, maigre, fatiguée. M’apporte le manuscrit refusé un peu partout. Essaierai chez Fayard.

9 juin 1977

Cdf de Le Bolder : songe à quitter le Figaro (après démission Aron, Ormesson) et aller au journal futur (septembre) de Fontanet.

15 juin 1977

Mémorial : Penent me dit qu’Hachette liquide l’affaire. Tout le monde sera congédié (peut-être Gallimard reprendra…). Au même moment arrive enfin la magnifique photocopieuse réclamée depuis plus d’un an… Travaillé Sholto.
Les Espagnols ont voté hier pour la 1ère fois depuis 40 ans.

16 juin 1977

Tél. Davidson pour le bouquin : « Depuis la mort de Calder, le paysage est plutôt désert ».

17 juin 1977

Cdf de Delarue. R.V. à 15 h rue d’Aguesseau. Corrigé le texte de quelques erreurs. Bavardé au café (me parle des affaires Agret, Rohart et F. de Bruay – tous coupables selon lui. La justice – à travers elle la police – ne peut pas, ne doit pas se tromper).

21 juin 1977

Salle Récamier : réception des dissidents soviétiques (comme le gouvernement reçoit aujourd’hui Brejnev). Beaucoup de monde : les Nazairiens (Félix, Stéphane, Véro, Kravetz, Séonnet, etc. Gatti étant toujours à Pianceretto), des têtes connues (Foucault en T -shirt blanc, un peu le maître de cérémonie, Sartre, appuyé sur S. de Beauvoir et sa fille, Ionesco, Barthes, l’éternel Edern Hallier, le triste Dumur, etc.) Et puis, Pliouchtch, Boukovski, le chanteur Galitch. Rentré 11 h.

22 juin 1977

Bibliothèque de l’Athénée israélite, rue La Bruyère : consulté l’Univers israélite 1883-1885, le dénombrement des juifs d’Alsace : cherché et trouvé les Weil d’Epfig.

23 juin 1977

Cdf le soir de Rognoni. Veut divorcer, cherche un avocat pas cher. À peur que Th. Lévy, connu, ne soit hors de prix.Lui dis de le voir quand même pour une consultation.

27 juin 1977

Le Mémorial. Photocopies diverses. Rue Oudinot : sont toujours là : Véro, Gilles, etc. Parlé avec Gilles du bouquin, son côté objet.

28 juin 1977

Envoyé manuscrit à Jean Davidson (4 kg !). Passé chez IBM chercher le catalogue des caractères de machine. Le Matin : entrevu Cuzin, mais pas encore les chèques.

18 juillet 1977

Dans France-Soir, un article de F. Chalais sur Gatti à Avignon (le Cheval qui se suicide par le feu).

31 juillet 1977

Un mort à la manif anti-nucléaire de Creys-Malville.

1er août 1977

Cdf à Gilles. Tous les squats de la rue Oudinot doivent partir sous huit jours. Procès d’appel gagné par le proprio.

4 août 1977

Rue Oudinot. Apporté le manuscrit à Gilles Lacombe. Le lira d’ici lundi. Discussion. Projets de mise en page.

7 août 1977

Cdf à Gilles. Il n’a lu que 200 pages. « J’aime ça » (ce qui ne veut pas dire grand chose).

10 août 1977

À la radio, « Sombre dimanche » – dont je cherchais les paroles depuis des semaines. Cdf de Rognoni. Besoin de parler.

11 août 1977

Cdf de Gilles Lacombe. Ce qui semble lui avoir plu en premier c’et le Rapport Nester. R.V. à 18 h. « Ça me plaît bien », dit-il. On décide de faire taper tel quel (pour avoir un manuscrit lisible).

15 août 1977

Cdf à Gatti : n’a pas reçu ma carte de Barcelonnette. « On t’attendait à Avignon ». Doit écrire un livre pour lequel il a déjà reçu le fric : va retourner à Pianceretto. On ne se verra pas en septembre. Projette un film sur Rouxel (un du groupe Manouchian). « Dis donc, est-ce que je dois attendre qu’il y en ait 5 ou 6 à lire ton livre avant d’avoir le droit de le faire ? » (ou à peu près).

16 août 1977

À dîner, Obolensky très gai, très bavard et Damanne, chômeur pessimiste (il arrive au bout de son chômage économique sans avoir rien trouvé). Histoire racontée par Obo d’un chantre polonais venu avec lui à Vanves pour un mariage. « Ils nous ont servis à la cuisine ! la réception à l’écurie, le vin tiré au tonneau, même pas en bouteilles. Il va en raconter de belles sur la France, en Pologne ! ».

17 août 1977

Mémorial vers 6 h. Photocopié quelques textes. Dîné chez le chinois avec Penent. Prolongé, cigare au bec, jusqu’à 11 h avenue Matignon.

18 août 1977

Train pour Tours 7 h 07. 9 h 22 J. Davidson à la gare. Dans sa Maserati Indianapolis à Saché (« pointe à 210 » !!!). Sandra – Louise un peu vieillie, Andrea la fille. Promenade à pied. Déjeuner, sieste, travail de 2 h. Avancé.
À dîner le soir, les mêmes plus une amie américaine d’Andrea et son ami un jeune français établi en Amérique (un comte !). Dormi dans la grange.

19 août 1977

Travaillé de 9 h à 12 h. Déjeuner sans les visiteurs repartis. Sieste. Boulot de 2 h 30 à 5 h. Lu quelques nouvelles de Davidson. La voiture, le train à 18 h 16. J.D. m’a montré la situation faite par les avocats de NY de biens laissés par Calder : environ 7 milliards (et tout a été sous-estimé). Difficultés : preuve qu’il était résident de Saché. …

25 août 1977

Vers 10 h 30 rue Oudinot. Presque plus personne. Seul Éric veut rester. Il a aménage son coin avec chambre d’enfant (pour Manuel, 4 mois. Nini est avec lui au théâtre de Strasbourg jusqu’en octobre). Stéphane, absent, veut rester lui aussi.
Réglé problème Matin (chèque) et Parents (article sur l’accouchement tibétain). Le soir cdf de R. Desmaisons. Me rappelle qu’il faut à présent commencer les préparatifs de l’expédition yéti. R.V. accepté. Voyage exploratoire en avril-mai.

29 août 1977

Mémorial. Vu Beno Graziani qui fonde un journal genre « people » (ça s’appellera « Saga ») et ses hommes (Fernand – Vialatte).

5 septembre 1977

Cdf d’Otero vers 8 h. Est à Laon, va à Milan (grande expo, livre sur lui, etc.). M’invite pour le 24 à Paris (réception chez des amis). A subi une opération (décollement de la rétine). Lui indique que D. est en Italie, lui donne le téléphone.

13 septembre 1977

Confié le début du livre à taper à Annette Baby (bd St-Martin). Dîner rue Marbeuf chez Edgard (mauvais) avec les Desmaisons. L’expédition Népal en question : René D. veut tout payer. Projet aussi pour les Longues-Oreilles (je lui dis que Cogniat les a vus en Guyane).

16 septembre 1977

Cdf de Pays. Voudrait renouer avec le groupe, mais sent des « réticences » – des refus de l’aider pour sa thèse. Croit que c’est parce qu’on sait qu’il a reçu Ali et Cohn-Bendit. N’a plus de nouvelles de Dante, malgré les lettres qu’il lui transmet. Malheureux.

23 septembre 1977

L’union de la gauche vole en éclats. Différences de « lecture » du programme commun de 1972 entre PC et PS. Ressenti une complète indifférence, à peine amusé par ces discussions stupides.

26 septembre 1977

« Engagé le processus » de travail : demandé à toussaint de me faire rencontrer Fauvet du « Monde ».

28 septembre 1977

Cdf à Hocquard – Stéphane.

30 septembre 1977

Cdf et visite d’Hélène. Me demande le studio pour un ami.
17 h Europe 1 que j’écoute (à cause d’une Caravelle piratée à Orly) annonce que Klaus Croissant a été arrêté dans un appartement du XIVe arrondissement. Téléphoné à l’Épicerie, JJ le confirme. Ça s’est fait il y a une heure. Arrêtés en plus Stéphane, le bébé et Véro. Cdf d’Hélène : elle était en ville. Elle devait aller chercher Gatti en Italie, mais craint d’être stoppée à la frontière. Est rentrée à la maison pour être arrêtée… Radios et télé parlent de l’arrestation. Croissant n’est qu’un pion dans le jeu Schleyer (patron des patrons allemands) enlevé par la FAR. Giscard et Mitterrand (qui est allé voir il y a deux jours Schmidt) laissent aller.

1er octobre 1977

Cdf à Mme Hocquard. Hélène, après avoir hésité entre aller en Italie, venir chez moi et rentrer, est rentrée : arrêtée. Sa fille l’a été aussi (Barbara). Personne ne répond chez Châtelain. Pas de nouvelles de Danielle qui n’a pas le téléphone.
Allé voir chez Danielle. Véro et Stéphane, libérés, sont là. Châtelain encore en garde-à-vue. Récit : le déploiement de forces au 110. La perquisition chez Danielle où l’on avait amené le petit Jojo, mais la politesse et les égards des flics (consignes !) de l’avis général : Croissant sera extrad

2 octobre 1977

Hélène sortie hier soir – inculpée de recel de malfaiteur.

3 octobre 1977

Téléphoné à 8 h à Hélène. Très gaie, très détendue. Part ce soir pour voir Gatti à Pianceretto. Revient vendredi. Lui dis de dire à D. que le fils de Caillaud est mort.

4 octobre 1977

Resté à travailloté. Tél. à Gilles Lacombe – a terminé son travail (film). Est prêt, moi pas. Attendre la 2e dactylographie.
1er jour d’école d’infirmière d’A.

6 octobre 1977

Bibliothèque rue La Bruyère : les martyrs de Troyes (texte original).

8 octobre 1977

À déjeuner les Caillaud (Claude, Francis, les dames, Ivan le fils de Claude).

9 octobre 1977

Chez Hélène (Épicerie). D’abord seule, puis Stéphane, Jojo et Gus (en instance de départ pour l’Isle-d’Abeau). Me demande de l’appuyer en parlant à ses amis les dissidents, à propos de Croissant et de la RAF, de la signification de l’anticommunisme en Allemagne fédérale (pas du tout le leur), de la figure e Springer (qui les paie à peu près tous).

10 octobre 1977

Docu PM : dossier Springer. Peu de choses.

11 octobre 1977

Tél. à J. Noli (VSD). Tout de suite me demande si je vais travailler là, si je connais Gorini et Siégel. RV vendredi.

13 octobre 1977

Téléphoné à Pottecher pour Lattès éditeur (il vient d’y éditer ses souvenirs – Hélène cherche un éditeur pour ses dissidents et elle-même Makhno).

15 octobre 1977

On suit l’histoire de l’avion allemand piraté par des membres de la RAF (« Baader »). La libération des prisonniers de Stuttgart contre la vie des 90 otages et celle du chef du patronat allemand enlevé il y a plusieurs semaines.

17 octobre 1977

L’avion Baader est à Mogadiscio. Dénouement proche.

18 octobre 1977

Radio du matin. Les otages libérés comme à Entebbe (vers minuit). Dentiste – qui m’annonce le « suicide » dans leur prison des membres de la RAF (Baader, Ensslin et deux autres). Une boucherie. Sensation : dans les cafés pas d’autre sujet. Commentaires entendus à forte résonance anti-allemande.
Vu J. Noli à 5 h (VSD). M’affranchit : rewriting ou reportage (Gorini voudrait surtout m’utiliser en reportage, vu la faiblesse générale de son équipe). Salaires de 4 000 à 9 000, puis ça devrait s’améliorer.
Télé : on parle avec sérieux (ou crédulité) des suicides des Baader.

19 octobre 1977

Cdf à Thierry Lévy, étonne que le Monde d’hier ait entériné la thèse du suicide. « L’internationale des bonnes consciences », dit-il.
VSD à 6 h. À cause de l’affaire Baader, Gorini trop occupé. Convenons autre RV demain 18 h. Schleyer otage à son tour abattu (retrouvé dans une voiture à Mulhouse).

20 octobre 1977

À déjeuner, Obo, Papeloux, Rapinat et Agathe. À 6 h, Gorini. M’offre le reportage à 7 ou 8 000 – après stage de 5 semaines sur piges (2 000).

21 octobre 1977

Cdf de J. Michaud un peu déprimé (bouquin refusé, films impossibles). Me parle d’un projet « Plateau des Glières » qu’il voudrait mener à bien avec moi. RV jeudi. Lettre Krysto – à fond de cale lui aussi.

23 octobre 1977

Libé occupé par des « Baaderistes » mécontents. Ne paraîtra pas demain.

24 octobre 1977

Vu à midi Sabine D. M’éclaire sur l’Express. Propose de me proposer (à la vie quotidienne ou au rewriting que je préférerais). Me présente à Alban Vistel, résistant lyonnais – un nom de l’époque.
Croissant : la Chambre repousse au 2 novembre l’examen de l’extradition.

25 octobre 1977

Le Charlie hebdo : tout de même plus net, plus incisif que Libé (article Cavanna).

26 octobre 1977

Reçu 5 Maufrais de Beauval. Volume doré, esbroufard – façon livre de prix.

27 octobre 1977

Cdf de Beno Graziani : me propose des piges à son journal Saga, en voie de parution. 5 feuillets à 200 F la page.

28 octobre 1977

Vu Hélène à 17 h Épicerie. Choses et autres. Me prête la pièce de Dante à Avignon (qu’on doit reprendre à Strasbourg, et peut-être filmer).

31 octobre 1977

Cdf à Noli. Compte rendu du silence goriniesque. Dit que c’est parce que ledit G. n’a pas de papiers pour moi, mais qu’il est de parole. Je devrais passer ma tête par chez lui un de ces jours.

1er novembre 1977

Pas bougé. Démarré la fin du bouquin.

2 novembre 1977

Cdf à Pottecher pour l’affaire Croissant. Cdf de G. Arnaud (20 ans après !) qui veut y aller. Déjeuner avec Hélène et Arnaud à l’entrée de la 10e appel consacré au débat devant la Chambre d’accusation Debout. Le P. général présent et parlant, ce qui est une indication : les carottes sont cuites. Le Président, très désinvolte, ne veut parler que de forme. Vu Foucault, Glucksmann, rentré 19 h. Ça se poursuivra dans la soirée.

3 novembre 1977

Biblio rue La Bruyère.

5 novembre 1977

Travaillé après bricolage. Terminé réellement. Trouvé la méthode de composition de poèmes échappant à la rhétorique (accrostichome !)

6 novembre 1977

J. Michaud à la maison. Parlé du film Glières.

7 novembre 1977

Cdf à midi de l’Express : O. Todd : « Vous voulez faire du rewriting ? » RV 16 h. Aimable et préoccupé par la « cover-story » qui n’est, dit-il, « ni faite ni à faire ». Est-ce que je pourrais refaire cela d’ici mercredi ? Si oui, j’ai trouvé un « job ». Arrivée de « Jimmy » (Goldsmith), patron de l’Express. Sortie de Joffroy. Départ de Jimmy. Rentrée de Joffroy dans le bureau de Todd après lecture de la « cover » : triste et abstraite. On retéléphone : la femme de l’information relative à ce papier a peu de chances d’être là dans des délais convenables. Cdf de Todd à 6 h 30 : pas pour cette semaine. RV à 14 h jeudi.

8 novembre 1977

Cdf de Beno Graziani : propose un papier sur (au choix) : Karajan, Boulez, les Grimaldi ou Dali pour son futur journal Saga. Décliné le choix jusqu’à lundi.

9 novembre 1977

Cdf de Sabine : d’accord avec mon interprétation des intentions de Todd. Elle est plutôt en mauvais termes avec lui. Cdf à 17 h de Gorini : propose un papier que je refuse (pris par celui de l’Express). Beaucoup plus amical que l’autre fois. Parle de « mariage » avec VSD bientôt. Cdf de Frédéric, ami de J.P. Liégeois. Dit que je dois, selon Liégeois, proposer ma candidature à l’Unité tout de suite.

10 novembre 1977

À 4 h 30 l’Express. Vu Todd. Me donne le papier amélioré par ses auteurs (un peu furieux de devoir passer par le rewriting – et moi de la faire !). À remettre lundi.

11 novembre 1977

Travaillé d’abord les « barricades ». Entamé vers 16 h le papier. Bien avancé. On a encore trouvé des armes (explosifs) dans une cellule de Stammheim. Demain, un char d’assaut ?

13 novembre 1977

Nouveau suicidé Baader : Ingrid Schubert à Munich.
Tout recopié pour l’Express.

14 novembre 1977

Express à 9 h 30. Rencontré dans le hall Todd. Lit le début : « Professionnel », dit-il
1) Demande ce que je veux. Poste de rewriter, pas de signature, pas de fonction hiérarchique. Je lui montre un bulletin PM. « Je ne sais pas s’ils vous donneront ça ».
2) Vous connaissez Grumbach ? Rencontré une fois (avec Sabine pour KG). « Vous êtes gauchiste, dit Ph. Grumbach ». Le coup vient de Théron. Je réponds que PM m’a gardé 23 ans.
3) « Nous avons besoin de rewriters. L’Express est mal fichu. L’écriture ne vaut rien à côté du Nouvel Obs. » Si ça marche, je devrai travailler avec lui, pas me disperser dans le reste du journal – seulement avec lui.
Papier à la frappe chez les dactylos. RV à 15 h. Vu ensuite Sabine et Derogy qui a entendu dire que j’allais entrer.
De nouveau là-bas de 15 h à 20 h. Papier jugé par O.T. très bon (des critiques de détail). Avec Dumoulin et Labro, incorporé des bouts du leur. Grumbach et Aron doivent encore voir cela… et critiquer. De quoi rire, finalement.
Cdf d’Hélène. A besoin du manuscrit Gatti (le Cheval). RV à l’audience mercredi (Croissant).

15 novembre 1977

Tempête toute la nuit. Baromètre descendu à 760.
Express à 11 h 30. Vu JP Aymon dans son bureau. Attendu OT. Vu OT. Dit que c’est approuvé par Aron et même Grumbach (« C’est un pro »). Mais réduire de 35 à 25. Repris ça à 15 h avec les deux autres. Fini 20 h. « Merci », m’a dit Dumoulin. OT : « René Guyonnet dit que vous êtes le meilleur rewriter qu’on ait essayé ».

16 novembre 1977

À 13 h 30, cour du Palais de justice- attendu Hélène. Vu aussi Armand et Lary (dont la fille doit passer devant les « flags » pour bombage en faveur de Croissant). État de siège : des flics en treillis dans le métro « Cité ». Fouille et palpage. Extradé ! Je le sentais – contre l’avis des confrères et de bien d’autres. Hélène consternée. Que faire ? Grande manif – appel des grandes consciences (PMF à Giscard).
Express. Travaillé un peu avec les deux autres. RV demain avec Grumbach. En principe, je serais engagé à 12 000 – si je passe bien l’examen (sur mon « gauchisme »). Vu ensuite Sabine et une de ses amies.
Le match de football France – Bulgarie occupe tout le monde. Par la radio, j’apprends que Croissant est déjà en route vers l’Allemagne. Hélène m’avait dit que, pour lui, comme il le sentait, cette extradition était une condamnation à mort.
Téléphoné Lary : sa fille doit être relâchée dans la soirée. Elle n’est pas passée aux « flags ». Télégramme de Giscard à la « vaillante équipe de foot ». Décidé de dédier le livre à Croissant.

17 novembre 1977

Les journaux sur Croissant qui partage la vedette (un peu moins) avec le foot.
16 h Grumbach. RV déplacé d’une demi-heure. Gros cigare, grand bureau design, costume élégant, assez cordial – pas trop. « Avoir valeur d’exemple pour les autres… un autre style. Faire un journal plus lisible… j’essaie et je n’y arrive pas… c’est difficile…  faire les « télés » (profits), etc., etc. ». Ai promis de lire le journal et de lui donner un avis de « lecteur ». N’a pas parlé de politique. Vu ensuite Todd. Rencontré René Guyonnet.
La visite de Sadate en Israël est pour demain.

18 novembre 1977

Écrit à Dante à propos du « Cheval ».

19 novembre 1977

Rêvé : je suis le jockey d’un toquard (200 contre 1) qui court un grand prix. Et en plus je ne sais pas monter. Le cheval est compréhensif.
Télé 19 h : direct d’Israël, l’arrivée de Sadate.

20 novembre 1977

Télé 16 h : Sadate à la Knesset. Parle une heure en s’épongeant de plus en plus souvent (Nous vous reconnaissons). Quand il parle de Jérusalem, des vues dans la salle montrent une intensité aggravée de l’émotion, des remises en position. Begin répond, en orateur, lui touche ou renoue sa cravate, quand il parle de Jérusalem, pose les deux coudes sur la tribune (tout est négociable). Expression mille fois reprise dans toutes les radios, journaux, etc. : « Rien ne sera plus jamais comme avant ». Un beau cliché.
M. Mitterrand, qui n’avait rien dit avant et pendant l’extradition de Croissant, s’élève violemment contre elle – après. C’est beau. Pouce droit foulé : le 1/5e de mon instrument de travail.

21 novembre 1977

Dernier pointage. Envoyé lettre de radiation. Travaillé. Relu journal 42-44. Rien à prendre. Ajouté deux ou trois phrases dans Mer Morte. Cdf de l’Express. Les rappeler (Todd) à 17 h.

22 novembre 1977

Cdf de Todd. Me demande de travailler à partir du lundi 28. Me demande d’envoyer une lettre manuscrite à Ph. Grumbach.

23 novembre 1977

Travaillé sur « Jugement ». Passé à 4 h 30 à l’Express. Vu Todd, enfoncé jusqu’aux cheveux dans un papier – et qui me parle de deux papiers à faire à partir du 28 : « Grands reporters », le chômage des jeunes, les homos. Vu ensuite Sabine : dit que l’auteur des homos va ruer des 4 fers !

24 novembre 1977

Révisé le « Jugement ». Rendu meilleur.

25 novembre 1977

Vu Penent à 15 h à la Ferro (aussi Pelgrand, Haedrich). Est en train de faire son livre. Pressenti par Corval pour un mensuel (mais on lui prendrait tout son temps). Songe aussi à faire le nègre pour Melnik. Lui ai dit que je trouverais sûrement le moyen de la faire entrer à l’Express.

28 novembre 1977

Express 9 h 20. À 9 h 30, O. T. me donne un chapo à revoir (juge Renaud). Fini 9 h 45. Révision du papier Salinger. Déjeuner avec OT au California. Fait 2 chapos l’aprèms (les belons et un 2e sur le juge Renaud). Le garçon qui travaille dans le même bureau est un nouveau lui aussi, écrivain : il attendait à midi le prix Médicis, il ne l’a pas. « Je n’y penserai plus après-demain », dit-il. Jimmy Goldsmith venu dans le bureau nous encourage.

29 novembre 1977

À 9 h 45 Express. Travaillé avec Sabine (24 h Maison Blanche ; assez débonnaire sur les corrections). Terminé le Salinger. Vu Jacqueline Ronny (qui me donne le bonjour de Zaza).

30 novembre 1977

Cdf à N. Levêque : galerie en détresse ; convaincu Gilbert d’acheter une « boîte » de 15 œuvres (4 500 F). Elle est ravie. Cdf à J.J. pour lui dire.
Déjeuner avec Michel B ? le nouveau. Connaît très bien Th. Harlan.
Travaillé à réduire une quantité de textes (le « dossier Amérique de Cartier »). Une lettre oubliée traîne sur la table : les Affaires étrangères répondant favorablement à la demande d’attribution de la légion d’honneur à Salinger, faite par E. Faure.

1er décembre 1977

Grippé. Travaillé Couronne : les réflexions de marge à coller. A. et B. : un stylo pour mon anniversaire (qui est demain). Je pense de plus en plus au bouquin à faire.

2 décembre 1977

Cdf de Todd : « Serais-je sur pied lundi ? »

4 décembre 1977

Lu toute la journée mes notes (journal 1958-1962). Rigolo – par moments – et triste aussi.

5 décembre 1977

O. Todd : faire « les jouets d’adulte » avec Monique Jouaneau. Vu Maurice Rivet administrateur pour la lettre d’engagement. Déjeuner California avec O.T. et Monique Jouaneau. O.T. : Sabine veut partir. Qu’est-ce qui se passe ? Effectivement, S. me dit ensuite qu’elle veut s’en aller (avec ses indemnités), elle a une possibilité ailleurs. Ne s’entend pas avec T. Ne veut pas finir à l’Express. Restera si on ne lui donne pas ses indemnités et passera par moi pour le contact avec O.T.

6 décembre 1977

Express. Sabine moins soucieuse qu’hier. Téléphoné à Pottecher pour la cour de cassation. Me dit infiniment de mal sur Derogy : mauvais confrère, mauvais bonhomme… Fini le papier « Jeux d’adultes.

7 décembre 1977

Express. Déjeuner Palais, à 14 h chambre de la cour de cassation, l’affaire Fleurence. Vu Fl. très surpris de me voir. Deux ou trois douzaines de personnes. L’avocat des Aciéries (30’), puis l’avocat de Fleurence (Nicolas, 40’), puis l’avocat général.
Ferro : R.V. avec Penent (pour lui parler de la place « enseignement » à l’Express). Vu Durieux, P. et Florence. Longue conversation sur Napoléon et Bokassa, et sur Sadate. Impossible d’aborder d’autres sujets.

9 décembre 1977

Todd parti deux jours à N.Y. pour y lire le manuscrit d’un homme de Nixon, libéré. Vu dans l’aprèms les Brouelle, ex-mao, revenus de Chine et de tant de choses (corrigé avec eux leur document).

12 décembre 1977

Express. Photocopie 10 pages de « Lettre vide ». Cherché docu pour e dossier à remplir à l’Express. Vu, en revenant au journal, Vial, ancien secrétaire de PM, attablé. Saluts (vides). Penent au journal. Pas d’accord pour y faire l’enseignement. Trop de servitudes – et de dépendance à l’égard d’un chef de service directif (Lantéri ?). Clerc prendrait peut-être la place.

13 décembre 1977

Déjeuner avec J.P. Aymon – toujours aussi doux (évoqué Armorin, Buffet, Sévry qui serait mort il y a deux ans). Traîné à ne rien faire.

14 décembre 1977

OT pas là. Je file à 11 h. Pas de papier à voir ou revoir. Cdf de Suzanne la secrétaire : OT me cherche, etc. Aprèms, travaillé avec Sabine (Zevaco en deux livraisons dans l’Express).

15 décembre 1977

Toute la journée à l’Express : chapeaux, légendes, etc. Déjeuner Clerc. Le soir, buffet froid au 3e étage.

16 décembre 1977

Travaillé jusqu’à 11 h. Cdf d’OT : venir au journal, travail urgent. J’avale une soupe, arrive. Trois fois rien : un titre à faire. Il faudra mettre les choses au point.
Joxe mort, me dit Aymon, il y a quelques jours. « J’informe » dernier numéro demain.

19 décembre 1977

La journée à l’Express. OT me donne à revoir un texte minable sur le PC de Montaldo.

20 décembre 1977

Terminé la rédaction du document Express.

21 décembre 1977

Express l’aprèms. O. Todd part pour huit jours.

22 décembre 1977

Vu Derogy pour Le Bolzer (son fils voudrait se défiler du service militaire). Me parle surtout de ses démêlés avec Le Monde qui descend son livre sur le juge Renaud (article J. Sarrazin).

25 décembre 1977

Mort de Charlot. Travaillé MM.
Vers midi, cdf de Durieux (Paris Match) me demandant si je ne veux pas faire un papier sur Charlot. Il sait pourtant que je suis à l’Express. Refus poli.

26 décembre 1977

Déjeuner avec Aymon.

27 décembre 1977

Travailloté. Photocopié à l’Express. Déjeuner Rambert.

28 décembre 1977

Le matin à l’Express.

31 décembre 1977

8 h 30 à St-Roch. (Élisabeth Prouvost en terre.) Rencontré Patrice Habans (retombé de chef photo à photo et de 2 millions à 6 000 F). Nef bourrée : 5 à 600 personnes – mais pas JP « écrasé » me dit Habans. Vu Croizard, J.P. Olivier, Farran, Castans, Papeloux, Contades, Melle Lavaud, le pistolero venu tout exprès de Rio. Le prêtre commente l’Apocalypse de saint Jean – tout à fait cela. JP attend la morte à St-Jean.